GRAVITÉ DE L'ANURÏE ORDINAIRE
Que les animaux succombent constamment A la suit la n^phrotomio ou d'une ligature permanente des uretères, il n'y a là rien que de fort naturel, toutefois en droit
de se demander ce qui Arriverait si Ton pouvait insti' une expérience dans laquelle, j*ar exemple, 1 tion
expérimentale des uretères serait intermittente. Pi rait-rm l'existence si, dans de pareilles conditions, il s'établissait un balancement régulier entre la fonction rénale et la fonction Supplémentaire ? Malgré tout Hatérêt qu aurait à résoudre ce problème. Je l'abandonne pour à la pathologie de l'homme.
Reprenons donc l'exemple de l'obstruction calcula ufôtêres que nous avons invoquée pins haut
I ; nr première remarque qui vient à l'esprit est Cellecbez notre malade, Tanurie complète n'a jamais une période do d . Or, d'après les explications
précèdent* oe n'est pas encore la la limite extrême i laquelle, dans l'obstruction des uretères, les sy rnptùmes d'intoxication uremique se prononcent nécessairera* dans ['observation de Paget, l'intégrité des fonctions maintien de la santé générale, oût persisté jusqu'au tortîèmejôur, Sans dowb } chez Etchev.., la quantité d'ui expulsée dans les jours intercalaires est très-minime: mais, quelque minime qu'elle soit, elle a une véritable tfflpof-
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Autre pariiciilari're : le calcul eux ainsi duv e andis que. si i i n
notre observation^ rischurje byslérïr|ue n'atteii que d'une ma,nière 1 1 r'e y a -Ml là
question A'accQuhtmatiM dun( il est juste Loin de moi. touteÏÏusu la nens'e de croire uuelos h nquesj do milki ne a l'egdrd do rintoxicàtïôn uremique
BÉNIGNITÉ RELATIVE DE i/lSCHURlJC HYSTERIQUE. 295
Cette résistance qu'elles offrent dans Im conditions qui nous occupent, tient traisemblablement à une autre cause : il y a plutôt là une question de doses. Je m'explique.
Le chiffre presque insignifiant d'urée évacuée dans les vingt-quatre heures par notre malade, soit par l'urine, snjt parles vomissements, a sans doute frappé votre teation. Durant une période de douze JOW9, aTOXlfrttOtlS dit t elle n'a rendu quotidiennement que ."» grammes d'une Ce chiffre est bien inférieur, vous le U que Srhérer a trouvé chez un aliéné qui jeûnait depuis trois BOmaines; 9 à 10 grammes d'urée en vingt-quatre heures, voilà quel était ce chiffre. Nous avons \u d'ailleurs, qu'A n *y a pas lieu de faire intervenir dans notre cas une évacuation supplémentaire par les selles ou les sueurs. Or t dans toute intoxication, et l'urémie n'échappe vraisemhlahleniejit [tas à cette règle, il faut tenir compte de l'élément dose.
Eh bien, n'est-il pas vraisemblable que cette diminution même du chiffre de l'urée, à laquai le correspondait sans doute une diminu relative des matières dites fextrao-
tiw's, doit rendre compte, citez notre malade, de Pabeenoé
de tOttt symptôme d'intoxication urémique !
Nous sommes ainsi amené à admettre ipn\ riiez Khhey,..,
il a existe pendant huit le temps qu'à duré* rischurie, nu ralentissement dans les phénomènes de ^assimilation, se traduisant par une diminution absolue du chiffre des ma- Hères excréroentitielles,
Cette condition, d'ailleurs, est peut-être commune à tout un groupe d'hyst ..-ïiquosJi j ;i longtemps qu'on a remarqué, en effet, que certaines de cee mai estent admirable-
tnant, dans le cas de KM i uneali-
mantation trèa-restreinte. Insuffisante, sans perdre de leur embonpoint et sans qu'il en résulte des troubles notantes de
mté. Il serait assurément intéressant, en pareil! rencé, d'analyser comparativement, jour par jour, l<* sang et les urines ailn à y déterminer la proportion de Furée et
2% MÉCANISME DE l/lSCHURlË HYSTÉRIQUE.
des substances extractives. Il serait possible, qu'à l'aide de ce moyen, on obtint la solution du problème, que je ne i qu'indiquer aujourd'hui.
Quel est le mécanisme de Hachurie hystérique ? OÙ l'obstacle qui B'oppose à raccomplissement ai urinaire? L'urètluv et la vessie n'y sont certainement pour rien. L'obstacle est-il dans l*uretère, dans Je rein lui-méme? Nul indice n'autorise à songer à une phlegmasia d( glande rénale ou des uretères ; la composition des urines,
de rnenie que les autres symptômes, protester rit
une pareille hypothèse. Il est plutôt admissible qu'il faut invoquer une action du système nerveux. L'influence système nerveux sur L'excrétion urinaire n'est pas dou~ teuse: qu'il nous suffise de rappeler à titre d exemple que, chez les chiens, dont le ventre est ouvert, il peut se produire, par ce fait même, une suppression momenl. urines, ainsi que l'a vu M. CL Bernard; que, dans l'opération de la fistule vésico-vaginale, il arrive également parfois que les urines soient supprimées pendant un certain tapa de temps, c'est un fait sur lequelJobert (de Lamballe) appelait l'attention.
