SYMPTOMES DK LÀ PARALYSIE AGITANTE
pendant la tète. A ce phénomène s'ajoute tût ou tard une (i Ltujjiutioii apparente de la force musculaire. Les momemonts sont lents et parais*» nt failles, l.M-n qu% Vi xpéricnce dynamométrique démontre que cette diminution n'est pas réelle. Cette impuissance motrice parait tenir en partie, nous le verrons, à la rigidité dont les muscles sont le
Un symptôme curieux qui vient compliquer la situation, quelquefois d'assez bonne heure, d'habitude à une époque de la maladie assez éloignée du début, c'est la perte de la faculté de garder l'équilibre pendant la progression. On remarque, en outre, chez quelques malades, une tendance à la propulsion ou à la rétropulsion : sans éprouver de vertige, le malade est, clans le premier cas, poussé en avant; on dirait qu'il est forcé de prendre une allure rapide, et ce n'est qu'à grand peine qu'il lui est possible de s'arrêter, obligé qu'il est de courir après un centre de gravité qui lui échappe,
l'm attitude particuliers du corps et des membres, la fixité du regard, l'immobilité des traits du visage, doivent encore litre signalés parmi les symptômes les plus importants de la maladie.
La marche de la paralysie agitante est lente, progressive. Sa durée est longue (parfois elle compte une trentaine d'années). Le terme fatal survient ou par les pr l'âge ou par le fait tTairections intercurrentes soit accidentelles, soit occasionnées par le marasme.» le confinement au lit, etc. Dans le premier cas, U s'agit d'une maladie al . d'une pneumonie, par exemple ; dans le second, la mort arrive par une sorte d'épuisement nerveux; la nutrition s altère, le malade perd le sommeil, il se forme des escliares qui terminent la scène morbide.
Tels sont, Messieurs, les caractères les plus généraux de la paralysie agitante. Mais, atln de mieux vous faire saisi? leur signification, il convient d'entrer plus avant dans
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l'étude des symptômes» de foire voir comment ils naissent, s'accroissent et s'enchaînent aux divers Ages de la maladie. A cet effet, et pour mettre plus de clarté dans notre description, nous établirons plusieurs périodes que nous caractériserons les unes après les autres. Examinons en premier lieu la manière dont se fiait le début. Les observations nous apprennent que la paralysie agitante se développe tantôt lentement, progressivement, tantôt au contraire d'un façon presque soudaine.
A. Début lent. Dans l'immense majorité des cas, le début est insidieux, la maladie s'annonce comme légère et bénigne. Le tremblement est circonscrit à un pied, à une main, au pouce. Ce symptôme, en apparence si peu inquiétant, reste isolé pendant longtemps. Il offre, d'ailleurs, dés caractères qu'il importe de connaître et sur lesquels nous insisterons. Les mains sont-elles prises? on voit ses divers segments osciller les uns sur les autres, animés d'un mouvement presque pathognomonique. Le malade rapproche les doigts du pouce comme pour filer de la laine ; simultanément, le poignet se fléchit par secousses rapides sur l'avant-bras, celui-ci sur le bras.
A ce moment de la maladie, le tremblement peut n'être que passager, transitoire. Il éclate alors qu'on s'y attend le moins, le malade étant au repos le plus complet d'esprit et de corps, et fréquemment, sans qu'il en ait conscience.
La marche, même s'il s'agit des membres supérieurs, l'action de saisir un poids, de le soulever, de prendre la plume et d'écrire, un effort quelconque de la volonté, suffisent souvent à cette époque pour suspendre le tremblement. Plus tard, il n'en sera plus ainsi. Du reste, en même temps qu'il gagne en intensité et en persistance, le tremblement envahit pour ainsi dire de proche en proche — non sans observer dans sa progression certaines règles — les par^ ties jusque-là demeurées indemnes. Si, par exemple, il a d'abord affecté la main droite, au bout de quelques mois,
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de quelques années, ce sera le tour du pied droit ; la main gauche ensuite, puis le pied gauche, seront pris successivement.
L'envahissement croisé est plus rare. J'ai vu cependant, au moins deux fois, le membre supérieur droit, puis le membre inférieur gauche être affectés l'un après l'autre. Il est beaucoup plus commun de voir le tremblement borné durant longtemps aux membres d'un seul côté du corps (forme hémiplégique), ou encore aux deux membres inférieurs (forme paraplégique). La tête est toujours à peu près respectée à toutes les époques du mal, môme dans les cas les plus intenses, et c'est là un caractère que nous devrons, par la suite, mettre en relief, car le contraire se remarque souvent dans la forme cérébro- spinale de la sclérose en plaques.
