‹ Leçons sur les maladies du système nerveux v. 1, 1877Chapitre 25 sur 162 · LEUR MODE D'INFLUENCE · texte numérisé non relu

LEUR MODE D'INFLUENCE

Mitchell, Morehouse et Keen (1) n'ont pas manqué de feire ressortir. Estai vraisemblable que, dans ces cas, les fibres motrices auront subi des altérations profondes, tandis que les fibres sensitives entremêlées avec elles dans toute l'épaisseur du nerf auraient seules été épargnées ? Mais voici un argument en quelque sorte plus direct : à la suite de certaines affections de la moelle épinière, telles que lliématomyélie, la myélite aiguë centrale, la paralysie infantile, affections dans lesquelles la lésion initiale occupe plus particulièrement la substance grise, il est commun de voir se produire, comme lorsqu'il s'agit de lésions irritativee des nerfs, une diminution ou une abolition totale de la contractilité électrique, dans les muscles des membres frappés de paralysie. Ce symptôme , manifeste déjà quelques jours après le début de la maladie, est suivi bientôt d'une atrophie plus ou moins prononcée des muscles. Les nerfs musculaires ont été plusieurs ibis examinés en pareil cas à l'aide du microscope : tantôt, ils offraient les caractères de l'état normal ; d'autres ibis, ils présentaient à un certain degrë les altérations propres à la dégénération granulo-graisseuse ; mais alors ces altérations ne se montraient nullement proportionnées, quant à leur étendue et quant à leur intensité, aux troubles musculaires. Nous reviendrons ultérieurement sur ce fait important.

Vous voyez par ce qui précède que, dans mon opinion, l'abolition rapide de l'excitabilité électrique observée à ta suite de la lésion d'un nerf, ne saurait être rattachée tout entière à l'altération granulo-graisseuse de la gaîne médullaire et à la perte d'excitabilité des libres nerveuses qui se-

que sur leur conlractilité ; ainsi une luxation de l'épaule ayant occasionné la lésion des nerfs qui animent le bras, l'avant-bras et la main, j'ai vu le malade accuser une sensation musculaire assez notable, alors mOtne que ses muscles ne se contractaient pas le moins du monde par l'excitation électrique la plus intense. La sensibilité cutanée est encore moins affectée que la sensibilité musculaire, dans ces mômes lésions nerveuses. [Ducueane (de Boulogne), loc, cit.* p. 216].

(1) Mitchell, etc., loc. cit., p. 97.

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