NOTIONS D*HISTOLOGIE NORMALE
les points de son étendue, à la vérité d'une manière bien moins prononcée ; et, pour ce qui a trait aux tubes nerveux, seul le cylindre d'axe prend la couleur du carmin, tandis que l'enveloppe de myéline résiste complètement à son action- Tous les détails que ce mode préparatoire met en relief vous pourrez les suivre sur la planche d'après Deiters (1), que je vous présente ; vous les retrouverez ensuite facilement sur les très-belles coupes que je vais faire passer sous vos yeux et que je dois à l'obligeance de notre confrère M. Loekhart-Clarke ; il conviendra d'examiner ces pièces d'abord à l'aidr-cFun faible grossissement.
Sur les préparations comme sur la planche, les parties qui appartiennent à la substance blanche de la moelle vous paraissent sans doute, au premier abord, presque entièrement composées de petits corps régulièrement arrondis, sortes de disques placés côte à côte et à peu près de mémo diamètre. Ce sont les tronçons cylindriques trop minces, résultant de la section des tubes nerveux, lesquels tubes sont là, dans cette partie de la moelle, disposés pour la plupart suivant le grand axe de l'organe, et, comme sont les prismes d'une chaussée basaltique parallèlement les uns aux autres. Au centre des disques qui, dans le reste de leur étenflnd, sont constitués par la myéline non colorée, d'aspect brillant, translucide, figure comme un point, ou mieux, comme un petit globule, le cylindre d'axe coloré en rouge.
Un examen un peu plus attentif fait constater bientôt que les disques en question ne sont pas exactement contigus, et qu'ils sont, au contraire, plus ou moins nettement séparés J<s uns des autres, par une substance d'apparence homogène, que le carmin colore lég èrement et qui semble combler, à la manière d'un ciment, tous les vides que les éléments nerveux laissent entre eux. Cette substance n'est
(l) 0. De itéra. — Unttrsuck. ther Gchcrn ttnd Rûekenmarck, Bratmshewieg. Pltnche 111, fig- 12.
*W PB LÀ VtYWMHflt.
autre que la gangue QonjonQtive, comme nous l'appelions tout à l'heure, ou autrement dit, la névroglie (Yfrabow), te réticulum (Kôlliker). fln étudiant MU mode de réparation et d'agencement sur les diverses parties delà opape, toué» reconnaîtrez aisément qu'elle entre pour une part tpèMffH portante dans la masse de l'organe. Remarquai; en premier lieu qu'elle forme» h la partie périphérique de la coupe, un anneau, ou mieux, une jwne, d'une certaine épaisseur et oh les tubes nerveux font absolument défaut. Cette tope e*i recouverte à l'extérieur et enveloppée, pour ainsi dire par la pie-mère, avec laquelle elle ne contracte que de faibles adhérences ; elle ept d'ailleurs parfaitement distincte, quant à sa structure, de cette dernière membrane, qui est composée de tissu cojyonctif flfcrillaire, et, par conpéqcient, tout autrement que la néyroglie, Elle a été décrite ayeewin par Bidder et parFrommann, qui ]a désignent (mua le nom de cwohe eoptieate du rétioulum (Rindenschicht) \ nous yeis ronsplus tard qu'elle présente parfois, au point de vue pathologique, un intérêt incontestable (1).
Du bord interne de cette zone ou couche corticale, on voit naître et se détacher, de distance en distance, deq cloisons qui se dirigent vers le centre de la moelle, qu'ils partagent en compartiments triangulaires à peu près égaux, dont la base est à la périphérie et dont le sommet se perd dans la substance grise. Ces cloisons donnent elles-mêmes naissance, chemin faisant, à des tractus secondaires, puis tertiaires, qui se subdivisent aussi à leur tour. Leurs ramifications s'enchevêtrent, se croisent et s'anastomosent de manière & produire un réseau à mailles d'inégale dimension. De ces mailles, les plus larges réunissent, sous forme de faisceaux, huit, dix tubes nerveux, ou même un plus grand nombre, tandis que les plus étroites n'en renferment, le plus souvent, qu'un seul. La disposition réticulée dont il
(l) C. Frommann. — Untertuck. Mer dû Normal* and patkolog. Anatom.
des Ritekcnmarkcs. léna, 1804.
DB LÀ NÉVROOME.
s'agit devient surtout évidente dans las points de la prépa?
ration, «mi, pif niiti de la distribution des tubçfl neiTdU squelette conJonotîf persiste seul.
Plus encore peut-rire que dans la substance blanHie, la névrogiiejoue, dans la suli , un rôle important;
jleeti M Bjfet, des régions de celle-ci quelle constitue d'une inrminv projfpg exclusive; tels sont, par exemple, les
bonis du oanal central, Le cordon de répeodyma. Elle
prédominante aussi dans cette partie des menés postérieures QMlUEli Mais te nom de substance gélatineuse de Rolande; iam l,i «mmuissure postérieure qui, en «v,, quence, prend ilans sa presque totalité, une teinte r sur les préparation» par le carmin, tandis que la
commissure antérieure, an contraire, an raison âee nom*
breux tubefl nerveux à direction transversale qu'elle conf , est beaucoup moins affectée par le réactif* Dans la
substance grise t d'ailleurs, de même que dans la substance blanche, la aéTTOgiie présente la structure réticulée; seuiement, dans le premier eas, les intrioations beaucoup plus multipliées des taabéoi ment des mailles notablement
plus seraéaset font voir ^npparrwic d'un tissu spongieux- Dans eas ilenx conditions» du leste, elle sert de support aux
B. Il convient actuellement de rechercher, à P aide fiSsemefitSptal puissants, quelle est la constitution lusjiçqe de œtte gangue conjonctive dont nous U hmi-
gite |as apparences les pins extérieures.
