‹ Leçons sur les maladies inflammatoires des membranes internes de l'oeil [electronic resource]Chapitre 17 sur 18 · PAS AS · texte numérisé non relu

PAS AS

m SEIZIÈME LEÇON.

Lorsque le slaphylomc est congénital, c'est-à-dire dû à un arrêt de développement, il est nettement limité sur les bords par un liséré pigmentaire, et dépourvu de vaisseaux choroïdiens. Au contraire, dans le staphylome acquis ou par distension, non-seulement la bordure est souvent moins régulière, mais il est fréquent de voir un ou plusieurs vaisseaux cboroïdiens traverser la plaque atropbique. Sclmabel, qui insiste sur ces caractères distinclifs, les explique en disant que, dans le stapbylome congénital, le pigment et le slroma choroïdiens font également défaut, tandis que, dans le staphylome acquis ou pathologique, le pigment épithélial manque seul, le stroma choroïdien fortement aminci, existant toujours.

Chose curieuse à noter, la région de la macula n'est jamais envahie directement par l'extension de la plaque atrophique principale. Lorsqu'elle est atteinte, c'est par un foyer isolé de choroïdite atrophique qui peut débuter par une apoplexie. Des foyers disséminés de même ordre peuvent se montrer sur d'autres points de la choroïde, et, se fusionnant entre eux, ils finissent, dans les cas graves, par former de larges plaques atrophiques.

Rarement la rétine elle-même devient le siège de ruptures ou d'hémorrhagies, malgré le violent tiraillement qu'elle subit, ainsi que le prouve la direction rectiligne des vaisseaux qui, de la papille, se rendent dans la macula.

Aune période avancée, l'humeur vitrée se liquéfie et renferme de gros flocons filamenteux. Il est probable que ces flocons tirent leur origine d'exlravasals sanguins provenant du corps ciliaire. Plus tard encore, le corps vitré, en ^organisant, revient sur lui-même et attire avec lui la rétine qu'il décolle.

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La dissection des staphylomes montre que la choroïde et les couches externes de la rétine (cônes et bâtonnets) sont atrophiées; les deux membranes se confondent entre elles. La conséquence de la disparition des éléments de perception de la rétine est une extension de la tache aveugle de Mariotte. Il est toutefois à noter que les fibres optiques conservent longtemps leur intégrité; ce qui fait que, si la partie atrophique de la réline est incapable de percevoir directement les impressions lumineuses, elle ne cesse pas de conduire jusqu'au nerf optique les impressions venues des portions plus excentriques de la rétine.

Le cristallin lui-même participe aux troubles nutritifs du tractusuvéal et du corps hyaloïde. La lentille devient alors le siège d'opacités qui se localisent de préférence vers le pôle postérieur.

Lorsque, au lieu de céder, la sclérotique résiste, on peut voir apparaître un glaucome consécutif. Celui-ci se caractérise bien plus par les troubles fonctionnels qui lui sont propres que par l'excavation du nerf optique qu'efface en partie ou complètement la sclérectasie postérieure. Ce fait n'est pourtant pas absolu, et l'on peut encore assez souvent rencontrer l'excavation glaucomateuse caractéristique. Nous avons vu parfois ce glaucome n'avoir qu'une durée transitoire, et aboutir rapidement au ramollissement avec phthisie aiguë du globe.

Symptômes. — 1° Symptômes locaux. — A l'examen ophthalmoscopique, on constate l'existence d'une atrophie choroïdienne siégeant en dehors de l'entrée du nerf optique, et constituant le slaphylome postérieur. Sa forme est presque toujours celle d'un croissant dont la concavité embrasse le

côté externe du nerf optique. À mesure qu'elle se développe, l'atrophie présente des formes différentes. Quand son axe s'allonge, elle passe de la forme en croissant à la forme semielliptique. Puis à mesure que l'atrophie tend à circonscrire

Piff. u.

Staphylomo posté rieur.

la papille, elle prend d'abord une forme semi-annulaire, puis tout à fait circulaire. Dans ce dernier cas, l'anneau reste presque toujours plus large au côté externe qu'au côté interne. Enfin, à mesure qu'il s'étend, il prend des formes de plus en plus irrégulières, et peut arriver à acquérir des dimensions de 3 à 6 millimètres. Bien que l'axe du croissant atrophique soit dirigé vers la tache jaune, il est cependant fort rare qu'il atteigne directement cette dernière qui, par le

DE LA SCLÉR0-C1I0R0ÏDITE POSTÉRIEURE. 229

fait do Peetasie de la partie postérieure de l'œil, s'éloigne de plus en plus de la papille.

