‹ Lecons sur les maladies mentales (volume 2)Chapitre 110 sur 201 · DE LA FOLIE CHEZ LES PII FIIISIQUES. 8S · texte numérisé non relu

DE LA FOLIE CHEZ LES PII FIIISIQUES. 8S

nutritives. L'appétit est nul; le pouls est faible et lent, et les malades une fois tombés en démence n'engraissent point comme les autres aliénés.

La durée de la maladie ne dépasse gu^re trois ans, et son pronostic est de la plus triste gravité, d'abord au point de vue mental, ensuite et surtout au point de vue physique. La terminaison est presque nécessairement fatale, et quand le malade guérit de sa folie, il meurt de phtliisie pulmonaire.

Cependant Schroder van der Kolk prétend avoir observé des cas de guérison complète, mais cet excellent homme était un optimiste incorrigible, et le scepticisme n'était pas au nombre de ses vertus.

Il nous reste à parler des lésions anatomiques de la folie tuberculeuse, s'il en existe. D'après Schiile, on trouve chez plusieurs sujets une hyperémie veineuse des méninges, avec anémie de la substance corticale sous-jacente. Le cerveau est pâle et œdématié, et présente, par places, unevascularisation irrégulière. Au microscope, on constate l'infiltration graisseuse et la rupture de quelques cellules corticales.

Un fait plus important, s'il est exact, est signalé par Glouston. Le poids spécifique de la substance grise serait extrêmement amoindri.

En somme il s'agit d'un cerveau pauvre, anémique, mal nourri, et ces conditions suffisent chez des sujets prédisposés pour déterminer l'explosion de la folie.

Quant aux oscillations si remarquables entre les progrès de la phthisie et la marche de l'aliénation mentale, elles s'expliquent par la grande loi pathologique de la révulsion. Une action morbide développée sur un point entrave la marche du processus morbide partout ailleurs. C'est ainsi,

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comme le disait notre illustre maître, le professeur Bouillaud, que l'apparition de l'endocardite dans le cours d'un rhumatisme articulaire aigu produit, sur les articulations malades, un effet analogue à l'application d'un vésicatoire.

Il me paraît donc absolument inutile d'invoquer, comme le voudraient certains auteurs allemands, une irritation portée tantôt sur les origines du pneumo-gastrique (phthisie), et tantôt sur celles du grand sympathique (folie). Est-il bien nécessaire de faire intervenir ici ces deux grands personnages pour jouer leur comédie accoutumée?

Quant au traitement, il est facile d'en poser les règles : sans s'occuper de l'état psychologique, il faut surtout songer à combattre la diathèse et ses manifestations locales.

Les analeptiques, le phosphate de chaux, une alimentation généreuse et facilement assimilable, les révulsifs et les hémostatiques, tels sont les principaux moyens que la thérapeutique met à notre disposition. C'est au médecin qu'il appartient, dans chaque cas particulier, d'en régler sagement l'emploi, sans se faire illusion d'ailleurs sur le sort qui attend le malade.

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