PARALYSIE AGITANTE BT SCLÉROSE EN PLAQUES
ditîons normales, graduellement, sans secousses et d'uuo manière insensible» se font, au contraire, par saccades, et comme par un courant interrompu, ivtfl im intervalles do repos. Cet état pathologique qui, suivant M* Gabier, pourrait être désigné sous le nom tVastasie musculaire* se sépare nettement de l'état dans lequel ce ne sont pas seulement les contractions commandées par l'attitude du corps ou par la volonté qui, se faisant par saccade», déterminent le tremblement, Dans ce dernier cas, il existe réellement des contractions involontaires et sans but, excitées incessamment par un stimulus interne.
IL faut d'ailleurs que cette catégorisation soit bien naturelle, car elle est fort antérieure à Van Swieten ; Oalien lavait établie. Lui aussi distinguait en elli-fc deux espèce* il hviiihlrmi'iit : Pun qu'il désigne sous le nom de ?pt|M* (tremor), — c'est le tremblement paralytique; l'autre qu'il appelle itaApdc (palpitation), — c'est le tremblement clonique, spasmodique, convuUif (1).
Mais le point de vue physiologique ne doit pas nous arrêter plus longuement, car nous ne saurions entrer , quant à présent, dans une discussion qui serait prématurée. Qu'il nous suffise d'avoir mis en relief des caractères que l'observation la plus simple , indépendamment de toute reupation théorique, permet de reconnattrv. Ost pour ne les avoir pas pris en considération que les deux affections qui doivent faire l'objet de nos premières études cliniques, la paralysie agitante et la sclérose en plaques dis* sàfninéeSi sont restées Jusqu'à ce jour confondues sous une même rubrique, bien qu'elles soient, à tous égards, parfai~ tement indépendantes l'une de l'autre. Toutes deux, à la vérité, comptent le tremblement parmi leurs symptômes les plus importants; mais, dans la première, les oscillations rhythmiques des membres sont à peu près permanentes, tandis que, dans la seconde, elles ne surviennent qu'à
(l) G. V. Swieln. — Commente rùi, t. Ilj p. 1W. Pârit, 1771.
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l'occasion des mouvements voulus. Noos venons de signaler un trait distinctif qui permettrait d$à de poeer entre les deux affections une ligne de démarcation tranchée. Toutefois, ce n'est pas le seul, tant s'en feut, que nous aurons à faire valoir, ainsi que vous le reconnaîtrez par la suite.
La paralysie agitante, qui nous occupera tout d'abord et dont je. vous ai présenté plusieurs exemples bien caractérisés, a été la première inscrite dans les cadres nosologiques. Son histoire, néanmoins, ne remonte pas très-loin. La première description régulière qui en ait été donnée date seulement de 1817 ; elle est due à un auteur anglais, Parkinson, qui Ta présentée dans un petit ouvrage intitulé : Bssay on the shaking PcOsy. Depuis cette époque, la paralysie agitante a été maintes fois mentionnée en Angleterre et en Allemagne ; mais, en France, elle était restée à peu près ignorée jusque dans ces dernières années, car, ai je ne me trompe, elle se trouve signalée chez nous pour la première fois d'une manière explicite par M. O. Sée, dans son mémoire sur la chorée , où elle figure parmi les maladies qui peuvent être confondues avec la danse de Saint-Guy.
En 1859, M. Trousseau, dans ses Leçons sur la chorée, réunit dans un tableau succinct les principaux traits de la paralysie agitante. Trois ans plus tard, M. Vulpian et moi nous avons publié un travail sur ce sujet, dans la Gazette hebdomadaire (1). Nous venions d'arriver à la Salpétrière. Voulant nous éclairer sur la nature et les caractères de cette maladie, que nous étions appelés à observer sur une grande échelle, nous fûmes frappés de l'insuffisance des détails contenus dans les auteurs. Ceci nous conduisit à réunir les faits que nous avions sous les yeux, et, les joignant à des observations empruntées aux recueils étran-
(l) Gazette hebdomadaire, 1861, p. 765,816 et 1862, p. 54.