Parfois la partie atrophiée est notablement cxcavéc, ainsi que l'indique la courbure des vaisseaux sur son bord externe; mais en général cependant cette courbure se continue directement avec celle des parties non atrophiées. La papille ellemême peut être le siège d'une excavation glaucomateusc, tantôt avec le crochet caractéristique des vaisseaux, tantôt sans caractères propres. De plus, elle présente généralement une forme allongée verticalement, cette déformation est en partie réelle, mais surtout en grande partie apparente. En effet, dans l'œil myope, la papille est déplacée en dedans, ce qui nous la fait regarder obliquement à travers la pupille, et nous la fait paraître rétrécie dans le sens horizontal.

Les vaisseaux rétiniens ressortent avec netteté sur la surface atrophiée; leur trajet est rectiligne, sans sinuosités, ce qu'explique la distension subie par la rétine. La direction rectiligne des vaisseaux choroïdiens, leur écartement plus considérable, indiquent aussi la distension et l'amincissement de la choroïde.

La région de la macula, avons-nous dit, est rarement envahie par les progrès du staphylome postérieur; mais il n'est pas rare de la voir prise isolément. On y constate alors une coloration blanchâtre due à l'atrophie du tissu choroïdien, et elle devient, comme la papille, un centre d'où la maladie se propage. L'ectasie voisine de la tache jaune et celle qui entoure la papille se portent l'une vers l'autre, se réunissent et finissent par envahir tout le fond de l'œil. Souvent en même temps surviennent des apoplexies choroïdiennes, des plaques blanches et jaunes, des amas de pigment, enfin tous les

signes de la choroïditc disséminée. Signalons enfin comme conséquences ultimes de la maladie la présence de flocons mobiles dans le corps vitré, le décollement de la rétine et l'opacité du cristallin.

Symptômes fonctionnels. — Le développement progressif de la myopie est le symptôme principal; souvent, dans les degrés élevés, il s'y joint de l'astigmatisme; notons enfin la présence des mouches volantes, l'asthénopie musculaire amenant à sa suite le strabisme externe, intermittent d'abord, puis confirmé, et enfin la crampe accommodative avec injection et rougeur du globe, dont nous avons déjà parlé. L'examen du champ visuel permet de découvrir les scotomes et le décollement rétinien; enfin, dans les dernières périodes, le malade devient tout à fait amblyope.

Marche. — Tantôt elle est lente, tantôt rapidement progressive. Un signe important à ce point de vue, c'est l'examen des limites du stapbylome ; si ses bords sont nets et bien délimités, la maladie tend à rester stationnaire; si, au contraire, ses limites sont diffuses et se continuent graduellement avec des parties plus claires et dépigmentées de la choroïde, on doit craindre la marche envahissante de l'affection.

Diagnostic. — Le diagnostic est facile. La seule difficulté consiste à reconnaître parfois l'excavation glaucomateuse à cause de l'ectasie du pôle postérieur.

Pronostic. — Le pronostic n'est grave que dans le slaphylome rapidement progressif, et surtout chez les personnes encore jeunes, à cause de la possibilité des accidents consécutifs. Il faut surtout ne pas perdre de vue la complication possible d'un glaucome d'une apoplexie de la macula et d'un

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décollement brusque de la réline, le plus terrible des accidents qu'on ait à redouter.

Traitement . — Celui-ci est prophylactique ou curatif.

Le traitement préventif consiste à éviter tout ce qui peut congestionner la tète, par-dessus tout le travail la tête penchée en avant et les yeux fixés à de courtes distances. Il importe aussi de se préoccuper de l'éclairage. Car on sait que certaines écoles mal éclairées sont devenues de véritables pépinières de myopes. On devra entrecouper le travail par des heures de repos; et enfin, si l'on craint le développement d'une scléro-choroïdite progressive, on conseillera le choix d'une carrière qui n'exige pas un travail fatigant pour la vue.

Comme moyens optiques, on aura recours à l'emploi de verres concaves pour le travail de près, afin d'écarter le punctum proximum et de diminuer la convergence des axes optiques. Mais ce moyen ne rend de services que si l'acuité visuelle est entière, à cause du rapetissement des images qui en résulte. En cas d'asthénopie, on emploiera des verres prismatiques à base interne.