Sa'it-ii là du tissu oonjonûtif ordinaire (tissu lamineux
(ihriIJaire)? Non, assurément; tout le monde s'entend sur ce point. Mais en dehors de cette notion purement négative, prengoe tout reste litigieux dans l*bistoirfl histologifne de l;i aéffQgUe. Toutefois, une opinion tend ici à prévaloir, et Cette opinion» si j'en juge d'après «les impressions ionsur des observations personnelles] se rapprocherait beaucoup de la réalité. D'après cette manière de voir, la
W DE LA WiTJKXJLIB.
névroglie serait faite, comme le stroma des glandes lymphatiques, par exemple, suivant le type dix tissu conjonetif simple réticulé (Kôlliker); c'est-à-dire qu'elle serait essentiellement composée de cellules étoilées, en général pauvres en protoplasma, portant des prolongements grêles, plusieurs fois ramifiés, et dont les branches communiquent les unes avec les autres, de manière à relier en un seul système les diverses cellules et à les rendre pour ainsi dire solidaires. [Kôlliker (1), Max. Schultze, Frommann (2) J Dans cette forme de tissu connectif, il n'existe que fort peu de substance amorphe dans les mailles du réticulum, et la substance intermédiaire flbrillaire, qui est l'un des caractères fondamentaux du tissu lamineux, fait ici complètement défaut.
Voyons maintenant ce que l'observation directe permet de reconnaître sur des coupes minces de la moelle, durcies par l'acide chromique et colorées par le carmin. Comme dans le cas du stroma des glandes lymphatiques que nous prenions, il y a un instant pour exemple, il importe ici de distinguer en premier lieu des cellules et en second lieu un réseau de trabécules fibroïdes qui relient ces cellules entre elles. Il s'agira d'abord de ce que Ton voit dans la substance blanche.
Les points du réticulum où plusieurs trabécules se rencontrent, forment çà et là des renflements ou nœuds plus ou moins épais, situés à peu près à égale distance les uns des autres. Or, chacun de ces nœuds, ceux surtout qui se font remarquer par leur grande dimension, présentent vers leur partie centrale un corps figuré, arrondi ou légèrement ovalaire, plus vivement coloré par le carmin que ne le sont les parties avoisinantes. Ces corps sont des noyaux à contour net , finement grenus, dépourvus de nucléoles et mesurant en moyenne de m. 004 à m. 007. Ils se mon-
(1) Kôlliker. — Geweblthre, 5° édit. Leipzig, 1867, g 108.
(2) Loc. cit.
DE LA NÉVROGLIE.
trent solubles dans l'acide acétique qui les fait se contracter dans tous les sens et diminue leur diamètre quelquefois de moitié; OU les connaît sous le nom i\o myélocites[t])i. Robin) (1) ou de noyaux de la névroglie (Virchow) (2). Une mince couche de protoplasma, sans apparence cellulaire distincte, entoure le plus souvent ces noyaux fmyéloqrtes, variété noyau] qui, d'autres fois, au contraire, sont renfermés dans une véritable cellule arrondie ou étoiles (m vélocités, variété cellule), et munis de prolongements plus ou moins nombreux (de 3 à 10, d'après Frommann), plui ou moins allongés (3). Les prolongements paraissent faire corps avec les trabécutes du réticulum qui 1rs QonOnilflDt, pour ainsi dire, sans ligne de démarcation appréciable; dans la cai où ta forma cellulaire n'est pas distincte, les noyaux, nus ou recouverts seulement d'une mince couche de protoplasma, apparaissent comme des cetrtreG d'où naissent les teabéoides du reticulum et d'où elles Irradient pour se purter dans diverses directions ,
Les trabécules doivent être étudiées à leur tour et considérées Indépendamment des connexions qu'elles peuvent avoir soit avec les noyaux, soit avec, les cellules qui occupent les nœuds du réticuluni ; leur texture varie quelque peu selon que Ton examine des coupes transversales ou des coupes longitudinales. Dans le premier cas, elles simulent de minces cloisons homogènes, brillantes, d'aspect fibroïde. Ras'axtastomosant, aies forment des mailles dont les plus étroites sont assez larges encore pour contenir un tube nerveux. S'agit-il de coupes longitudinales? On voit les trabécules se ramifier presque à l'infini et produire un ré-
{}) Robin. — Programme du cour* d'kùtoiogie, 1861, p. 46. — Diction*, encyclopédique % 2" série, t, I, 1™ part., art. Lumineux % p. Î84-
(2) Virchow, — Die Kraekft. Gtsehieiklste^ 1864-G5, t. Iï, p. 127.
(3) Voir sur ce sujet : Hayom et Msgnan, — Journal de la physiologie , etc., n° 1, 1876. — Hayem. — Etude* tur les diverses formes d encfphalxU, 1868,
202 DB Lk NÉVROGLIB,
seau à mailles beaucoup plus fines. Ce réseau est (railleurs disposé sous forme de cloisons qui séparent toi uns detj« m les tubes nerveux et lai entourent à la mai: d'une gatat. Les rîdai gui eaiatanJ pi al là, Bnti*e les galnea et les tubes nerveux, .semblent comblés par une petite quantité d'une matière amorphe, finement prenne. Nulle ptri on m* rencontre, dans Fétat normal, au milieu de ooq trabéeuies, ks minces fibrilles qui font partie intégrante du tissu laminoux.
