‹ Leçons sur les maladies du système nerveux v. 1, 1877Chapitre 22 sur 162 · INFLUENCE DU MODE D'EXPLORATION · texte numérisé non relu

INFLUENCE DU MODE D'EXPLORATION

différence ries conditions d'observation où se placent d'une part If» phyeiûtogtete, d'autre part le médecin.

I ii pmder point qu'il importe défaire ressortir est relatif au mode d'exploration. Le pathojc trouve dans la WêB&mlààéB n'explorer le muscle mfk travers la peau* tandis que le physiologiste, ainsi qm nous ravuns fait remarquer déjà, agit, lui, dans dos conditions bien plus favorables puisqu'il lui est loisible de porto? les rliropiiores directement sur le nerf ou sur le muscle. Il était permis de prévoir quVtant donné un affaiblissement de la contraelilite' électrique porte à En certain de^re\ l'application directe serait capable de déterminer encore des contractions alors que l'exploration faite à travers la peau se montrerait peutêtre impuissante à on produire, ou no donnerait que iU^s contractions krèa-aHABes. I/expérianoe justifie cette pré* vision. C'est ainsi que dans un «as de pie<l bot, . génération sr dos musotee, où l'on fut obligé de pratiquer l'amputation, Valentin a vu, après Popératioà contractions, faibles il est vrai, se manifester BOUS l'innuence de l'excitation directe, dans un des muscles les plus

ondénient altérés fl ( . Dans oe cas, si l\>o en juge par

analogie, l'exploration à travers la peau n'eût vraisemblablement donne aucun résultat. Quelques lads emprunt la physiologie expérimentale parlent dans le mémo Sur un lapin chez leipn-1 lo uorf facial du ut avait

été coupé un mois environ auparavant, électricité appli-

bre de jointures. Or, dès lo tu jour, on trouve, en pareil cas, la membrane synoviale vivement injectée et tuméfiée ; k cavité articulaire renferme des globules rouges» des leucocytes et des cellules épithéhabs; entin. les cellules du cartilage diarthrodial sont le siège d a u travail de prolifération tr cusé i ticaU de Si n° 5, 1871). Ces recherches, méritent

d'être poursuivies et a p lificatioos que peuvent subir

les diverses partie» d '>>. ■ sous l'influence de l'inertie fonctionnent'

plus ou moins longtemps prolongée.

(l) Valentin. — Vertus h finir phytiahgUrKê* Potkotùgiê ait Nerten, Leipzig und tjeîdelber^ {m* 8 abtb-, p. 4Î.

44 FARADISATION ET GALVANISATION.

quée au travers de la peau rasée et humectée d'eau, sur les muscles faciaux du côté de l'opération, ne produisait pas d'effet apparent, tandis qu'il y avait des contractions extrêmement fortes lorsqu'on électrisait les points homologues du côté opposé. Les muscles ayant été mis à nu du côté où le nerf avait été coupé, on pouvait y provoquer, par l'électricité, des contractions très-évidentes (1). — Sur un cheval vigoureux, on avait excisé cinq centimètres environ du nerf poplité externe gauche. Un mois après Topération, les poils furent rasés sur la face antéro-externe de chaque jambe et l'on appliqua les rhéophores d'une pile, d'abord sur le côté sain : il survint des contractions énergiques. On les appliqua ensuite sur les muscles du côté opposé et il ne se produisit aucune contraction. Alors on mit à nu les muscles paralysés et on appliqua sur eux, directement, les excitateurs, l'instrument étant gradué au minimum : de vives contractions se manifestèrent (2). On pourrait sans doute aisément réunir bon nombre d'exemples du même genre. Il devient démontré parla que l'exploration à travers la peau ne peut fournir que des données relatives, qu'elle ne révèle pas l'état réel de lacontractilité électrique; mais telles qu'elles sont ces données n'en sont pas moins exactes, en somme, et de la plus haute importance, car il est impossible de ne pas reconnaître que la perte apparente ou la diminution très-marquée de la contractilité, accusée par une exploration à travers la peau, correspond à une diminution ou tout au moins à une modification très-réelle de cette propriété.

Une autre remarque que je veux vous présenter a trait à la nature de l'agent électrique dont on se sert pour l'exploration. Le galvanisme, ainsi que je vous le disais il y un instant, a été à peu près seul employé dans les expériences relatives aux sections de nerfs chez les animaux, tandis

(1) Vulpian. — Physiologie du système nerveux, 1866, p. 245.

