ANATOMIE MICROSCOPIQUE
La méthode à suivre est simple. Nous devons partir dfea conditions normales { celles-ci une fois connues, il sera ai. si' d Vu tàlvû dériver les conditions morbides. La connaissance préalable des caractères de Tétât normal, feû ce qui concerne les orpaneset les éléments dont nous voulons étudier les altérations, vous est sans douté familière, H nous pourrions, à la rigueur, entrer de plain-pied dans lisions intimes. Toutefois, vous le savez, Tanatomle histolojiiquo (U^ rentres nerveux est, sous quelques rapports, toute nouvelle; bon nombre des questions qu'elle soulevé sont encore on litige; et cependant, pour l'intelligence des lé athologiques, il n'est pas indifférent d'avoir sur ces questions une opinion plus ou moires motivée. Ces considérations nous engagent à vous remet ti mémoire, au moins sommairement, certains faits fondamentaux d'anatomie normale. D'ailleurs, nous nous oceu-
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parons surtout de la moelle épinière, organe moins complexe et d'un abord plus facile que ne Test le cerveau. Mais, afin de limiter le champ de nos études, nous ne nous arrêterons pas à décrire les éléments nerveux proprement dits, tubes ou cellules ; nous n'insisterons pas non plus sur leurs rapports réciproques ni sur le mode de groupement qu'ils affectent pour constituer ce que l'on nomme la substance blanche et la substance grise. Nous nous proposons de concentrer votre attention sur la gangue conjonctive qui, de toutes parts, enveloppe ces éléments. Un grand intérêt s'attache à l'histoire de cette gangue conjonctive, principalement pour le pathologiste, car c'est à elle qu'il faut attribuer le rôle capital dans certaines altérations des centres nerveux et en particulier dans les cas qui nous occupent (1).
A. Il sera, je crois, avantageux d'inaugurer cette étude par l'examen de tranches minces, transparentes, pratiquées transversalement sur des tronçons de moelle convenablement durcis dans une solution d'acide chromique, et colorées par le carmin. Le carmin est ici un réactif précieux. Grâce à lui, certains éléments qui ont la propriété de se colorer sous son influence d'une teinte plus ou moins vive sont par là mis en relief, alors que les autres conservent leur aspect ordinaire. Ainsi les cellules ganglionnaires, leur noyau, leur nucléole et aussi les prolongements de ces cellules se colorent fortement sous l'influence de ce réactif. La gangue conjonctive se colore également dans tous
(1) On sait que les premières études sur la gangue conjonctive de la moelle épinière remontent à 1810 et sont dues à Keuffel ; mais ce que Ton sait moins, c'est que Cruveilhier, dans son article Apoplexie, du Diction-» naire de médecine et de chirurgie pratiques, publié en 1820, a mentionné
• le tissu cellulaire séreux extrêmement délié qui unit et sépare les fibres
• cérébrales et qui forme une trame excessivement ténue. » (Loc.cit,,?. 209.)