Dans la substance ejrise, la névroplïe est faite sur le îiieine plan général; seulement, les mailles du réseau iibroïde, surtout dans les peinte ou les éléments nervrux manquent, y sont plus serrées que dans la substance blanchi- el rie In résulte l'aspect spongieux que nous aYOUJ déjà mentionné. Ajoutons que les cellules étoilées se montrent plus nombreuses que partout ailleurs dans certaines régions de la SUtatence gllie et qu'elles sont parfois tellement <| ( \Hoppées qu'il devient fort difficile de les dUttogUBT Am cellules nerveuses; mais nous aurons l'occasion d'insi sur ce dernier point.
lu réseau fibronk É9U6« à mailles étroites, des cellule, nombreuses se retrouvent aussi dans les parties des faisceaux blancs où n existent pas de tubes nerveux, dans la couche corticale (Rindenscliicht), par exemple et dans les grandes cloisons qui y prennent leur origine.
Si Ton s'en rapporte à la description qui précède, la né» \rn-lie mérite incontestablement d'être rattachée au type du tissu conjonrtif réticulé, dont nous rappelions tout à riieure les caractèr s essentiels.
Mais cette description a été tracée principalement, — vous ne l'avez pas oubliés d'après des observations fa sur des fragments «le moelle qui ont subi, pendant un temps plus ou moins |ong, raction de l'acide chromique. Or, Irrésultats obtenus à Taide de ce mode de préparation sontils à l'abri de la critique? Telle uest pas l'opinion de quelques auteurs, parmi lesquels il faut citer, au premier rang,
DB LA NEVROOLIB.
des maîtres tels que Etante et Ch. Robin (1), Suivant eux, te réticuluiu (ibroide, décrit plus haut, n'aurait pas d M tennt réelle; ec serait un produit de l'art. À l'<Mat Irais, avant l'intervention de.-, réaetlft, les espaces intermédiaires aux tubes nen eux seraient remplis, non par des iraliéeules solides formant par leur agWJgQfBfflt les mailles *run ré>e;m, mais tout simplement par une matière amorphe, molle,
dre, finement grenue, au sein de laquelle les myélo- Qytea seraient comme suspendus.
Me matière ayant la propriété de se durcir, sans perdre du son volume, loua riafluanoe do L'alcool et de * i • * acides, «In l'aride climmi "lue en particulier, <V>t | gatta ata ronstanee qu elle (lierait de se présenter, sur les préparations traders par ce dernier agent, sous la forme d'unappareil réticulé. À ces i injections ont été opposés des arguments, ou pour mieux dire des faits, dont quelques-uns ont, i royons-nuus, une valeur à peu près absolue. Ou reconnaît Çfll'ïl existe a IVtat normal, interposées u\ l Bi Inanta nerveux. — à la VéfiW BQ faible proportion, — delà ma mh-
pba possédant les c ar act érea çul viennent detre Lndlguda
Likar); on MfiOnnn!t égaleanaat que, sur les pjèeesiraiches, le réticuluni est moins nettement dessiné que sur
pièces durcies par leaaoidea. Mais, il n'en est paa notoa
vrai que, même à 1 état Irais, 1rs coupes liues de la substance blanche <lo la moelle, placées dans le sérum iodé Bt <li! rées sous te microscope, laissent TOlf irrttcmrnt sur leurs
bords les tr&cftfl flbfriMei du tissu conjonctif (Kfilliker,
Frnmmanu, Sehultze oltat, facile à obtenir dans lai
conditions normales, s'accuse encore mieux dans, certaines circonstances pathnlngbiuesoù les dispositions normales se montrent exe être encore foncièrement mode-
(Virchow.) Cest ce qui a lieu, entre autres, ainsi que nous le dirons, dans la myélite interstitielle subaiguG, et dans la sclérose
(l) Dict. euewtojtfdigui, loc, fjfc
DE LA NÉYROGLIE.
proprement dite, lorsque l'altération n'a pas encore dépass les premières phases de son évolution.
De tout cela on a conclu, — et nous croyons la conclusion légitime, — que, dans l'espèce, l'acide chromique n'a pas d'autre effet que de mettre mieux en relief la textura réticulée de la gangue conjonctive de la moelle épinière* Cette disposition préexiste ; elle ne se produit pas de toutes pièces sous l'action du réactif.
Pour en finir avec les remarques que j'ai cru devoir vous présenter relativement h l'histologie normale du centre nerveux Spinal, je n'ai plus qu'un mot à ajouter touchant une particularité ;ui;ttomiqm> qu 'offrent les plus petits vais* seaux, principalement les capillaires artériels, dans l'épaisseur de cet organe. Ils possèdent, comme les artériûlea intra-cmcéphiiliqurs, cette tunique surnuméraire que l'on désigne communément sous le nom de gaine lymphatique ou encore île gaine de Robin. Un espace libre, rempli par un liquide transparent, où flottent quelques éléments figurés, sépare, vous le savez, cette gaine de la tunique adventice. A r ous reconnaîtrez bientôt l'intérêt qui s'attache à cette disposition anatomique lorsqu'il s'agira d'interpréter certaines lésions (1).
(l) Depuis le moment où cette leçon a été faîte, de nombreux travaux ont été publiés sur la structure de la névroglie. (Voir à ce sujet une revue critique de Goiubault : Archives de physiologie, 1873, p T 458).— Dans un important travail, M* Rauvier, dont les travaux ont tant contribué a la connaissance du tissu conjonetîr, a montré que les cellules» décrites par Goîjrj et Boll, ne sont probablement que des artifices de préparation. Le tissu conjonctif des centres nerveux ne s ? éloigno guère de la structure de celui des autres régions. (Kanvicr. — Sur les éléments conjonctifs de la moelle épiniire. In Comptes-rendus de V Académie de* sciences* décembre 1873). La névroglie se compose de petits faisceaux conjonctifs de a,m 001 à mm 002 de diamètre. < Ils ne s'ainastomosent pas entre eux» dit M. Ranvier, mais en quelques points, ils s'entrecroisent au nombre de 4, S, 0, 7, 8 et même plus. Au ni— veau de cet entrecroisement, il y a souvent un noyau rond ou ovalaire, muni de petits nucléoles, aplati et entouré d'une xone granuleuse. Avec un bon objectif à immersion, donnant un grossissement de 600 à 8Û0 diamètres, il est facile d apprécier tous ces détails et de reconnaître dans la zone granuleuse une lame de protoplasma qui, avec le noyau, constitue une petite
Après cos préliminaires, il nous devient facile, Messieurs, d'aborder l'étude des altérations histologiques de la moelle dans la sclérose en plaques. La description de ces altérations que nous allons vous présenter sera fondée surtout sur les résultats des investigations auxquelles nous nous sommes livrés depuis longtemps, M. Yulpian et mou Nous aurons en outre plusieurs fois l'occasion de mettre à profit, après oonMtoi les recherches laites antérieurement, ou depuis lors, sur le même sujet, par Valent iner (1), RLndfleisch (2), Zenker (3), et surtout par Fronimann (4) qui, ù propos de l'examen d'un petit fragment de moelle, a écrit un gros livre accompagné de planchas remarquables et riches en document» précieux.
