PARALYSIE GÉNÉRALE SPINALE
que les troubles trophiques portent simultanément sur tous les faisceaux primitifs d'un muscle; il en résulte que celuici pourra répondre tant bien que mal aux ordres de la volonté et se contracter encore sous l'influence des excitations électriques, alors que son volume sera déjà très-notahlement réduit (1).
Il existe d'ailleurs au moins deux formes bien distinctes de l'amyotrophie progressive liée à une lésion irritative des cellules motrices. L'une, protopathique, relève exclusivement de la lésion en question et celle-ci, développée primitivement en conséquence d'une disposition originelle ou acquise, tend fatalement à se généraliser. Dans l'autre forme, sur laquelle nous appelions votre attention, il n'y a qu'un seul instant, la cellule nerveuse n'est, au contraire, affectée que secondairement, consécutivement à une lésion des faisceaux blancs, par exemple, et pour ainsi dire d'une manière accidentelle. L'amyotrophie, à marche progressive dans ce second cas, peut ôtre dite symptomatique; elle a moins de tendance à se généraliser et son pronostic est certainement moins sombre (2).
Relativement à la paralysie spinale de V adulte et à la paralysie générale spinale (Duchenne, de Boulogne), Tanatomie pathologique n'a pas encore prononcé d'une manière définitive. Mais, à en juger par les symptômes, il est au moins fort probable que ces affections se rattachent, elles aussi, à une lésion des t cellules nerveuses motrices: La paralysie spinale de l'adulte rappelle celle de l'enfance par l'invasion presque soudaine de la paralysie motrice, par la tendance à la rétrogression que celle-ci présente à un moment donné, par la diminution ou l'abolition de la
(1) Charcot. — Leçons faites à la Salpétrière en 1870. — Voir à ce sujet : Hallopeau, inÂrchiv. de médecine , septembre 1871, pp. 277, 305.
(2) Sur les deux formes de l'amyotrophie progressive de cause spinale : voir Charcot et Joffroy, in Archives de Physiologie* 18G9, pp. 756, 757. — Duchenne (de Boulogne) et Joffroy, in Archives de Physiologie, 1870, p. 409.