Enfin, si à la myopie s'ajoute de l'amblyopie causée par des lésions rétiniennes, des opacités cornéales qui deviennent cause aggravante de myopie, ou des troubles du cristallin, on conseillera des verres de loupe n° 5 combinés à une fente sténopéique de 4 à 5 millimètres. Ce moyen, tout dernièrement encore préconisé par Badal, nous a rendu de réels services, alors que les verres de Steinheil nous ont paru fort peu avantageux, et d'une valeur beaucoup plus théorique que pratique.

Les moyens médicaux consistent dans l'emploi des laxatifs

et des déplétions sanguines locales, telles que ventouses Heurteloup et sangsues à la tempe, on pourra aussi avoir recours aux ménorrhéiques, aux sudorifiques (Jaborandi, décoction de Zittmann), surtout en cas de choroïdite disséminée, enfin aux révulsifs, aux pédiluves et aux exutoires au pourtour de l'orbite.

Ces divers moyens trouveront surtout leur indication, quand il y aura des signes de congestion et d'inflammation des yeux et de la tête.

Le traitement par l'obscurité et l'emploi, répété au besoin, du collyre au sulfate d'atropine, s'applique aux cas où il y a crampe accommodative.

En cas de signes gîaucomateux, on pratiquera l'iridectomie. Enfin, si l'on a affaire à une insuffisance des muscles droits internes ou à un strabisme externe confirmé, si les prismes sont demeurés insuffisants, on pratiquera la ténotomie qui devra porter sur les muscles droits externes.

D'après Bonnet, de Lyon (Ij, le degré de myopie diminue après la section tendineuse; cet auteur coupait le tendon du petit oblique ; l'opération de Bonnet ne trouve plus aujourd'hui d'imitateurs.

Pour le traitement du décoll errent de la rétine, nous renvoyons le lecteur aux leçons où il sera traité de cette affection.

(1) Bonnet, de Lyon, Traité des sections tendineuses et musculaires, Paris et Lyon, 1841, p. 219 à 278.

Sommaire.- De la sclérochoroïdite antérieure. - Synonymie ^symptômes fonctionnels; anatomie pathologique; diagnostic; pronostic; éliologic; traitement.

Synonymie. — On l'appelle encore staphylome sclérochoroïdien, staphylome ciliaire, hydrophthalmie, buphthalraie.

Symptômes analomiques. — Au début, on aperçoit sur la sclérotique un ou plusieurs foyers d'épisclérile, qui, contrairement au bouton bien délimité de cette dernière affection, offrent une injection mal délimitée, faisant parfois le tour de la cornée, en se dégradant.

Après un temps variable, l'iris perd de sa contractilité, la pupille s'élargit et devient échancrée, surtout vis-à-vis du point où siège la plaque rouge de la sclérotique; des synéchies partielles se produisent, la chambre antérieure augmente de profondeur, et l'humeur aqueuse devient trouble. Enfin l'injection sclérale se dissipe, et à sa place on voit apparaître une ou plusieurs bosselures bleuâtres. Celles-ci, situées toujours à quelque distance de la cornée (de 3 mill. al cent, et plus) sont dues à un amincissement progressif de la sclérotique et de la choroïde, sous l'influence de l'exagération de tension du globe, ainsi que le prouve la dureté anormale de l'organe.

Il est des cas où la période congestive est si peu accentuée

m DIX-SEPTIÈME LEÇON.

que les bosselures staphylomateuses et les troubles fonctionnels qui les accompagnent, sont les seuls signes caractérisant l'affection.

Symptômes fonctionnels. — Nuls ou à peu près dans la forme subaiguë ou chronique, les symptômes congestifs et douloureux s'accentuent dans la forme aiguë, au point do provoquer des névralgies ciliaires vives, de la photophobio et de la photopsie. L'acuïté visuelle baisse progressivement; plus rarement on voit survenir la cécité d'une façon brusque. Cela varie suivant que la sécrétion pathologique de liquide survient lentement ou rapidement, suivant que la sclérotique cède beaucoup ou peu à l'exagération de tension intraoculaire. Une autre cause d'amblyopie réside dans le trouble survenu dans les milieux transparents de l'œil, tels qu'opacité de la cornée, exsudats dans la chambre antérieure ou dans le champ pupillaire, perte de transparence du cristallin et de l'humeur vitrée.

