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iiïdectomie, et que, si la première reste insuffisante, il faut en pratiquer une seconde.
Lorsque l'œil a pris un volume considérable (buphlhalmie); que la vision est à peu près abolie sans espoir de retour; que le globe, constamment exposé à l'air par suite de la non-occlusion des paupières, devient le siège d'inflammation avec ulcération de la cornée, il faut, pour mettre fin aux souffrances du malade, chercher à réduire le volume de l'organe.
On a proposé, dans ce but, plusieurs moyens. D'abord, on peut, d'après le conseil de Béer, pratiquer, après l'iridectomie, l'extraction du cristallin et d'une partie de l'humeur vitrée qui généralement est diffluente.
Dans le même but, on a conseillé la paracentèse delà sclérotique pratiquée à l'aide du couteau de de Grœfe et répétée nisqu'à ce que l'œil soit réduit suffisamment. En procédant ainsi, on évite la suppuration de l'organe et ses conséquences. Mais il faut joindre à ce moyen la compression pour hâter la résorption et éviter les apoplexies choroïdiennes.
On a également préconisé en pareil cas le séton filiforme (fil de soie laissé à demeure), afin de provoquer dans l'œil une inflammation capable de faire résorber l'excès de liquide. Mais ce moyen expose à la suppuration; aussi Flarer conseille-t-il de ne pas laisser le fil en place plus de M heures. On pourrait donner la préférence aux fils métalliques qui ne s'altèrent pas comme les fils végétaux ou animaux (fils d'or, de platine, de nickel, etc.). On pourrait aussi essayer le catgut antiseptique de Lister du calibre le plus fin. 11 offrirait l'avantage de pouvoir se résorber, une fois mis en place.
Bonnet, de Lyon (1), partant de l'idée que, dansl'hydroph-
(1) Bonnet, Gazette médicale de Lyon, 1855, p. 372.
DE LA SCLÉRO-CHOROIDÏTE ANTÉRIEURE. 243
tbalmie,.il s'agit d'une poche contenant, non plus de l'humeur vitrée normale, mais bien un liquide pathologique brunâtre et fortement albumincux, conseille de traiter l'affection par l'évacuation du liquide à l'aide d'une canule, suivie d'une injection iodée. On emploie parties égales d'eau et de teinture d'iode, avec addition d'un peu d'iodure de potassium.
Bonnet aurait tenté deux fois cette opération ; une première fois sans succès, mais aussi sans accident notable ; une seconde fois avec succès. Après des accidents phlegmasiques assez intenses, l'œil se mit à s'atrophier au point que, cinq semainos après l'opération, il n'avait plus cpie le tiers du volume primitif, et, cinq mois plus tard, celui d'une petite noisette. Il est à remarquer toutefois que la cornée, en partie transparente avant l'opération, était devenue tout à fait opaque; et chose plus grave, plusieurs mois après, le malade se plaignait de ressentir à des intervalles variables des élancements douloureux du côté de la tempe et de l'arcade orbi taire. Avec les idées actuelles sur l'ophthalmie sympathique, nous avouons qu'un pareil résultat nous paraît peu enviable.
Lorsque le staphylome, par son volume excessif et l'envahissement de la cornée, constitue une difformité choquante, en même temps qu'une souffrance perpétuelle pour le malade, on a proposé, non sans raison, l'ablation partielle ou totale du globe.
Sans doute l'excision de la partie staphylomateuse suivie de la suture d'après le procédé de Critchett et de Wecker, donne un moignon mieux disposé pour l'adaptation d'une coque en émail. Mais l'ablation totale, d'après le procédé de Bonnet, est une opération plus simple et plus inoffensive, en même temps qu'elle met plus sûrement le malade à couvert
des accidents sympathiques. Aussi nous lui donnons la préférence sur la résection partielle de l'œil, qui, entre autres inconvénients, expose à des hémorrhagies très-abondantes par suite de la diminution brusque de la tension inlra-oculaire, et à la suppuration du moignon.