S'agirait-il t dans notre cas,d'une oblitération spasmodi des uretères fOn sait que ces conduits jouissent de proj tés contractiles très-accusées; ainsi, Mulder les a vus se contracter énergiquement chez un individu atteint d phie de la vessie, et Valent! n a dit avoir vu, de son i survenir, sous l'influence d'une irritation des centres nerveux, une contraction très-prononcée de ces mêmes canaux (1). L'analogie, à son tour, paraîtrait étayer c présomption ; chez 1rs hystériques, il fréquent de
(l) Ik*àer* pkyiiologU.
MÉCANISME DE l/lSClIt'RIE HYSTÉRIQUE.
voir des contractures de la langue, de l'œsophage, etc., de longue durée. L'ischurie hystérique, d'après cela, devrait être rapprochée de l'oblitération ealculeuse des uretères. Malheureusement des objections d'une certaine valeur sont contraires à cette vue.
Les recherches expérimentales de M. Max Hermann démontrent, vous le savez, que la proportion de l'urée diminue dans l'urine relativement au volume de celle-ci, lorsqu'on établît dans L'uretère une contre-pression. La pression parvient-elle à0*,060 millimètres de mercure, on no trou \r plus d'urée dans l'urine.
IL Roberta (de S£anchester)(l) a confirmé la réalité de ce fait chez l'homme Dans un ras d'obstruction calûldeaBede l'uretère, il s'échappa une petite quantité d'urine claire, contenant seulement gramme, 50 centigrammes d'urée pour 1,000 grammes. Or, chez notre hystérique, les alinéa renferment 15 grammes d'urée pour 1000 grammes, < h iflre qui se rapproche, comme on voit, du ohiffîre normal.
D'après cela, Messieurs, ce ne serait pas dans l'un * que siégerait l'obstacle dans Tischurie hystérique. Oi, sidc-t-il? Faut-il invoquer ici une Influence du système nerveux, analogue à celle queLudwig a découverte ù propos de la glande saliva ire? En l'absence de tout renseignement à cet égard, nous ne pouvons que laisser la question en suspens (2).
The Pathûlogy of Suppression of Urine. In The Lanret 1868, may 23 et 90; — 1870, june M et Mouvement méd t , 1871, p. 22, 23 et 119.
(2) Depuis que celte leçon a été faite par M. Charcot (juin 1872), M* Ch* Ferncl a communiqué à la Sûeiiti médicale des hôpitaux une note intitulée : De VûUgune et de l'a nu rie hystériques et des vomimements qui les accompagnent. [Union médicale, 17 avril 1873, p. 566.) Après avoir résumé les opinions de M. Charcot, M. Ch, Kernel rapporte une observation intéressante dont voici l'analyse,
Marie L . . . ,19 aos,culoro-anémiq\ie, a été réglée à 16 ans, La menstruation a tuujours été îrrégulïère-Une sœur de la malade est sujette a de fréquentes attaques d'hystérie. En janvier 1871, Marie L,.» eut une frayeur qui occasionna une attaque d'hystérie. En mai, faiblesse extrême, malaise, douleurs dans les membres. (Régime fortifiant ; quinquina, fer, buius de mer), —
iM
NOUVEAU CAS D'iSCHl'RIE HYSTÉRK
A la fin du mois d'août, ù la suite d'un bain de mer, Marie L. . prisa, pour la première fois» de vomissements, «Elle commença par fend les aliments solides; puis, au bout de quelques jours, elle arriva à vomir tout ce qu'elle prenait. , . Ces vomissements se répétèrent sans interruption jusqu'au mois d octobre, puis se calmèrent pendant une quinzaine dS jours pour reparaître avec leur intensité première et persister sans répit...» Ed murs 1872] L. . . entre à 1 Hôtel- D de M. Moisâeuet). Trai-
tement : loti a ; f^lace et champafrne ; vésicètolre morphine à l'épi-
gaslre. Les vomissements diminuerez 1, ne reparurent plus que
par intervalles, et la malade sortit de l'hôpital le 15 av ssant plus»
— Durant ssemeuls rares, lis revinrent en
juillet, après des cent! Itèrent de nouveau peut-être jtrrics tu
bromure cie potassium, A la B 1 de juillet, une nouvelle émotion morale Les paraître avec leur fréquence et leur persistance antérieuics.