A mesure que le segment antérieur de l'œil devient ectatique, le segment postérieur subit lui-même un refoulement; de là l'allongement de l'axe antéro-postérieur de l'œil et une myopie progressive qui peut devenir excessive, si l'amblyopie ne vient pas la masquer de bonne heure.

L'examen ophthalmoscopique pratiqué alors que les milieux de l'œil ont conservé leur transparence, permet rarement d'apercevoir les lésions choroïdiennes au niveau de la concavité du staphylome antérieur. La raison en est que le plus souvent celui-ci se trouve situé sur un point trop périphérique pour pouvoir être convenablement éclairé. Par contre, ainsi que l'a noté de Greefe (1), il est de règle, ou

(1) De Grœfe, Archiv fur Ophthalm., IV, p. 156.

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du moins il est très-commun de trouver une excavation du nerf optique qui contribue beaucoup à la perte de la vision.

De notre côté, nous avons signalé sur les plus jeunes des malades que nous avons observés, surtout chez ceux qui avaient porté leur mal dès la naissance, un croissant atropliique ou staphylome postérieur des plus nets.

L'éclairage oblique fournit à son tour des renseignements utiles, lorsque le staphylome antérieur a pris un développement suffisant. Pour le pratiquer, on dilate largement la pupille par l'atropine, puis on dit au malade de regarder de côté tant qu'il peut, et l'on projette à l'aide d'une forte loupe d'un pouce et demi à deux pouces de foyer un faisceau lumineux que l'on promène d'arrière en avant à travers la pupille sur la partie distendue de la choroïde. Le passage de la lumière sur les portions ectatiques se trouve naturellement indiqué par une transparence plus grande au niveau de la partie amincie des membranes.

Anatomie pathologique. — Ici, comme pour le staphylome postérieur, on peut se demander quelle est la part de la phlegmasie dans les altérations observées. Quoi qu'il en soit de cette queslion de pathogénie, les autopsies en petit nombre faites jusqu'à ce jour nous apprennent ce qui suit.

Au niveau du staphylome, on rencontre à peu près constamment une adhérence intime entre la choroïde atrophiée et la sclérotique amincie. L'atrophie choroïdienne peut être portée, d'après Schiess-Gemuseus (1), au point qu'il ne reste plus de cette membrane que la couche vitrée. C'est dans ces cas aussi que l'épithélium pigmentaire fait défaut,

(1) Schiess-Gemuseus, Virchow's Archiv, t. XXIV, p. 561 ; Arohiv fiir Ophthalm., XI, p. 51 à 68.

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et qu'il se trouve dispersé par ilôts, soit vers la périphérie

de l'excavation, soit dans l'épaisseur même de la rétine.

Quant à cette dernière membrane, elle se présente sous des états différents; tantôt elle adhère seulement au pourtour de la bosselure staphylomateuse, et est décollée dans le reste de son étendue; tantôt elle adhère partout à la choroïde, et, comme cette dernière membrane, elle se trouve réduite à ses éléments conjonctifs.

Le corps vitré est habituellement liquéfié, et en grande partie remplacé par un liquide jaune brunâtre, pouvant contenir de grandes cellules, parfois même des vaisseaux de nouvelle formalion.

L'appareil cristallinien est refoulé en arrière, parfois luxé et branlant, ou môme adhérent aux parties voisines à l'aide d'exsudats sous forme de fausses membranes. Le cristallin s'opacifie, et offre parfois une coloration glaucomateuse.

La cornée présente assez souvent une opacité, surtout vers la périphérie; et, au microscope, on constate une prolifération des éléments figurés de son tissu. Souvent aussi on voit entre cette membrane et la périphérie de l'iris une adhérence établie à l'aide d'une substance claire et striée.

L'iris, plus ou moins atrophié et quelquefois réduit à une trame fibreuse, peut se détacher du corps ciliaire, ou, au contraire, se confondre avec la portion eclatique de la sclérotique.

Les procès ciliaires, plus ou moins distendus et écartés les uns des autres, s'atrophient. Une fois, Schiess-Gemuseus a rencontré entre les procès ciliaires de petits kystes à contenu liquide.

Nous avons dit déjà que le nerf optique est habituellement

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le siège d'une excavation cupuliforme plus ou moins prononcée.

