LÉSIONS IRRITATIVES DES NERF
cale ; je sais aussi qu'on peut voir survenir, en pareille circonstance, l'atrophie des muscles et la perte de la contractilité électrique. Mais je ne crois pas qu'on puisse présenter beaucoup de faits de cet ordre dans lesquels on ait observé, dès les premiers jours, la diminution ou la perte de la contractilité faradique et, dès les premières semaines* t atrophie et la dégénération des muscles. Bien que j'aie entrepris quelques recherches à ce sujet, je n'ai pas trouvé jusqu'ici d'observations incontestablement douées de ce caractère.
Nous sommes ainsi conduits, Messieurs, à faire intervenir ici, encore, la lumineuse distinction proposée par M. Brown- Séquard : seule Virritation des nerfs serait capable d'occasionner V atrophie rapide et hâtive des muscles, précédée elle-même de la diminution ou de la disparition de la contractilité faradique. La division complète des nerfs n'amène V atrophie et la perte des réactions électriques qu'au bout d'un temps incomparablement beaucoup plus long, à l'instar du repos prolongé.
Cela étant admis, il nous faut rechercher actuellement, comment, étant donnée la lésion irritative des troncs nerveux dont nous venons de reconnaître l'existence,on peut en faire dériver, à titre de conséquence plus ou moins directe, la perte rapide de la contractilité électrique, l'atrophie hâtive des muscles et, en un mot, toute la série des phénomènes que dévoile l'observation clinique dans les cas qui nous occupent.
L'affaiblissement ou la perte de la contractilité est, vous le savez, après la paralysie motrice qui, dans la grande majorité des cas, ouvre la marche, le premier faitqu'on constate en semblable occurrence. Quelques auteurs semblent voir, dans ce phénomène, une conséquence toute simple de la perte de l'excitabilité du nerf, laquelle surviendrait ici, de très-bonne heure (vers le 5° jour), comme dans le cas des sections nerveuses, et se rattacherait elle-même à la dégénération des gaines médullaires au-dessous du point lésé. H
XS IRRITATIVES DES NERFS.
paraît certain que les ûûtttractioilâ des muselés, déterminées
par IVlortrisaUoihsoNt plus prononcées lorsqu'on peut agir sur eux par L'Intermédiaire des nerfs que lorsque l'excitation, par suite de îa destruction des filets nerveux, ne peut plus porter sur la substanro contractile elle-même. Mais, guoi qu'il en soit, si l'opinion à laquelle nous faisons allusion était fondée, l'affaiblissement très-prononcé ou l'abolition apparente «le la ronîraetilîté électrique! survenant quelques jours après l'opération, devra être un fait constant à la suite des sections de novfo, puisquen pareil cas le bout périphérique du nerf perd toujours son excitabilité au bout de cinq nu six jours. Or, nous savons qu'il n'en est pas ainsi. D'un autre côté, il n'est nullement prouvé que les lésions de nerfs, qui produisent la perte hâtive delà contractante électrique, soient toujours assez profondes pour interrompre complètement la continuité des fibres nervi m et amener la destruction du cylindre de myéline. On pourrait citer, en effet, un certain nombre de faits tendant à démontrer qu<' la Continuité des nerfs per&bfe, au moins à un certain degré, à la suite de lésions qui cependant déterminent rapidement, dans les muscles, l'apparition des troubles trophiques les plus prononcés.
C'est ainsi qu'après une lésion traumafiquo portant sur le trajet d'un nerf, on voit parfois les mouvements persister pendant quelque temps et ne s'affaiblir qu'alors que les tarions trophiques sont survenues dans le muscle (I). Il importa de remarquer. (Tailleurs, que la sensibilité musculaire et cutanée se maintient souvent à un degré voisin de l'état normal, dans les cas de lésions d'un nerf mixte, alors même que l'affaiblissement rapide de la routmetilité électrique et l'atropine musculaire consécutive, Sont pOT très-loin ; c'est un fait que 101. Ducheimo [de Boulogne) (2),
(1) Voir l'observation citée par Duchenne (de Boulogne), foc. cît,, p. 207,
(2) Dans les paralysies consécutives aux lésions traumatiques des nerfs mixtes, les troubles fonctionnels portent moins sur la sensibilité des muscles
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