‹ Leçons sur les maladies du système nerveux v. 1, 1877Chapitre 121 sur 162 · ÉPIDÉMIES HYSTÉRIQUES I SECOURS · texte numérisé non relu

ÉPIDÉMIES HYSTÉRIQUES I SECOURS

assistants portaient secours aux eonvulsionnaires. Parmi ces moyens de secours mis en œuvre, nous trouvons signalée une pratique fort curieuse à étudier, et dont ridée première, selon toute vraisemblance, aura du être suggérée par quelque convulsionnaire. Je veux parler de la coinfression du ventre. Il est, en effet, des hystériques qui, en rôle aux premiers tourments de l'aura, mettent instinctivement d'elles-mêmes en action la compression ovarienne. Tel est le cas, par exemple, d'une de nos malades, la nommée Gen..,, dont je vous ai entretenu déjà, Cette femme a pris depuis longtemps l'habitude d'arrêter le développement de ses accès par la compression de l'ovaire gauche ; elle y réussît le plus souvent lorsque l'invasion du mal n r a pas été par trop rapide. Dans le cas contraire , elle fait appel ux assistants et les prie de l'aider dans cette manœuvre.

Examinons d'un peu plus près ces faits empruntés à l'histoire des épidémies convulsives: il y a là matière à une étude rétrospective qui n'est pas sans intérêt.

Le savant Hecker, parlant des individus atteints de la danse de Saint-Jean (1), dit qu'ils se plaignaient fréquemment d'une grande anxiété épigastrique, et demandaient qu'on leur cpjnprimât le ventre avec des draps.

Maie, c'est surtout l'épidémie, dite de Saint-Médard, qui nous fournit sur ce sujet les documents les plus intéresr sants. Vous n'ignorez pas comment elle survint, alors que l'exaltation religieuse des jansénistes, persécutés à propos de la bulle Unigenitus, était portée à son comble. L'épidémie, qui prit naissance sur le tombeau du diacre Paris, mort en 1721, a présenté deux périodes bien distinctes (2).

La première a été remarquable surtout — du moins è

(1) Hecker. — Danse de Saint-Jean, à Aix-la-ChapeUe, 1874. — Epidémie de Saint-Witty à Strasbourg, 1438.

(2) Carré de Montgeron, hc. cit.

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notre point de vue — par ïa guérison d'un certain nombre de malades, parmi lesquels figurent plusieurs cas bien avérés de contracture permanente des hystériques (1) ; dans la seconde, ont prédominé des convulsions plus ou moins singulières , mais qui, en somme, ne différent en rien d'essentiel de celles qui appartiennent à l'hystérie lorsqu'elle revêt la forme épidémique. Or, c'est à ce moment-là qu'apparaît, dans l'épidémie de Saint-Médard» la pratique des secours.

En quoi ces secours consistaient-Us? Pour la plupart des cas, ils s'agissait là de manœuvres ayant pour but d< terminer une forte compression de l'abdomen ou de le frapper violemment à l'aide d'un instrument ou d'un objet quelconque. Ainsi, il y avait : 1° Je secours administré à l'aide d'un pesant chenet dont on frappait le ventre à coups redoublés; 2° le secours dit àupiloiu qui ne s'éloigne guère du précédent ; 3° dans un aul un homme joignait

les deux poings et les appuyait de toutes ses forces sur le ventre de la convulsionnaire, et, pour mieux faire encore, il appelait d'autres hommes à son aide ; 4° trois, quatre ou même cinq personnes montaient sur le corps de la malade; — une convulsïnnnaire appelée par ses coreligionn;i sœur Margot, affectionnait plus particulièrement ce mode de secours; 5° il est un cas, enfin, où l'on disposait de Ionbandes que l'on tirait fortement à droite et à gauche, afin décomprimer l'abdomen. — ( irs } quel que fût

d'ailleurs leur mode d'administration, étaient torçjc parait-il, suivis d*un grand soulagement.

Hecquet, médecin de l'époque, ne voulait voir dans ces convulsions, rapportées par d'autres à une Loflu qu'un phénomène naturel. — et en cela il avait parfaitement raison. Mais je ne puis plus être de son avis, lorsque, dans son livre intitulé « Du Naturalisme des convutsio

(l) Bourupviîle et V ouïe t. — De ta contracture hyit&tpt* p. 7-17. Paria, 1872.

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