AFFECTIONS DES MUSCLES, ETC
la partie des téguments, correspondant à la distribution du nerf lésé ; elles laissent après elles des cicatrices à peu près indélébiles. — Cette sorte d'éruption s'observe parfois sur les cicatrices vicieuses ; il est très-vraisemblable qu'elle dépend alors de l'irritation que subit quelque filet nerveux tiraillé ou comprimé dans le tissu cicatriciel.
3° Nous citerons en troisième lieu une rougeur cutanée qui rappelle Yéry thème pernio, et certaine tuméfaction de la peau et du tissu cellulaire sous-cutané, déjà remarquée par Hamilton,qui simule le phlegmon (faux phlegmon) (3).
4° Vient ensuite l'affection cutanée qui a été décrite par les chirurgiens américains sous le nom de Glossy Skin, mot àmot, peau lisse. La peau est lisse, en effet, pâle, anémique; les glandes sudoripares sont atrophiées, leur sécrétion diminuée; l'épiderme est fendillé, les ongles sont fendillés eux aussi et recourbés d'une manière remarquable. Il s'agit là, en somme, d'une inflammation particulière de la peau qui aboutit à l'atrophie du derme, et qui rappelle ce qu'on voit dans l'affection désignée sous le nom de sclérodermxe.
&) Affections des muscles. Les muscles s'atrophient, de leur côté, souvent d'une manière très-rapide, et perdent, tantôt en partie, tantôt complètement, leur contractilité électrique. Mais c'est là un sujet qui sera l'objet d'une étude toute particulière.
c) Affections des articulations. Vers les jointures, les lésions traumatiques des nerfs produisent des symptômes qui rappellent, d'une façon notable, la physionomie du rhumatisme articulaire subaigu. Ces arthropathies amènent, en général, très-rapidement Fankylose.
d) Os. Il se produit quelquefois, dans ces mômes circonstances, une périostite suivie souvent de nécrose.
Mais je ne veux pas pousser plus loin cette énumération
(l) Mougeot , loc. cit., p. 30.
INFLUENCE DE i/lRBITATION DES NERFS.
sommaire : elle suffit à remplir le but que nous avons en vue. Il s'agit, actuellement surtout, de elierch- Hier
autant que possible, les conditions particulière l'in-
fluence desquelles ces troubles trophiques S6 développent à la suite dus levions traumatiques des nerfs.
Paget qui, l'un des premiers, a appelé l'attention sur quelques-uns de ces accidents, n'hésite pas à avouer son ignorance à eut égard (1). Au contraire, les chirurgiens américains que je citais tout à l'heure, sont parvenus à déterminer les conditions dont il s'agit, et leur téffloigiu nous est, ici, d'autant plus précieux, qu'il est fondé sur L'observation pure, toute empirique, et dégagée aidée préconçue* Après avoir remarqué tout d'abord, — comme Paget l'avait lait d'ailleurs avant eux, — que ces affections consécutives sont presque toujours pi ou accompa-
gnées de symptômes douloureux (lït'Diinff Pains), évidemment eu rapport avec un état d'irritation du nerf lésé, tandis qu'an contraire l'anasthéaie fait complètement défaut, ils font exi eut remarquer qu'elles se déftelopperit habituellement après desoontu&ionSt res* des sections inco)np( nerfs, c'est-à-dire à la suite des causes traimiatiqi lue propres à produire la névrite, ou tout au moins Vétût névralgique* — Au contraire, et c'est un point sur lequel nos auteurs insistent, — on ne les voit pas se produire dans les cas de section complète des nerfs. Les résultats habituels de r absence d'action des nerfs étant les seuls phénomènes qu'on observe en pareil cas.
11 faut ajouter enfin que 1rs affections périphériques qui relèvent de l'irritation des nerfs surviennent le plus souvent spontanément, sans l'intervention d'une cause extérieure quelconque, telle que la pression par exemple (2).
Mais ce ne sont là encore que des conditions très-générales; il faudrait pouvoir pénétrer plus avant et reclier-
fï) Mtduul Tt»tts ami G\t:rttt m Londoo, Marché, iS6t .
Gunihut Woutitit, etes., toc. cit., pp. 71, 77, et Archives gùiïraltt dû médecins, U I, 1865, pp. ISS, 191, 194.
INFLUENCE DE L 'IRRITATION DES NERFS
cher s'il n'existe pas dans les nerfs affectés une lésion anatomique constante en rapport avec la iBftllifestatiOli îles lé* fiions périphériques. Malheo re tt s êro cn t, nous «levons nous borner à signaler ici une lacune que les études ultérieures ne tarderont pas, sans doute, à combler. Toutefois, l'en* semble des symptômes plaidé déjà en faveur dte l'existence d'une névrite. On peut invoquer, en outre, les résultats néeroseopiques obtenus dans certains cas de lésions oiv W* niques des nerfs, oiî fcnt petit voir apparaître toute la série désaffections périphériques que nous avons appris i ùûtp naître comme conséquence des lésions tra uni a tiques. ftfttt ces cas, en effet, sur lesquels nous nous arrêterons dans un instant, les nerfs aifeetés ont été quelquefois trouvés tu— méfiés, infiltrés d'exsudats, vivement congestionnés ; de plus, le microscope y a fait reconnaître une multiplication plus ou moins accentuée dte8 noyaux des gaines de Schwnnn ou te ceux du névriiïme, et parfois, do plus, tous les caractères de la dé-éiH-ratinii granuleuse des cylindres de myéline. Hion ne prouve flSpe ft d â flt, quant à présent, qu'une irritation capable de déterminer à distance la production de troubles trophiques ne puisse exister dans le nerf sans se révéler par cet ensemble de lésions relativement grossières. C'est ici le lieu de faire ressortir que toute névrite n'entraîne pas, tant s en faut, nécessairement la manifestation des troubles trophiques ; il tant, pour que ceux-ci se produisent, rinlervpution de circonstances que l'analyse n'a pas encore permis de dégager ; Cola contraste avec ce que nous savons des lésions qui surviennent, dans les pàt* tieséloipn tes, A la suite de la section complète dos nerfs; OiM ■-, 80 effet, i>euvent être considérées comme
uneconséquonce oblige, inévitable de toute lésion de nerfs qui soustrait absolument les parties à l'influence du terne nerveux.
Ouoi qu'il en soit, l'influence de rirritation d'un nerf sur le développement des troubles trophiques qui nous occupent, est bien mise en lumière, et pour ainsi dire rendue