Nous décrirons on premier lieu ce que l'on peut observer: 1° sur des coupes transversales; 2° sur des coupes longitudinales, provenant de fragments de moelle durcie par l'acide cliromique; nous décrirons ensuite, d'après l'examen de
cellule plate de tissa conjonctif. Au-dessous et au-dessus de cette cellule, les petits faisceaux se poursuivent. Il ne xae parait pas douteux, ajoute M. tianvier, que cet ensemble ait été pris pour une cellule ra initiée; mais c'est là une erreur qui, j en suis sûr, sera abandonnée de tous ceux qui suivront exactement la mi? me méthode. • Sur d'autres points des mÊines préparations, on peut observer des cellules plates isolées ou bien des entrecroisements sans cellules, dispositions qui ne laissent aucun doute sur l'interprétation des faits précédents. On s'étonnera moins des nombreuses opinnius contradictoires émises sur la névroglie, si on se rappelle les nombreuses discussions qu a soulevé la structure du tissu conjonclif des organes périphériques, structure qui n'a été mise en lumière que par des recherches récentes (Note de la 2° édition).
(1) Valentiuer.— Deut*ck. KUnik., 1856, p. 149.
(» Rîndlleisch. — Virckw* Arckiv, ÎSfci, t. XXVI, p. 474.
(3) Zenker. — Zeitck. der Ration, médit., 1**5. Bd. XXIII 3. Reih.,p.OM é
U) Frommann. — 2 theil leoa, 1867. — Voir aussi i RokUansky; Sittungsber, — R. M. Elasse, t. XIII. 1851, p. 136; — Cbarcot : Soc. d§ biologie, 1SG8; Bouchard : Soc. anat.. 1868; — llsyem ; Etude*, etc., hc. cit., p. 121.
pièces fraîches, quelques particularités non reconnaissais sur les coupes durcies. Dans les deux cas, la colora tic tirs parties produites à l'aide de la solution animonia de carmin sera, comme pour les recherches relatives à l'état normal, un auxiliaire d'une grande utilité, et qu'il Sera bon de mettre en œuvre.
A* Lorsque Ton examine à Varia nu un tronçon de moelle portant une plaque de sclérose, il semble que les parties malades se séparent des partiel saines d'une mail heurtée, sans transition, par une ligne de démarcation nettement tranchée. Or, c'est là une illusion. L'étude mJfcn >Éûûpiqua* en effet* permet de constater, m£me à de faibles grossissements, que les parties saines, en apparence, qui ronlinent au noyau srléivux, présentent, dans un rayon d'une certaine étendue, des trans d'altération déjà fort évidentes. Si Ton franchit la limite apparenta du tissu sain, Ira lésions ee munirent pkis accentuées et elles se prononcent p r fl gf itt rtfeCMnrij de plus en plus, à mesure (pie Ton approche de la région centrale de la plaque, région où ëllea iinpiiorent leur plus haut degré de développement. En procédant ainsi des parties périphériques vers les parties traies, on est conduit à reconnaître l'existence de plusieurs zones concentriques, répondant aux phases principales de l'altération (R
a. Dans la zone périphérique, on observe ce qui suit : lae trabécuîes du réticulum se sont notablement épais! quelquefois, elles ont acquis un diamètre double flfc ce qu'il est dans Fétat normal. En même temps» les noyaux qui occupent les îueuds du réticulum sont devenus plus volumineux; parfois ils se sont multipliés, et l'on en peut conipterdeux, trois, rarement plus, dans chaque nœud (2); la
Itj Chtrcot. — Bùciéttdê Biologie, 1086.
(2) Parfois quelques-uns do ces noyaux présentent xert leur partie moyenne un étranglement qui semble indiquer un commencement de scission.
m torfae MtéÊm m hhém tt pws distincte fetr wita «6
répaississement des trahéculesj les tufe* MffWàL paraissent plus distants lea uns îles autres ; en réalité, ils ont surtout dittintk' ÛÊ volume, et cette sorte d'âttophie S'est fidte aux dépens du eylimlre de myéline, nïMêcyltodfe d'iie â Conseil son diamètre normal ou mérdè 11 fcNast hypertrophié. Là matière amorphe, qui recouvra dé tôûtéé pmâ les Mbl-és du réticulum, parait plus aboûdaftte que dans l'état sain (1J.
