IX
H est assez singulier, Messieurs, qu'un procédé dont l'exécution est aussi simple, et qui, incontestablement, peut rendre des services réels» soit tombé, comme il Test de nos jours, en désuétude complète. Ainsi qtoe je vous l'ai laissé pressentir, l'invention de ce procédé, tant s'en faut, ne m'appartient pas ; peut-être remonte-t-elle aux temps les plus antiques ; toujours est-il qu'elle est certainement antérieure au xvi fl siècle. Voici d'ailleurs ce que quelques recherches, faites un peu à la hâte parmi les livres les plus poudreux, et par conséquent les moins fréquentés de ma bibliothèque, m'ont apprise ce sujet.
Willis, dès le xvii siècle, dans son Traité des maladies convulsives (1), s'exprimait ainsi qu'il suit : « Il est certain, dit-il, que le spasme convulsif qui vient du ventre est arrêté et qu'on l'empêche de monter au cou et à la tête, par une compression de V abdomen, faite à l'aide des bras enlacés autour du corps, ou. à l'aide de draps bien serrés. » Il raconte ailleurs être parvenu lui-même à arrêter un accès, par une pression énergique exécutée avec les deux mains réunies sur le bas-ventre. Mais déjà Mercado (1513) avait depuis longtemps conseillé les frictions sur le ventre, dans le but de réduire la matrice, qu'il supposait se déplacer, suivant la doctrine ancienne (2). Un de ses compatriotes, Mo-
(1) Willis. — De morbis convulsivis, t. II, p. 34.
(2) D. L. Mercatus. — Opera % tiL III. — De virginum et viduarum affectionibvs, p. 546. Francof. 1620.
Î34 ÉPIDÉMIES FIYSTÉRIQUES : SECOl'RS.
nardès, procédait, paraît-il, plus résolument 1); il plaçait, pendant l'accès, sur le ventre des malades, une grosse pierre.
11 no parait pas, toutefois, que cette pratique se soit h coup répandue; je ne la vois, en eiM, mentionnée ni Laz. Rivière, ni dnns F, Hoffmann* Boerhaave, peul, au commencement «lu xvnr siècle, insiste de nouveau sur la compression de Falnlomen dans l'attaque hystérique; doit <Hre produite, suivant Lui, à l'aide d'un coussin, i. ment seatré par des draps placés entre les fan ta crête iliaçpie. On soulage ainsi, dit-il, presque a coupsi^r tes malades, pourvu que la sensation du globe n'ait pas core dépassé le diaphragme (2),
Dan- les temps modernes, Récamier, remettant en i neur cette méthode, comme vouslevoy une,
plaçait sur le ventre fies malades un cou- lequel un
aide venait s'asseoir. Sou exemple ji'a guère été suivi, je sache, que par Négrier, directeur de l'Ecole den d f Anger»,âon1 le Recueil de fûitspour servirai
et des affections hystériques chez lafenifne^ publié en ia>8, ne parait pas avoir eu «railleurs un bi< retentissement Le procédé de plus méthodique
qqe celui mis en œuvre par ses prédécesseurs ; c'est IV qui, dans la compression, devient pour lui le poïnl mire, o Pnç forte et large pression, exercée par nntei diaire de la main sur la région <
grier, dans plusieurs ras pour enrayer et supprimer complètement l'attaque conyu|siye. p
Mais laissonj pour un instant de côté la pratique régulière, et recherchons quels ont été les a raide desquels, dans certaine. jues cél« ;
(l) Négrier. — Mtcutiî de faits pour servir à Ç histoire des ocatrêi et dts affichant hystériques de la femme. Angers Iftjfi, p, 168, 10$. («J Vm Swietcn. — Comm., t. M, p. 417.