SEPTIÈME LEÇON
De la seltroM en plaques disséminées.
Bytoptomatologle*
Sokiiaimi. — BhtnM d*aspect de la sclérose en plaques disséminées, an point de me ctinique. — Causes d'errenra de diagnostic.
Examen clinique d'an oas de aeléfoee en plaques. — Du tremblement ; mo- t diSeationa qnfl impoae à récriture : caractères qui le font distinguer du ' tremblement de la paralysie agitante, de la cborée, de la paralysie générale et de nncoordination motrice de l'ataxie.
Symptômes cépbaliques* — Troubles de la vue : diplopie, amblyopie, nystagmns. — Embarras de la parole. — Vertiges*
Btat des m embre s inférieurs. — Parésie* — Rémissions. — Absence de troubles de la sensibilité. — Immixtion de symptômes insolites : symptômes tabétiqats; atrophia musculaire. — Contracture permanente* — Bpikpsie spinale.
Messieurs*
Nous avons décrit minutieusement, dans la leçon précédente, les lésions anatomiques de la sclérose multiloculaire des centres nerveux. Laissant donc de côté cette partie de son histoire, nous allons chercher aujourd'hui à vous faire connaître l'appareil de symptômes par lequel elle se révèle.
A. Il est remarquable qu'un état morbide qui possède un substratum anatomique aussi saisissant, aussi accusé, et qui, en somme, n'est pas rare, ait échappé durant un temps si long à l'analyse clinique. Rien n'est plus simple cependant, j'espère vous le montrer, que de caractériser, au lit du malade, l'affection dont il s'agit, du moins lorsqu'elle se présente dans son type de complet développement.
FORME CEREBRO-SPINALE.
Si l'on recherche quelles ont été les causes qui ont pu retarder l'apparition «le la sclérose en plaques dissémi] dans i nus Qosologiques où elle doit prendre place
à côtôdes autres formes, mieux connues, de la sclérose primitive des centres nerveux, il convient de signaler eu mior lieu la diversité d'aspects sons lesquels, dans la clinique, il est possible* de la rencontrer: rit là, es réalité, uneaffection polymorphe par excellence.
[/étude anatomo-ps^thologique pouvait déjà Caire pi sentir qui! en serait ainsi* Vous vous rappelez que plaques ou les îlots occupent quelquefois exclusivement la nmelle ; qûfl d'autres lois Us prédominent dans les hémisphères et le hulbe; qu'il est enfin des cas dans lesquels ils BQ&t répandus à la fois dans tous les départent très nerveux. Ces variétés de siège nous ont conduit à reconnaître, au point de vue anatomique, les trois formes suivantes : forme céphalique, forme spinale , forme miœte OU cérébro-spinale. Il était aisé de prévoir qu'à chacune de 066 formes répondrait un ensemble symptomatique particulier.
B. Concentrons tout d'abord, si vous le voulez bien, notre
attention sur la forme cérébro-spinale : c'est «railleurs à
tous égards la. plus intéressante, celle que vous auiv
iver le plus souvent dans la pratique. Eh bien! n.
WLérée dans ce seul type, l'affection peut prendre des
masques très-variés. Permettez-moi devou < l'appui
assertion une anecdote que me racontait tout ré-
cemment un de mes collègues.
Un médecin des plus dîstînpiés, mais peu familiarisé encore avec la symptnmalnlngje delà sclérose en plaques» était venu le visiter dans le service de clinique dont il est actuellement chargé. Tour lui faire honneur, mon collègue •nta à ce médecin un cas de la maladie nouvelle ; c'était un fort beau SpédmfiO de In forme cérébro-spinale. Le ma-
CAUSE D'ERREUBS DE DIAGNOSTIC. fil
Jade quittant son lit fit quoique pas dans la snllè.fcCéitttii atavique f s*écria le visiteur* - - PeuMtre, impliqua inOii colique; mais que pensez-vous des mouveittëîlte ttjrtfr* miques dont la iâtti et les membres supérieurs idtlt agités f — C'est juste, fit le visiteur. Il y a en outre âê là chorêé ou peut-être de la paralysie agitante, » Le malade fiiteflH suite Interrogé. Il répondit aux questions avec un embarras très-marqué dans la prononciation, en scandant les syllabes d'une manière toute spéciale, et souvent rémission des mots était précédée d'un lé^er tremblement des lèvltèSé « Je comprends, répartit le médecin, vous âve» voulu m'enibarrasser en me présentant un cas des plus oom-» plexes. Voici maintenant des symptômes qui appartiennent à la paralysie générale* N'allons pas plus loin } votre malade réunit peut-être en lui la pathologie nerveuse tout entière, »
Or, Messieurs, je le répète, il s'agissait là tout simple-' ment d'un cas, à la vérité très-complet, de ïa tnrme oérébrospinale de la sclérose en plaques.
G. La paralysie agitante est surtout la maladie avec laquelle cette forme de la sclérose en plaques a été le plus longtemps, et est encore, sans doute, le plus fréquemment confondue. Aussi, est-ce pour ce motif, à l'époque où nous nous efforcions de faire sortir la sclérose en plaques du chaos des myélites chroniques, que nous engageâmes If. Ordenstein, alors notre élève, à opposer dans un parallèle cette affection à la paralysie agitante, afin de mieux faire ressortir les contrastes (1). On sait comment M. Ordenstein s'est acquitté de cette tâche, et je n'hésite pas à déclarer que sa dissertation marque un progrès sérieux dans la clinique des maladies chroniques du système nerveux.
Dans ces derniers temps, M. Baerwinkel, médecin dis-
(l) Sur la paralysie agitante et la sclérose en plaques généralisées^ thèse de Patfs, 1867.