b* Les tubes nerveux, dans la deitxtèmB &ÙAê % flbê l'oii pourrait appeler zone de transition, sont deventlâ enCdre plus grêles. Beaucoup d'entre eux semblent atoll 1 dWpaim ; en réalité, ils se sont seulement dépouillés deletll 1 Cylindre de myéltoe et ne sont plus représentés ipie jpâl* îé cylindre d'axe qui» à la vérité» a parfois ftcQufa des dimensions felàr tivenient colossales (2). Quant aux h iî>Vi îles du réticulum, elles offrent des altérations non moins nîmarquables. fin effet, elles ont plus de transparence, leurs contours sont moins accusés ; enfin, en certains endroits — et c'est là un fîdt vraiment fondamental — elles sont remplacées par des ftdsceaux de longues et minces fibrilles, fort analogues à celles qui caractérisent le tissu conjonctif ordinaire (tlssti lamineux). Ces fibrilles sont disposées parallèlement au grand axe des tubes nerveux : c'est pourquoi on n'en aperçoit guère, sur les coupes transversales, que les extrémités qui, par leur réunion, figurent un pointillé très-fin. Elles tendent, nous l'avons dit, à se substituer aux fibres ou trabécules du réticulum ; mais, en outre, elles envahissent les mailles qui contiennent les tubes nerveux, à mesure que ceux-ci s'amoindrissent en se dépouillant de leur myéline, et, en conséquence, l'aspect réticulé ou alvéolaire si dis-
(1) Frommann, 2 tfoil, pi. II, fig. 1 el pantin.
(2) Frommann, Cha'.oot.
tinct que présente à l'état normal la gangue conjonctive tend à s'effacer de plus en plus (1).
e. C'est — vous le savez — dans la ?*ègion centrale de plaque scléreuse que Ton observe les altérations les pi prononcées. Ici, toute trace de réticulum flbroïde a dispa on ne rencontre plus ni trabécules ni formes cellulaires distinctes ; les noyaux sont moins nombreux, moins volumineux qu'ils ne L'étaient dans les zones périphériques ; ii sont rétrécis dans tous les sens, paraissent comme ratatinés et ne prennent plus sous l'influence du carmin une coloration aussi foncée (2) ; on les retrouve, çà et là, formant par l'ois de petits groupes dans les intervalles que laissent entre eux les faisceaux de fibrilles. Celles-ci, d'ailleurs» ont tou envahi; elles comblent maintenant les espaces alvéolaire d'où la myéline a totalement disparu. Néanmoins les cylindres d'axe, derniers vestiges des tubes nerveux, persisten encore en certain nombre, entremêlés aux fibrilles ; mais ils n'ont plus, en général, ce volume relativement énorme qu'ils avaient quelquefois dans les premières phases de l'altération ; la plupart même se sont amoindris à tel poin qu'ils ressemblent, à s'y méprendre, aux filaments fibrillaîres de formation nouvelle dont nous apprendrons cependant tout à l'heure à les distinguer.
Tel est, Messieurs, le dernier terme du processus mor bide, dans la forme de sclérose qui nous occupe ; et cett persistance, pour ainsi dire indéfinie, d'un certain nombr de cylindres axiles au milieu des parties qui ont subi, plus haut degré, la métamorphose fibrillaire, est, — remarquez-le bien, — un caractère qui parait appartenir en propre à la sclérose en plaques ; elle ne s'observe certainement pas, du moins au même degré, dans lés autres variétés de
(l| Fromraann, 2 tleil., ioc. eit. t pi. IV, fig. i, 2, 3, (2) Frommaun, Chareot.
l'induration grise, soit qu'il s'agisse de la sclérose spinale descendante, consécutive aux lésions du cerveau» ou de celle qui, occupant primitivement les cordons postérieurs,
Fig. 9. — Elle représente une préparation fraîche, provenant du centre d'une plaque sel creuse, colorée parle carmin el traitée par dilscêratJon. Au centre, vaisseau ca-
fuji lira portant platieort noyaux. A drorte et à gauche, cylindre* d'axe, les uni *cumineiu, le* autres d'un très -petit diamètre, loua dépouillés de leur myéline* Le vaisseau capillaire et les cylindres d'axe étaient fortement coloré* par le carmin. Le» cylindret d'axe ont dei bordi parfaitement lisses, ne présentant aucune ramification , DÂM l'intervalle des cylindres d'axe, mince» fibrilles de formation récente, à peu prêt parallèles les unes aux autres dans La partie droite de la préparation, formant à gauche et au centre, une aorie de réaeau résultant» soit de 1 enchevêtre* ment, soit de l'anastomose des fibrilles. Celles-ci te distinguent des cylindres d'axe : 1* par leur diamètre qui est beaucoup moindre; 2* parles ramifications qu'elles offrent dans leur trajet; 3* parce qu'elles ne se colorent pas par Je carmin. — Çà et là, noyaux disséminés* Quelques-uns paraissant en connexion avec les fibrilles conjonctives ; d'autres ayant pria nne forme irréguhcre, due à l'action de la solution ammoniacale du carmin,
est considérée à juste titre comme le suhstratam anatomiquede Fataxie locomotrice progressive.
