‹ Leçons sur les maladies du système nerveux v. 1, 1877Chapitre 86 sur 162 · TBOUBLKS DE LA VUE · texte numérisé non relu

TBOUBLKS DE LA VUE

rose en plaques généralisées. Une étude plus approfondira et plus circonstanciée du cas que nous avons sous les yeux va nous permettre de recueillir bien d'autres indices non moins précieux. Nous allons découvrir, chez notre malade, tout un groupe de symptômes que j'ai proposé d'appeler cêphalîques, par opposition aux symptômes spinaux. Ce groupe comprend certains troubles de la vue, de la parole et de l'intelligence.

A. Occupons-nous d'abord des troubles de la vision. Ce sont la diplopie, l'amlriyopie et surtout le nystagmus.

#. La diplopie, de môme que cela a lieu dans l'ataxie locomotrice, est un phénomène du début, en général tout à fait transitoire, mais qui mérite d'être signalé en passant.

&. VamUyojne est au contraire un symptôme durable» et d'ailleurs plus fréquent, de la sclérose en plaques cérébro-spinale ; je crois pouvoir affirmer que très-rarement, en opposition à ce qui s'observe dans la sclérose postérieure, elle aboutit à une cécité complète (1). C'est là une particularité digne de remarque, surtout si l'on songe que, après la mort, des plaques de sclérose occupant toute l'épaisseur du cordon nerveux ont été trouvées sur les nerfs optiques, dans le cas où, pendant la vie, on avait constaté un simple affaiblissement de la vue (2). Cette disproportion apparente entre le symptôme et la lésion constitue un des arguments les plus puissants que l'on puisse invoquer

(1) Dans une observation rapportée par M.Magnan (Archiv. de physiologie, t. II, p. 795), il y avait atrophie papillaire des deux yeux avec cécité complète.

(2) Observation de la nommée Aspasie Byr, communiquée par M. Vulpian. Cette observation est rapportée in extenso dans un travail de M. H. Lioaville intitulé : Observations détaillées de deva cas de sclérose en flots multiples et disséminés du cerveau et de la moelle épinière. (Mémoires de la Société de biologie, 1868, p. 231.)

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pour montrer que la continuité fonctionnelle d£9 tojra nerveux n'est pas absolument ^ interrompue, bien que ceux-ci, dans leur trajet à travers les plaques de sclérose, soient dépouillés de tour gaine de myéline pt râtoi$9 #u cylindre d'axe,

I/examen ophthalmoscopique, en général rendu Wadifflcile par suite de l'existence du nystagmus, fejt reconnaître, en pareil cas, tantôt une intégrité à peu près com- ' plète de la papille du nerf optique alors même que Famblyopie est cependant très-accentuée, tantôt une Jésjon partielle, tantôt enfin dans les cas rares ou I4 cécité est complète (1), une atrophie totale (coloration d'un blanc nacré, extrême ténuité des vaisseaux, etc.) avec ou sans excavation de la papille.

Tout se borne chez Mlle V... à une amblyopie assez prev noncée des deux yeux. L'examen ophthalmoscopique n*a permis de reconnaître ici aucune lésion bien déterminée. Un fait qui mérite d'être relevé, c'est que, chez elle, les apparitions d'éclairs, d'étincelles, ont précédé l'affaiblissement de la vue. J'ai noté le même phénomène dans plusieurs autres cas d'amblyopie liée à la sclérose multiloculaire.

c. Le nystagmus est un symptôme d'une assez grande importance diagnostique puisqu'il s'observe environ dans la moitié des cas. On ne le rencontre, que je sache, que très-exceptionnellement dans l'ataxie. Vous pouvez reconnaître qu'il existe chez Mlle V... accusé à un haut degré. Il s'agit là, vous le voyez, de petites secousses, qui font osciller simultanément les deux globles oculaires de droite à gauche, puis de gauche à droite, ou inversement. Il est des cas où le nystagmus lait défaut tant que le regard reste vague, sans direction précise, mais se manifeste tout à coup, d'une manière plus ou moins prononcée, aussitôt que les malades sont invités à fixer attentivement un objet.

(l) Observation citée par M. Magnan.

B. Un symptôme plus fréquent encore que n$l'£f$}$ nystagmus, — presque constant dans la sclérose pu^io? culaire cérébro-spinale, puisque nous le trouvons ^igggjg vingt fois sur vingt-trois cas que nous avons ;> fi^ység, riz c'est un embarras particulier de la parole que vq^s pog* vez étudier chez notre malade, dans son type de çoj&plef développement.

La parole est lente, traînante, par moments prévue ityfj)? telligible. Il semble qne la langue soit devenus # $r0£ épaisse » et le débit rappelle celui des gens avi&ég, ppë étude plus attentive fait reconnaître que les njpts PO&t comme scandés ; il y a une pause entre chaque syllabe, ç| celles-ci sont prononcées lentement, Il y a de ni&J{?$iûa dans l'articulation des mots, mais, à proprement P9?teFj rien qui ressemble au bégayement Certaines cQg^QQqggj

U existe chez Mite y, f , f jOair gp ypj pÔ#%l£ fiPP&fc? ter, we ^ïffioç > ^fsw 4aa$ Je» mouvements 49 & |a»t gue ; vous reconnaissez môme que, tirée hors de la bouche, elle est agitée d'UA tremblement très-manifeste. Il ne faudrait pas croire que ce soit là un phénomène coûtant et plusieurs fois j'ai reconnu que la parole pouvait être embarrassée à un haut degré, sans que la langue présentât la moindre trace de tremblement. Toujours d'ailleurs, du moins d'après mes observations, la langue conserve son volume normal et jamais je ne l'ai vue ridée à sa surface, comme cela s'observe dans certains cas de paralysie labioglosso-laryngée avec atrophie des muscles linguaux.

D'abord à peine appréciable, l'embarras de la parole s'aggrave progressivement pendant le cours de la maladie jusqu'à rendre parfois le discours à peu près incompréhensible. — Il est des cas où on le voit s'aggraver tout à coup, comme par accès, pour s'amender ensuite temporairement.

En somme, l'embarras de la parole qu'on observe dans la sclérose cérébro-spinale se rapproche, à beaucoup d'égards, du symptôme correspondant de la paralysie générale

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