‹ Leçons sur les maladies du système nerveux v. 1, 1877Chapitre 130 sur 162 · SOUDAINETÉ DE LA OUÉRISON · texte numérisé non relu

SOUDAINETÉ DE LA OUÉRISON

À ce propos* Messieurs, je ne puis pas ne point nrfarréter un instant devant ces gutfrisons rapides, inespérées souvent, d'un mal qui, pendant si longtemps, se sera fait remarquer par sa ténacité et par sa résistance à tous les agents thérapeutiques. Une émotion morale vive, un ensemble d'événements qui frappent fortement l'imagination, la réapparition des règles depuis longtemps supprimées, etc., sont fréquemment l'occasion de tes promptes guérisons.

J ai \ u dans cet hospice trois cas de ce genre, que je vous demande la permission de résumer brièvement*

gei* the victim af nercts but ta cançuisher^ * comme dit Thomas Carlyle, et se mettre à marcher tout aussi bien que si die n'eut jamais été atteinte de pampLégie. C'est là une des terminaisons de la paraplégie hystérique que le médecin ne doit pas perdre de vue et qui montre Lien Le danger, qu'il y aurait pour lui à décréter rincurabilité dans les ces de ce genre. •.(Th. Lavrok, A Treniisê o# tkû nervout Diseatts of\Vofrun*Loadoa f 1840, p. 289.) (Note de Ut™ édition.)

— Cette prévision» s est réalisée cette année même pour la première de» deux mtllriff auxquelles il est (dit illusion dans ce passage, souligné dans la première édition. La lifcmtMffl dElcW. . M À la data du 2t m«i, pouvait se résumer ainsi qu'il suit : rétention d'urine, avec période d'ischurie, depuis neuf ans, — contracture du membre iu Teneur droit , — contracture «Les membres du côté gauche datant de six ans; — contracture des mâchoires nécessitant l'emploi de la sonde œsophagienne, et qui remontait à près dune année ; — aphnnie qui durait depuis dix mois. Le 22 mai, à 7 h. 1/4 du soir, attaque marquée surtout par de l'oppression, une contracture des muscles ducou à gauche, lesquels portent le menton derrière l'épaule gauche* La malade n'a pus perd i connaissance, elle croît qu'elle va mourir; elle crie, la contracture des mâchoires a disparu. Eile s'agite, on cherche à La contenir; avec son bras droit devenu libre, elle repousse ceux qui la ut. Elle veut aller à la fenêtre pour avoir de lair; comme on s'y oppose, sa colère augmente et, sous eetie influence, on voit cesser successivement la contracture de la jambe droite, puis celle de la jambe gauche, enfin celle du bras gauche. On laisse Etch ... se lever ; elle marche : à 8 Aturet la guérito» était complète, ou peu s en faut. Dès te Lendemain, la sécrétion urinaire était redevenue normale (Planche X). L'amblyopie, l'aneslhésie, n'ont disparu complètement qu'au bout de quelques jours, et la malade na conservé, comme trace de sa contracture permanente, que quelques craquements dans les jointures, principalement celtes du membre nuérieur gauche. Finalement, les seuls vestiges des anciens accidents sont aujourd'hui des craquements, d'ailleurs peu prononcés, se montrant dans U*s j >mtures des membres autrefois contractures. (B.) {Note de la 2° édition,)

SOUDAINETÉ DE LA OtnÊRÎSON,

1° Dans le premier cas, il s'agissait de la contracture d'un membre inférieur (Fig. $5) datant île quatre ans au moins. En rnNon de rineonduite de la malade, je fus obligé de lui r une vigou relise semonce et fM

déclarer que je la renvoyais. Défi le lendemain, la COlItJ ture avait entièrement cessé. Cp lait est d'autant plus important que l'hystérie convulsive n'existait plus quedansouvenirsde cette femme. Depuis deux ou trois ans, la contracture était la seule manifestation de la grande névi

2 n Le second cas concerne une femme également atteinte d'une contrai: tare limitée à un seul membre. Les ci hystériques proprement dites avaient depuis longtemps dfap:iru. Cette femme fut accusée de vol : la contractutv avait duré plus de deux ans se dissipa tout à coup à l'occasion le l'ébranlement moral que produisit cette accusation.

3° Dans le troisième cas, la contracture avait pris la forme hémiplégique ; elle affectait le OÔté droit et était surtout prononcée au membre supérieur. La «inérison survir presque tout à coup, dix-huit mois après le début, à la suite d'uni' vive -contrariété. Il n'y avait pas alors d'aflesthéste; la malade, tout en avouant avoir éprouva dus troubles ner veux bizarres, niait l'existence passée de véritables attaques hystériques.

Il faut bien connaître, Messieurs, la possibilité de guérisons qui, aujourd'hui encore, font crier au fnitù mais dont les charlatans seuls se font gloire* Avant notre gièole 1 Gea (àits4à étaient souvent Invoqué &ait dVtablir devant les plus incrédules l'influence du surnaturel eu thérapeutique. A ce point de vue. JOUI lirai Intérêt un article publié dans la Rente de philos* stilve{l 0F avril 1869, par le vénérable M. Littré (1). Je fais

(\) La PhitoMphit potitift. Revue, etc., t. V, 186», p. 103-

CONTBÀGTCHES INCUHABLIS. SôB

allusion à un écrit intitulé : Un fragment de médecine ré» traspectîve [Miracles de Saint-Louis), et dttM lequel on trouve l'histoire de plusieurs cas àe paralysie guérie ftprèfi des pèlerinages faits à Saint-Denis, au tombeau où les fljjtm du roi Louis IX venaient d'être déposés. Trois de on surtout sont intéressants pour nous, à cause de la précision des détails, Ils se rapportent à des femmes, jeunes encore, frappées subitement de contracture de l'un des membres inférieurs ondes deux membres du même côté du corps, lesquels présentaient en outre une anesthésie considérable, Chez, ces femmes, la guérlson était survenue tout d'un coup, au milieu de circonstances bien propres à émouvoir l'imagination. Vous voyez, Messieurs, que les choses on peu changé depuis la fin du xni° siècle (1).

B. Mais si la guérisou de ces malades est possible, vraisemblable même, elle n'est pas nécessaire, et il peut se faire que la contracture persiste à titre d'infirmité incurable, Voilà une assertion qull ne me sera pas difficile de justifier. Mais, permettea-inoi de vous faire remarquer tout d'abord que vous ne trouverez, sur ce sujet, dans la plupart des auteurs, que des assertions vagues, incertaines, vraiment peu satisfaisantes.

a) Je vous présente une femme, ftgée maintenant de 55 ans et qui, il y a dix-huit ans, fut prise à la suite d'une attaque hystérique de la paraplégie avec contracture, dont vous pouvez encore aujourd'hui reconnaître les principaux caractères. La contracture, à l'origine, s'amendait de temps à autre temporairement. Mais depuis plus de seize ans, elle n'a jamais subi la moindre modification ; il s'agit ici d'une

(l) Bien peu changé, en effet, car les guérisons prétendues miraculeuses, dont on a voulu faire tant de bruit dans ces derniers tempp, ne diffèrent par Aucun caractère appréciable des miracles de saint Louis. C'est ce dont on pourra se convaincre par la lecture de l'ouvrage qu'a récemment publié M. Diday, sous ce titre : Examen médical des miracles de Lourdes. Taris, 1873. (B.)

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