B. Les résultats de l'examen des coupes longitudinales confirment, dans leur ensemble, les données qui viennent de vous être exposées ; je puis donc vous épargner de plus
CHAJtCOT,T. I, 3* éd. 14
longs détails, et me borner aux remarques suivantes qui vous feront mieux connaître, sous quelques rapports, le i l'ibrillairede formation nouvelle. C'est sur les coupes ge oq genre que Ton saîsit-bîen les caractères de ce t que l'on peut le mieux apprécier la direction longitudinale des fibrilles, leur aspect brillant qui les lai r Mer aux:
libres élastiques, leur agencement sous forme de faisceaux légèrement ondulés et toujours parallèles. Eh dU&cérant ûsceaux, on reconnaît que les fibrilles qui les âomposent soûl extrêmement ténues, qu'elles sont opaques, li qu'elle! se divisent et B*anastomosent rarement, tandis quelles s'entrelacent , au contraire, et slntriquent fréqueinment de manière à figurer une espèce de feutrage, qu'en lin elles se colorent à peine sous l'influence du carmin {Fig. 9), Ces derniers caractères les différencient suffisamment des cylindres d'axe qui, d'ailleurs, sont en g rai plus volumineux, translucides etue se ramifiait jamais. Elles peuvent aussi se distinguer aisément des fibres du r M> riium avec lesquelles elles se trouvent quelquefois en* tremélées en ce que ces dernières sont plus épaisses, plus courtes et constamment b sur leurs bords de pro-
longements rameux ; elles diffèrent enfin des fibres ÇU6S que Ton trouve si souvent mêlées au tissu conjonctif ordinaire par un caractère important : elle se gonflent rinfluence de l'acide an ticjue et lorment une masse hyaline, transparente, ce qui n'a pas lieu pour les fibre qUOS (1)*
Peut-on entrer plus avant dans l'étude de ces fibrilles et chercher à saisir leur mode de formation; se produisent* elles, par exemple, comme le veut M. Frommann, en tie dan-; l'épaisseur mémo des libres du réticulum qu elles doivent remplacer bientôt, on partie aux dépens des cellules et des noyaux de la névroglie ? Naissent-elles, au con-
ft) Valenlincr, Zcnker, toc, cit. — Vulpian. — Cours de la Fatuttf, MA
ire, nomme d'autres le pensent, suit de la malien- WûOT- ^préexistante, soit d'un blasténie nouvellement formé? Y a-t-il là, en d'autres termes, métamorphose ou substitution? La question, croyons-nous, doit rester encore indécise ; tout ce que nous pouvons dire à cet égard, c'est que les fibrilles nous ont semblé parfois prendre racine dans la substance des noyaux ou des cellules, et que ce fait, s'il était confirmé, pourrait être invoqué à l'appui de la thèse soutenue parltf. Frommarm.
Je ne puis passer sous silence lea altérations diverses que subissent les vaisseaux sanguins qui traversent les plaques de sclérose, altérations qui peuvent être bien étudiées sur les coupes longitudinales après <li lotissement par l'acide chromique* À l'origine, c est-à-dire dans les 801169 périphériques, les parois de ces vaisseaux, môme oelles des plue lins capillaires, m montrent plus épaisses et renferment un plus grand nombre de noyaux qu'à l'état normal. Plus prôé du centre de la plaque, les noyaux m août multipliés «Drcore et, de plus, la tunique Adventice se trouve remplacée par plusieurs couches de fibrilles en tout semblables à celles qui se sont développées simultanément dans l'épaisseur du réticulum (1). Enfin, au dernier terme, les parois sont devenues tellement épaisses que le calibre du vaisseau s'en trouve notablement rétréci (2).
Je dois signaler aussi, en passant, la présence habituelle d'un certain nombre de corps amyloïdes au milieu du tissu fibrillaire. Mais je dois faire remarquer, en môme temps, comme un fait singulier, que ces corps sont toujours moins abondants dans la sclérose en plaques que dans les autres variétés de l'induration grise.
C. Ce n'est pas toujours sans difficulté que Ton parvient à retrouver, sur les pièces qui n'ont pas été prépa-
(1) Vulpian. — Cour$ de la Faculté.
(2) Frommann, foc. cit.
rées par l'acide chromique, tous les détails que je viens de vous faire connaître, Par contre, les pièces fraîches offrent cet avantage qu'elles permettent de constater certaines altérations, qui passeraient certainement inaperçues si Ton s'en tenait exclusivement à Fexamen des pièces durcies. Je fais allusion ici à l'existence de globules et de granulations d'apparence graisseuse ou médullaire que Ton rencontre à peu près constamment (1) en nombre plus ou moins considérable, dans l'épaisseur des parties sclérosées, à l'état frais, et qui ne tardent pas à disparaître sans laisser de traces, lorsque la préparation a séjourné quelque peu dans l'acide chromique. Or, Messieurs, la présence de ces granulations graisseuses se rattache à une phase importante du processus morbide; je veux parler de la destruction des tubes nerveux- Toutefois, avant d'entrer dans les développements relatifs à ce point, je crois utile de prendre les choses d'un peu plus loin et de vous remettre en mémoire, par une description sommaire où je veux chercher surtout des termes de comparaison, les modifications de structure que subissent les nerfs périphériques alors que, par une section complète, ils ont été séparés des centres nerveux.
Au préalable, je vous rappellerai que, dans les nerfs riphériqties, les tubes nerveux sont essentiellement constitués, comme dans la moelle épinière, par un cylindre de matière médullaire ou myéline et par un cylindre d'axe ; mais qu'ils possèdent, en outre, une gaine conjonctive, la gaine de Schwann qui, d'après les recherches les plus récentes (2), parait ne pas exister sur les tubes plus grêles des centres nerveux, ou ne s'y montrer tout au moins qu'à
fi) Le fait est du moins signelépar tous les auteurs qui oui examiné des pièces fraîches (Valenliner, Hiadfleiscfa), Il n'a manqué dans aucun des cas que j'ai examinés dans les mêmes circonstances. Voyez aussi Rokitansky, iu Bericht derAkad. der Winetieh m Wien, t. XXIV, t857.
(î) Frey. — Hanbuch âtr Aistotogit, etc., 2° édîL, p. 354, Letpsifr. — Scbultze, De retins structura, 1867, p. 22, — Kûlliker. — CriiP€bteAn t 5°édil.» 1867, U IV, p. 2S7.