Je dois appeler* toute votre attention sur un mode de début progressif qui, pour être exceptionnel, n'en est pas moins digne d'intérêt. Le tremblement n'est pas absolument lo premier phénomène constaté. 11 est possible qu'il soit précédé tantôt d'un sentiment de fatigue très-remarquable, tantôt de douleurs rhumatoïdes ou névralgiques, parfois des plus vives, et occupant le membre ou les régions du membre, qui bientôt seront pris, mais secondairement, d'agitation convulsive. Je pourrais vous citer plusieurs faits de cette espèce, et il n'est pas rare qu'en pareil cas on puisse invoquer une cause traumatique, une piqûre, comme l'a vu Romberg, ou, ainsi que je l'ai observé, une contusion violente ayant porté son action sur le membre qui, ultérieurement, a été affecté de douleurs et de tremblement. La paralysie agitante qui éclate de cette façon se comporte d'ailleurs, dans son évolution ultérieure, comme à l'ordinaire, et ses progrès se font suivant les mêmes lois.
B. Début brusque. Lorsque, à la suite d'une cause morale, d'une terreur profonde, le tremblement est survenu
période d'état.
tout à coup, i! Ofccilpe tantôt un seul membre, tantôt, et dès l'origine, tous les membres h la fois. Après avoir persisté quelques jours, il est possible qu'il s'amende oii m disparaisse. Mais plus tard, consécutivement à une série d'amendements ël dVxneerbations alterna tifs, il s établit enfin d'une manière définitive. C'est là, du moins» ce que nous avons observé très-nettement dans plusieurs cas.
La durée do cette phase initiale \arie, quel qu'ait été le mode de début, de un à deux ou trois ans environ,
C. Période d'étal. Lorsque la paralysie agitante a acquis son parfait développement, le tremblement, outre qu'il envahit plusieurs membres, se montré, au moins dans les cas intenses, a peu près incessant, Son intensité, toutefois, n'est pas la mémo à tous les instants. Diverses circonstances, naguère sans influence sur lui, à présent l'exagèrent. Telles sont les émotions morales, l'exercice des mouv monts volontaires. On observe, de plus, des espèces de • s, de parox; datant spontanément, sans cause
appréciable. En revanche, le sommeil nature], le sommeil provoqué par le chloroforme, annihilent toujours momentanément les secousses ronvulsives.
C'est surtout ù cette époque de la maladie que les caractères particuliers du tremblement apparaissent dans tout leur jour; c'est alors aussi que Ton voit parfois les os- < ilbliui^ rhythmîques et involontaires de diverses parties Bè la main rappeler HniM-e de certains mouvements coordonnés. Ainsi, < ho/ quelques malades, le pouce se meut sur les autres doigts comme cela a lieu dans l'acte de rouler un crayon, une boulotte de papier; chez d'autres, les mouvements des doigts sont plus complexes encore et rappellent l'acte d'émietter du pain (1), Je vous ai présenté des
(l) Le LremblemruL impose à récriture des caractères qui ont quelque chosn do spécial. Quand failectioa est au début, l'écriture, au premier abord, semble normale s niais si ou L examina à la loupe, où y distingua des parties plus accusées, plus larges que d'autres. Plus tard, vers la période d'état,
FOBMB btT TkBMBLEMftNf ; PÉYSidNOMIE. î 67
exemples de ce gènté. Ce sont là, si je ne me trompe, des particularités qui appartiennent en propre au tremblement de la paralysie agitante ; je ne crois pas qu'on les rencontre dans âtictmë autre espèce de- tremblement. Elles ont été bien recoiinues par M. Gubler [loc. cit.), qui, attaché en qualité d'interne à la Salpétrière, avait pli y étudier la maladie sur un grand nombre de malades.
Là tête et ië cbù, nous lé répétons, testent indemnes;
Fig. 5.
c'est la règle. Loin d'être agités* les muscles de la face sont immobiles, le regard â même une fixité remarquable, et les traits nous offrent une expression permanente de tristesse, parfois d'hébétude. Le nystagmus, qui figure si souvent dans la symptomatologie de la sclérose en plaques disséminées, n'existe pas dans la paralysie agitante. Les muscles de la mâchoire, eux non plus, ne participent point à l'agitation convulsive. Néanmoins il n'est pas très-rare de voir la langue, môme lorsqu'elle reste renfermée dans la cavité buccale, être animée d'un tremblement assez accusé et qui augmente lorsqu'elle est tirée hors de la bouche. Parfois les lèvres sont accolées Tune contre l'autre, comme serrées, de telle sorte que le rebord muqueux n'est plus visible et que la surface cutanée parait plissée (l). Il n'y a
par exemple, les altérations de l'écriture sont beaucoup plus prononcées et partant très-évidentes. La figure 5 représente le spécimen de l'écriture d'une malade que nous avons observée à l'hôpital Saint-Louis, en 1869. Les jambages des lettres sont très- irréguliers et très- sinueux, et ces irrégularités, ces sinuosités n'ont qu'une amplitude très-limitée (B.).(VoirrAppENDiCE, p. 40l). (l) Tous ces caractères se trouvent très-accusés chez Perd... Marie-Anne,