Berthold (1) a eu l'occasion de disséquer un œil allcinl de staphylome antérieur total de naissance, qui avait été énucléé sur une petite fille de quinze mois. Voici ce qu'il a noté :

L'œil pesait un peu plus de 18 grammes. D'avant en arrière, il mesurait 43mm, et 28,5mm en travers. Le diamètre vertical delà cornée avait 20 mill. et le diamètre horizontal, 16 mill.

La sclérotique était amincie et soudée à la choroïde dans le plan équatorial; partout ailleurs ces deux membranes étaient séparées par une mince couche de liquide. Le cristallin était aplati et opaque à sa face postérieure. La cornée était épaisse, et mesurait 4,5 "im mill. au cenLre, et lmm au niveau du limbe.

L'épilhélium cornéal était épaissi. Entre les couches stratifiées de la cornée existait un tissu de nouvelle formation composé de petites cellules. L'iris était réduit à une simple couche de pigment.

A la périphérie du corps vitré, l'auteur note une couche composée d'un amas de corps embryonnaires sphéroïdaux.

La partie postérieure du cristallin a une structure finement striée, et est parcourue par de nombreux vaisseaux embryonnaires anastomosés. La choroïde est atrophiée et la réline normale, à part une grande prédominance des fibres de Miïllcr. Le nerf optique est très-vasculaire. Dans l'espace vaginal, sur les trabécules larges de G p, se trouvent des cellules fiisiformes à grands noyaux, larges de 5 longues de 6

<\) Bertbold, Arcltiv fur Ophthalm., 1870, p. 169-202.

à 8 y.. Les noyaux de ces cellules se trouvent également dans le tissu connectif du nerf et dans la lame criblée.

Berthold se trouve conduit à penser que la cause de la buphthalmie réside dans un arrêt de développement des tissus.

Le siège de la scléro-choroïdite antérieure est la partie la plus mince de la sclérotique, comprise entre la périphérie de la cornée et l'équateur. Le point de pénétration des vaisseaux ciliaires antérieurs dans l'œil étant le plus mince est aussi le lieu de prédilection du slaphylome. La partie supérieure et l'interstice des muscles droits sont les points qu'affectionne surtout l'ectasie scléroticale.

Parmi ces staphylomes, les uns plus antérieurs occupent la région du canal de Schlemm et peuvent affecter une disposition annulaire. D'autres sont plus périphériques et situés vis-à-vis delà tête des procès ciliaires. Enfin, dans une troisième variété, l'ectasie se rapproche davantage de l'équateur ; l'iris et les procès ciliaires plus ou moins atrophiés se trouvent alors refoulés vers la cornée, au lieu de s'en éloigner comme dans les deux premiers cas.

Diagnostic. — Il est généralement facile, et, tant que l'examen ophthalmoscopique est encore possible, la confusion entre cette affection et un sarcome mélanique distendant l'œil est facile à éviter. — A cause de la dureté du globe, on peut, dans les premiers stades de la maladie et s'il existe de vives douleurs, se demander si l'on n'a pas affaire à un glaucome. Mais l'âge peu avancé des malades, l'augmentation de volume des parties antérieures du globe, la délimitation de la phlegmasie par foyers dans les points indiqués de la choroïde et de la sclérotique, et, plus lard,

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l'apparition de bosselures bleuâtres, empêchent toute erreur.

Lorsque la maladie a fait des progrès, il n'est pas rare de trouver le globe ramolli et comme fluctuant, tout en demeurant très-gros; ce qui différencie cet état de la phthisie de l'œil.

Plus rarement on voit les enveloppes se rompre et donner lieu à la production d'une choroïdite suppurative avec atrophie de l'organe.

Pronostic. — Que le slaphylome antérieur soit congénital ou acquis, il constitue toujours une affection grave, tendant à faire des progrès incessants.