HISTOLOGIE PATHOLOOIQT 213
l'état rudinientaîre (1). Vous reconnaître* dans un Instant que
cette particularité anatomique, insignifiante en appan n'est pas dénuée d'Intérêt au point de vue qui nous occupe* Voici maintenant l'indication des phénomènes sur lesquels j'ai voulu appeler particulièrement votre attention: huit ou dixjours après la section du nerf, il se produit une de coagulation delà substance médullaire du tube nerveux, SB petttes masses plus ou moins irrégulièrement globuleuses, à bords ondulés, sombres, présentant un double contour et ayant conservé, par conséquent, tous les caracuptbpies de la myéline. Les jours suivants, la segmentation faisant de nouveaux progrès f la gaine de Schwann de chaque tube nerveux renferme bientôt, non plus des mas ulières de myéline, mais bien des gouttes pré-
sentant Ta spect et les caractères niicrochimiques de la graisse. Ces gonttee, d'abord assez grosses, deviennent progressivement* par suite delà division qui continue à s'y opérer, de pins en plus petites, et finalement elles sont remplacées par des granulations très-fines ressemblant à une poussière qui remplirait la gaine conjonctive. Des granulations plus pâles, de nature protéique, se trouvent en certaine proportion mêlées aux précédentes ; enfin, globules et granulations disparaissent, et la gaine de Schwann, revenue sur ellemême, se plisse si bien que, lorsqu'on examine un certain nombre de fibres nerveuses juxtaposées, ainsi altérées, on en tirait voir, sur le champ du microscope, un faisceau de tissu conjOTictif filamenteux. Que devient pendant ce temps le cylindre d'axe? Composé surtout de matière protétgue, il résiste longtemps à raetion des causes qui ont détruit la myéline, car on le retrouve encore parfois, dans la gaîne, plusieurs semaines ou même plusieurs mois a] la section du tronc nerveux (2).
(l) Vulpian. — LêfOM sur ta phyiîûtoijîc, <?tc , p 316, 2) Vojei ; Vtitpian. — Lirons sur ta /pÀy*ïo%u, p. 237,298-» — Riûdflcisch, lêkrbuchder patkotogmh, Ge/cekUhre, p, 10 et 20, 1866.
tt'h h), — /•' r v ur d* sclérose à fettit frais. — a, puîné lymphatique d'uo ▼»u**au distendue par de* gouttelette* Krws*>eu*e« volutnineUfiea, — e, v»i**e»u coupé Iran»» »ert*Jeiurnr Li tunique ad teûtiee e»t séparée de la gaîno lymphatique par ^n e»pace vide, le» gouttelette* graisscuset qui distendaient la etîne ayant di*paru — gQOtttltttM griiMeune», groupé*» en petit» imu diBsetiitucs ça et la dan» la préparation, eu dettora des vaisseau*.
de foutre, ii (tes oorpusculea qui conservent d'abord l<
p&renoes <1<* la tuyéline, mais qui, en conséquence d'une
dlûcation ultérieure, présentent bientôt tous 1rs caracfc
gouttelettes ou des granulations graisseuses r.
M S'H. ont Hobin, la tnyéliuo est uuo substance particulièrement riche eu principes ffras, et sous ce rapport elle peut Gtre rapprochée du coalenu des Yéarculcs adipeuses (Journal de Vanatomit, 1*«W, n a 3, p. 309). — W aller
HBTOUXra PATHOLOGIQUE. SIS
Revenons maintenant aux plaques de sclérose. Nous avons à étudier là des phénomènes pour le moins fort analogues à ceux dont je viens de vous entretenir.
Dans l'épaisseur du foyer sclérosé, sur les pièces fraîches, on rencontre à peu près constamment, nous l'avons dit tUjjà, et souvent en proportion considérable» des globules ou granules, offrant d'une manière générale, l'apparence des corps gras; ces globules se présentent sous deux aspects principaux: les uns figurent des masses relativement volumineuses, dont les bords sombres, sinueux, dessinent, soit la forme d'un globule ovalaire irrégulier, soit celle d'une massue, quelquefois d'un rein {Fig. 10). Ils offrent comme la myéline, dont ils se rapprochent du reste encore par d'autres caractères, un double contour. Les autres sont de véritables gouttelettes ou granulations graisseuses, tantôt libres* tantôt agglomérées de manière à constituer des amas contas qu des agrégats cohérents, autrement dit des corps çranuleum dépourvus de noyau et de membrane enveloppante (1). Des molécules protéiques se trouvent niêloes, par places, à ces diverses granulations. Tous ces produit* ressemblent exactement, vous le voyez, à ceux qui résultent de la désagrégation de la myéline, dans le cas de la section d'un cordon nerveux.
Poursuivons les analogies : sur les coupes longitudinales que je vous présente, on voit, en certains points, les gm-
(Ftrdbfv't Arckiv % 20, 426) « émis l'opinion qu'elle est constituée psr un amalgame ou mélange de corps gras et de corps albuminoldes qui ne foraient que se dissocier dans le cas de la dégénération des tubes nerveux. — Sur ce sujet, voyez encore Rindfleisch, loc. cit., p. 20, § 52.
(l) En outre de cas corps granuleux proprement dits (Fêttkomchen AtjgUmerate)) on peut trouver, dans les plaques de sclérose, des corps granuleux ayant un noyau qui se colore par le carmin et une membrane d'envc • loppe (Fêttkomehen Zellen) ; ces derniers ne sont autres que des cellules de la névroglie ayant subi la dégénération granuleuse. — Voir sur la distinction a établir entre les diverses espèces de corps granuleux : I. Poumeau, Thèse de Paris, 180S. — Rokitansky.— BtricfUder Ahad.d. Wiê$. tu. Wie*.. t. XXIV, 1W7. — Wedl.— £udim. ofpêtk. Hiitology, p. 202. London, 1855.
ili HISTOLOGIE PATHOLOGIQUE
d (dation* grajucaici disposé» sous forme de longues 1 nées parallèles 4 la direction des tubes nerveux (1); sur coupes transversales, elles constituent ça et là de amas séparés en Ilots, qui correspondent assez exactement au siège des alvéoles, A la vérité, le plus habituelles les granulations ont franchi les limites de celles-ci et se sont répandues dans les tissus voisins. Mais cela n'a rien qui puisse surprendre lorsque Ton sait que les tubes nerveux de la moelle sont dépourvus de cette gaine celluleuse ou gaine de Schwann, qui, dans les nerfs sectionnés, contient de toutes parts les produits de la désagrégation de la myéline. Les mailles du réticuluni et les interstices fibrilles offrent d'ailleurs des voies faciles par lesquelles les gouttes de myéline, ainsi que les granulations graisseuses, pourront s'infiltrer et se répandre au loin (2).