(2) Expérience de M. Chauveau,dans Magaien. Thèse de Paris, 1866, p. 21.

FARADISATION ET GALVANISATION. £5

qu'en clinique, suivant la méthode de M. Duchenne, l'exploration a été jusque dans ces derniers temps pratiquée exclusivement à l'aide de la faradisation. Or, il résulte de recherches faites, il y a quelques années, en Allemagne et reprises en France tout récemment, que le galvanisme a le pouvoir de provoquer fréquemment des contractions musculaires là môme où la faradisation semble accuser une perte absolue de la contractilité électrique.

Ce fait, constaté pour la première fois par Baïerlacher, en 1859 (1), dans un cas de paralysie faciale, a été observé depuis dans les mêmes circonstances ou dans divers cas de paralysies consécutives à la lésion traumatique des nerfs mixtes, par Schultz (2), Brenner (3), Ziemssen (4), Rosenthal (5), Meyer (6), par Brûckner (7), dans la paralysie pseudo-hypertrophique et par Hammond, enfin, dans la paralysie infantile.

On voit d'après cela que le galvanisme pourrait accuser encore des contractions dans bien des cas de paralysie, soit rhumatismale, soit traumatique, où l'exploration faite exclusivement, à l'aide de la faradisation, annoncerait une profonde altération de la contractilité électrique, mais, même cela étant, le caractère tiré de l'abolition ou de la diminution hâtives de la contractilité faradique n'en subsisterait pas moins dans toute sa valeur ; il permettrait toujours de maintenir le contraste entre les paralysies par lésions des nerfs que nous offre ordinairement la clinique et les paralysies qu'on détermine chez l'animal, par la sec-

(1) Baïerlacher. — Bayz. ârttl. Intelligentblatt, 1868.

(2) Schultz — Wiener medic. WochenscAr., 1869, n° 27.

(3) Grûnewaldt. — tlber die Lâhmungen des Nerv. facialit. Pet* med. Ztsch. Bd. III, 1862, p. 321 ff.

(k) Ziemssen. — Elektricitàt in der Med. 2 aufl., 1864.

(5) Rosenthal. — Elektrotherapie, 2 aufl., 1869.

(6) Meyer. — Die Elektricitàt, etc. 2 aull., 1861.

(7) BrOckner. — Deutsch Klinik, 1865, n° 30.

Ml SECTIONS COMPLÈTES DES NEHFS.

tion des troncs nerveux, puisque, dans ces dernières, le caractère en question fait défaut.

Nous devons examiner actuellement si les lésions troncs nerveux qui provoquent une prompte modification de la contractante électrique, bientôt suivie d'atrophie musculaire, sont assimilables, sans réserves, ainsi que quelques auteurs semblent le croire, aux sections de nerfs pratiquées chez ranimai. En réalité, Messieurs, il n'en est rien, et, si je ne me trompe, c'est dans cette circonstance qu'il faut rlierclior le nœud de la question en litige. On peut dire que, d'une manière générale, les sériions ouïes excisions de nerfs n'éveillent habituellement, dans ceux-ci, aucun travail de réaction, La dégénération des fibres du bout périphérique, qui suit l'opération à titre de conséquence nécessaire, peut être considérée, en somme, à la condition toutefois qu'il ne s'y mêle aucune complication, comme un pUOQCWMti purement passif. Les muscles desservis par les RÉ sectionnés sont nécessairement frappés d'inertie fonctîoimelle; niais ils ne ] tarai ssent pas subir d'autres altérations que relies qui, à la longue, résultent de l'inaction (1).

Bien différentes sont les affections des nerfs auxquels rattachent, chez l'homme, les accidents qui sont l'objet de notre étude. A peu près toujours, lorsqu'elles sont d'origine traumatique, elles mussent, nous l'avons dit, sous l'influence de causes telles que la commotion, la contusion, la ^iiiim ssïon, une division incomplète, toutes éminemment propres à susciter, dans les divers tissus qui entrent dans la composition du nerf, le développement d'un processus irrîtatif. De fait, il n'est pas rare, dans les cas de ce genre, que l'atrophie musculaire à marche rapide, foudroyante en quelque sorte, annoncée presque dès l'origine par la perte et la diminution de la contractilité laradique, soit accompagnée, précédée ou suivie, — lorsqu'il s'agit d'un

(1) Vuirk noie i, p. 41.

Page 1