D'après Ware (1), les cas d'hydrophthalmie congénitale guérissent parfois sans traitement : la cornée s'éclaircit, l'œil se rétracte, et s'il ne reprend pas son volume normal, au moins cesse-t-il de s'accroître. D'autres fois, le mal reste stationnaire jusqu'à la puberté; mais alors l'œil augmente brusquement de volume ; la pupille largement dilatée contracte des adhérences avec la capsule cristalline qui devient opaque ; l'iris se déchire par suite de l'allongement auquel il est soumis; la rétine perd sa sensibilité, et, au bout d'un certain temps, l'œil se ramollit et s'atrophie. Nous avions dernièrement sous les yeux, à l'hôpital de Lariboisière, un cas de ce genre. L'œil gauche du malade âgé de 38 ans était complètement phthisique; l'œil droit, au contraire, buphthalmique et à peu près amaurotique, était extrêmement ramolli, rouge et douloureux. Une paracentèse de ce dernier œil , qui laissaécouler une grande quantité d'un liquide jaune brunâtre, et des ventouses aux tempes, améliorèrent notablement la vision et firent cesser la rougeur et les douleurs.

<\) Ware, Ileniarkx on llie Ùphthalmy, Loudon, 1814.

Étiolôgie. — Souvent la scléro-choroïdite antérieure se montre sur des yeux myopes, conjointement avec le slaphylome postérieur. C'est ce qui s'observe surtout chez les sujets de huit à seize ans fortement myopes. La seule question à se poser en pareil cas, c'est de savoir si la myopie préexiste à rhydrophthalmie, ou si, au contraire, la myopie et le slaphylome postérieur ne sont que la conséquence de la sclérochoroïdite antérieure. On conçoit en effet que, dans le jeune âge, la sclérotique étant mince et extensible, l'action nuisible d'un étathyperlonique de l'œil se fasse sentir aux deux pôles antérieur et postérieur. Les effets de l'exagération dépression peuvent môme aller jusqu'à produire une excavation du nerf optique.

Des ophthalmies spontanées ettraumatiques, surtout quand elles siègent sur la cornée, l'iris et les procès ciliaires, peuvent se compliquer plus tard de choroïdite eclatique. Tel est le sens qu'il faut donner selon nous à l'influence de la scrofule et de la syphilis invoquées par plusieurs auteurs comme causes de scléro-choroïdite antérieure.

Traitement. — Il peut être médical ou chirurgical, et ce dernier doit varier selon les cas.

Le traitement médical n'est véritablement efficace qu'au début de la maladie, alors qu'il existe des signes inflammatoires évidents. Il consiste en ventouses ou sangsues appliquées à la tempe, sudorifiques, calomel, diurétiques, enfin repos des yeux dans un endroit obsc1".

En cas d'atonie, de cachexie et de lymphaLisme prononcé, c'est aux amers, aux ferrugineux, à l'huile de foie de morue et à l'iode qu'il faut avoir recours.

Quand rhydrophthalmie et le staphylome ont fait des pro-

I>E LA SCLËllO-CHOItOÏDlTE A.MÉHIEUHI:. ?„

grès, que l'œil plus ou moins bosselé tend à prendre la forme carrée, et qu'il , perdu de son acuité, il y a peu à compter sur le traitement médical, et c'est aux moyens chirurgicaux qu il faut s'adresser.

La paracentèse de la cornée, répétée au besoin, a été pratiquée avec un succès relatif par plusieurs auteurs (Nuck Beer, Mackenzie, Sperino, etc.). Gomme cette petite opération est ordinairement inoffensive, et qu'elle peut agir, ne fût-ce que comme palliatif, nous pensons qu'il est bon d'y recourir quand la douleur ne cède pas à l'emploi des moyens médicaux ou que la dureté du globe témoigne de l'exagération de la tension in tra- oculaire, Après chaque évacuation d'humeur aqueuse, il sera bon de comprimer l'œil à l'aide d'un bandeau et de recommander au malade le repos au lit, pour éviter une hémorrhagie ex vacuo dans l'intérieur du globe.

Si, comme cela arrive souvent, la paracentèse ne produit pas d'effet durable, on aura recours à l'iridectomie, qui, même dans les cas de slaphylome prononcé, a pu rendre parfois des services. Nous voyons encore en ce moment un homme de quaranle et quelques années, porteur d'un slaphylome scléral situé à la partie externe de l'œil droit, et offrant le volume d'une aveline. Nous lui avons pratiqué, il y a cinq ans, une iridectomie inférieure d'abord, puis une autre supérieure. Bien que, dès cette époque, le cristallin fût assez opaque au centre po ; ne pas permettre l'examen du fond tle l'œil, la double iridectomie a eu pour effet de rendre slationnaire la maladie, de diminuer le slaphylome et de faire disparaître complètement les douleurs. On voit, d'après cet exemple, qu'il ne faut pas toujours se contenter d'une seule

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