En tenter lieu, nous ferons remarquer que les masses tfftpptraiûê médullaire et les granulations graisseuses ne se rencontrent jamais au centre de la plaque de sclérose, C'ait è dire dans les régions ou la métamorphose fibrillaire et le travail de destruction des tubes nerveux sont terminés. Au contraire, elles occupent toujours les parties les plus extérieures de la plaque (3), ou, autrement dit, les zones périphériqpM ou de transition- 0r f sur ces points, vous le savez, le processus morbide est en pleine activité: c'est là, en effet, que, comprimé de tous côtés et étouffé par les trabécules du réticulum qui se sont épaissies, et plus tard, par les faisceaux fibrillaires qui tendent à envahir las alvéoles, le cylindre médullaire s'amoindrit progressivement, puis disparaît, le tube nerveux n'étant plus représenté finalement que par l«* cylindre d'axe* L'accumulation des goutte- M tes médullaires ou graisseuses et la destruction du <v-
(l) Il oW pas rare de rencontrer, au milieu dos fibrilles, des cylindres «t'aie en partit* (Jcdui16s, mais auxquels adhèrent encore çà et là des i globultiuiea ayant l'apparence de la mytUtne.
(1) Cbarcot. — SvcïéM de Bwl&git, 1868»
lîrtdre de myéline ont donc lieu simultanément; on peut même ajouter qu'elles procèdent du même pas, puisque celle-là cesse de se produire lorsque celle-ci est défmitiveiiHMit accomplie. Evidemment la coexistence dos deux phénomènes ne saurait être fortuite, et tenant compte de tout ce qui précède, il nous parait légitime de conclure que les corpuscules médullaires et graisseux en question ne .sont autres que les débris, les détritus provenant de la désagrégation de tubes nerveux (1).
Que deviennent, par la suite, ces granulations graisseuses? Elles disparaissent vraisemblablement par voie de résorption; vous savez qu'on n'en retrouve plus les traces dans les parties centrales des foyers scléreux. C'est ici le Lien de signaler à votre attention un phénomène qui se rattache, sans aucun doute, au phénomène de cette résorption. Ainsi que vous pourrez le constater sur les préparations que je vais faire passer sous vos yeux, dans les parties où se rencontrent les produits de la d Mon des tubes nerveux, les gaines lymphatiques des petits vaisseaux renferment dans leur cavité, en proportion variable, soit des granulations graisseuses, soit même, bien que plus rarement, des corpuscules présentant les caractères de la myéline. En certains points, ca'^ divers produits sont tellement abondants que les gaines lymphatiques sont distendues à l'excès; les vaisseaux paraissent alors avoir acquis un volume double ou triple de ce qu'il est à l'état normal, et ils se dessinent sous forme de petites traînées blanches, visibles à l'œil nu, sur le fond gris de la plaque Sclérosée. Cependant les tuniques elles-mêmes de ces vaisseaux n'offrent pas d'autres altérations que celles qui ont été indiquées plus haut et qui n'ont certainement aucun rapport avec la dégénération athéromateuse. En somme, il s'agit là d'une infiltration graisseuse consécutive des gaines lym-
(l) Cette opinion a été formulée déjà très-nettement par Rokitansky, en 183«. {Btritht, etc., loc> cit., 1857.)
118 DÉGÉNÉAAJION JAUNE DBS CELLULES.
phatiques et nullement d'une lésion primitive des parois Yasculaires. Le môme phénomène se retrouve dans le ramollissement cérébral par oblitération artérielle, dans la plupart des formes de la sclérose primitive ou secondaire, et, en un mot, dans des affections des centres nerveux trèsdiverses, mais gui ont toutefois ceci de commun, qu'elles déterminent la dégénération graisseuse des tubes nerveux. Le véritable caractère de ce phénomène parait avoir été soupçonné par Gull (1) et par Billroth (2), mais il a été mis en lumière surtout par M. Bouchard, dans ses belles études sur les dégénérations secondaires de la moelle épinière (3).
La description, qui vient de vous être présentée, de l'altération scléreuse en plaques disséminées est surtout relative à la substance blanche, mais elle peut s'appliquer également, d'une manière générale au moins, à la substance grise. Dans les deux substances, en effet, la névroglie est faite sur le même modèle, et les altérations qui s'y produisent ne diffèrent pas essentiellement. Aussi ne donnerai-je, d'après les observations que j'ai pu faire, une mention spéciale qu'aux modifications qu'éprouvent les cellules nerveuses, lorsque, par suite de l'envahissement de la substance grise, elles se trouvent comprises dans l'aire d'une' plaque de sclérose. Ces cellules ne sont pas le siège d'une prolifération nucléaire, contrairement à ce qui a lieu dans les mômes circonstances pour les cellules conjonctives dont les noyaux se multiplient habituellement, et c'est môme là un caractère qui, au besoin, conduirait à distinguer l'un de l'autre les deux ordres d'éléments ; elles subissent une altération particulière qu'on pourrait désigner du nom de dègénèration 'aune* en raison de la coloration ocreuse, parfois
fl) Cases of Paraplegia. In Guy' s Hosp. Reports, 3 e sér., 1858, t. IV.
(2) Arch. der Heilhunde, 3 jahr., p. 47.
(3) Bouchard. — Arch. g en. de m€d. t mars et avril 1866 ; Thèse eh Paris,