VARIÉTÉS DU TREMBLEMENT
cesse, sans trêve, et si les mouvements intentionnels l'exagèrent par moment, le repos ne le fait pas disparaître. En réalité, pendant la veille, lorsque l'affection est intense, il n'y a pas de relâche pour ces malades : quelle que soit la position qu'elles prennent, assises ou couchées, toujours elles tremblent. Le sommeil seul met momentanément un ternie à l'agitation spasmodique de leurs membres; mais à peine le réveil a-t-ii lieu que le tremblement reparaît et reprend bientôt toute son intensité.
A rie tenir compte que de cette première distinction, établie d'après finlluenee du repos ou des mouvements volontaires, sur la production du tremblement, il est permis déjà, vous le voyez, de ramener à deux chefs principaux le cas qui nous occupe.
Un premier groupe comprendra ceux où le tremblement ne se manifeste qu'à l'occasion d'un mouvement intentionnel, tandis que les malades chez lesquelles le tremblement est un symptôme constant, ou qui, tout au moins, ne s'efface guère que durant le sommeil, constitueront le second groupe. Il faut remarquer d'ailleurs que chacun de ces groupes, loin de former un ensemble homogène, embrasse des espèces morbides BflBOl nombreuses et de nature trèsdiverse, malgré l'analogie que leur impose la communauté du symptôme.
La distinction que je m'efforce de faire ressortir auprès de vous est à mon avis de la plus haute importance dans l'histoire des maladies chroniques du système nerveux qui s'accompagnent de tremblement. De nos jours, elle a été à peu près universellement méconnue, et, si je ne me trompe, c'est en Yain que vous en chercheriez la trace dans nos auteurs classiques. Cependant, et M. Guéneau de Mussy Ta fait remarquer avec justesse dans uno leçon clinique publiée récemment par la Gazette des Hôpitaux (1), les mé-
(1) Omette 4ta hôp%Uuw % 18<të.
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decins du siècle dernier l'avaient prise en considération, et en avaient parfaitement compris la valeur.
Yan Swieten, entre autres, a expressément reconnu les deux espèces de tremblement; bien plus, il s'était efforcé de rattacher chacune d'elles à une condition physiologique particulière. Permettez-moi, à ce propos, de vous signaler le commentaire sur l'aphorisme 625, vous y trouverez une interprétation physiologique du symptôme tremblement, interprétation qui est loin d'être dénuée d'intérêt, même pour le lecteur moderne.
Ainsi, d'après Van Swieten, le tremblement qui persiste pendant le repos au lit résulte d'une irritation qui s'exerce d'une manière intermittente, rhythmique, sur les centres nerveux. Ce serait donc là un phénomène convulsif, — tremor ooactus.
Par contre, le tremblement qui se manifeste exclusivement pendant l'exercice des mouvements volontaires dépendrait d'un défaut de stimulus, résultant de l'insuffisance du fluide nerveux, dont la fonction est de faire contracter les muscles sous l'influence de la volonté. Ce serait là, par conséquent, un tremblement paralytique, — tremor à debilitate.
Une interprétation des phénomènes, qui ne s'éloigne pas radicalement de la précédente, a été donnée, il y a quel-*ques années, par l'un des rares auteurs modernes qui ont su maintenir la distinction des deux espèces de tremblement. M. Gubler reconnaît que, dans certains cas, le tremblement consiste, non pas en une succession de mouve» ments contraires, soustraits à la volonté, mais bien en contractions et relâchements alternatifs des muscles qui sont enjeu, soit pour exécuter le déplacement d'un membre ou la translation du corps entier, soit pour conserver aux parties leur attitude naturelle (1). Ici, les contractions musculaires, au lieu de se développer comme dans les con*
il) Archives g énéralet de médecine , 5° série, t. XV, 1860, p. 702.