Marie L. .. entra une seconde foïsa fHGtel-Dieu, le 18 août alors que V serrer. Elle présentait les symptfimcs sui-
vants : faiblesse anémie très-marquée et caractérisée surtout par
1j décoloration de la peau « ' tels ; sensi-
bilité ovarienne 1 du côté gauche, douleur à la pression; aoes-
thésie en divers points de la peau ; aneslhéste plantaire complète : onale/eiie profonde des membres supérieurs; echromatopsie de l'oeil gauche qui ne distingue pas la couleur |isi semeots, La malade assure que di
leur apparition, elle 1 minime quantité d urine, quesouient
elle reste plusieurs jours sens eu rendre une seule poutle. — 4 Se/! pime lacté exclusif, — Du 4 au 9 sept , il n'y eut qu'une émission d'uttue
de cette époque, M. Ch, Kernet fil mesurer 1 tetnent, d'une part, les quantités des aliments insérés, d'autre part, la quantité de matières vomies et d'urine rendue et, après avoir inuqué dans U bissm r, il ajoute : « L'examen du tableau qui pré-
iblir une rel >:e 1 état de (a fonctjou nrinsirt
(vomissement*. I 1 le temps comprise entre 1s
et le In s. 'est-à-dire pendent huit jours pleins, les urines sont
COropl nées durant les six premiers jours et leur quant/
ulile durant les deux r t dans ce laps la malade,
soumise au régime la ' alité de matières
liquides équivaleo j la moitié ou aux trois quarts des liquides in-
gérés pendant les quwtre p rs, puis sensiblement èpale a Is quan-
tité de lait quelle prend pmdanl lei quatre derniers j »urs.
• Dtns une seconde | iisau ^fisepteni 1
la qu e avoir diminué; mais il n en est rien
si on compare cette quantité a celle t'es aliments insères : en fa t, le régime aya.it éi< N 1 uaintenant d » fnud. de vis n décrue rt de limonade, les présentent encore le pres- 'iments ingérés; or, pendant ce temps, il y a un pm d'urine dans les di-ut premiers jours (15 pr . mais leur émission est 4e nouveau suspendue dans les Sept Jours qui suivent.
iiiu.ddiiâ qui dure 4 jours (du 27 au 30 si
is la fonction unitaire se rétablir et le chilfre de l'urine atteindie *a!(l,OûO|0rV»lupi.. i.iuu gr , les deux derniers jours), sa même
NOUVEAU CAS D'iSCHURlE HYSTÉRIQUK.
temps, le* vomissements diminuent k second jour et cessent 1» 3* et le i°. •
* Voulu ut s 'assurer, comme l'a indiqué M.Chercol, si les vomissements ne pourraient pas être imputés à rôlimiuatïon supplémentaire de l'urée par l'estomac, M. CL. Feruet a fuit analyser par AI. E. Hardy l'urine et les mais vomies. Du tableau récapitulatif de ce* analyses, il ressort que l'urée t'ait toujours présentée en quantité notable dey gr. &j ai gr. 87, dans ces matières vomies j en outre, que, quand la sécrétion urinaire a été supprimée, la quantité d'urée conta nue dan* tes matières vomies a fié graduellement croissante durantes laps do temps (du ifl sept, au 27, le chiure s'est élevé de gr, Ô'I à t gr. Os); enfin, que du jour ou l'urine rendue par la vessie a atteint un chiffre qu'on peut considérer comme normal, Vurée a diminue dans la sécrétion gastrique pour dîspsrillr* sans doute en même temps que les vomissements. *
Une action morale, — la prescription de pilules dite* fulmiMutn (mita pani») a occasionné un changement brusque dans l'état de Marie L. , , à partir du S7 septembre Le? vomissements se sont arrêtes, la sécrétion urinaire i repris son cours. Enfin, la malade est sortie en assez boa état de l'hôpital dans le courant de novembre, AI, Ch, Feruet a fait ressortir, eu terminant sa note» tes nombreux points do contact qui existent entre la malade de M. Charcot et la sie-mui.
■» Nous citeront faodr* une thèse de AI* Secmjet : Des vômmtnttnH utéwrifws tkts leâ fgmme$ kg.ttiriqHts (Paris, avril W%), On y trouvera une observation qui, tout*» tnsufli un le qu'elle soit, à certains égards, parait de* voir £tr« rattachée à Hscburie hystérique.
— L'observation, de la malade qui fait l'objet de la précé lente leçon a été publiée in-exië*ta dans nos Recherches ctt/tiçtm et thérapeutique* sur tépHtpaè et lkpterù t p. 151 (IL).
-LU) o '"; ' r, ' : i' " f'. ;; ':) ^oii^HiVïi': '<':;'•' ;/'» '*",'.-"/*", ^v^i '\"-\,< s<\'\ oiviisofifim oJJod f n;p iio/ imo'i s;;oy ^i, : o;jjv\' : »>.7r[ vAy^nl