TRENTE-TROISIÈME LEÇON
DE LA DIPSOMANIE.
Sommaire. — Définition. -- DiiTérence entre l'ivrognerie etladipsomanie. — Opinion des auteurs français. — Opinion des auteurs anglais. — Trois variétés. — Dipsoman'ie aiguë. — Dipsomanie périodique. — Dipsomaiiie chronique. — Opinion de l'auteur : deux variétés principales. — Forme héréditaire et forme acquise. — Exemples. — Historique de la dipsomanie. — daractère des dipsomanes. — Prodromes des accès. — Phénomènes physiques. — Dipsomanes cyniques. — Dipsomanes mystérieux. — Intervalles, de sobriété. — Type quotidien. — Choix des boissons. — Ùomplîcatîons. — Causes. — Diagnostic. — Pronostic. — Traitement.
Messieurs,
Pour compléter rhistoire de l'alcoolisrae, je me propose d'y joindre la description d'une névrose spéciale qui, sans seconfondre avec lui, présentedes rapports tellement intimes avec cette intoxication spéciale, qu'il parait naturel de les rapprocher,
La dipsomanie (de ?î^o;, soif) a etc longtemps confondue avec l'alcoolisme et le delirium tremens ; mais nous savons aujourd'hui qu'elle constitue une affection parfaitement distincte. Avec la plupart des aliénistes, je donnerai ce nom à une névrose spéciale caractérisée par des accès impulsifs intermittents qui continuent jusqu'au moment où la crise, étant passée, la raison reprend son empire. La conduite du malade redevient alors parfaitement régulière, jusqu'à l'explosion d'un nouvel accès. 11 existe donc une profonde dif-
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férence entre rivrognerie et la dipsomanie. Cette différence a été fort bien exprimée par Trélat en ces termes : « Les ivrognes sont des gens qui s'enivrent lorsqu'ils trouvent l'occasion de boire, les dipsomanes sont des gens qui s'enivrent toutes les fois que leur accès les prend. »
Quant h l'alcoolisme, c'est une conséquence naturelle de l'empoisonnement chronique [)ar l'alcool. A la longue, les ivrognes deviennent souvent alcooliques ; les dipsomanes le deviennent presque toujours.
Ces points sont parfaitement acquis à la science ; mais, lorsqu'il s'agit de tracer les frontières de la dipsomanie, il existe une divergence marquée entre les observateurs anglais et les auteurs français.- «îx'pieyn g. -éw
Pour M. Foville, dont l'opinion est presque universellement acceptée en France, la dipsomanie est une névrose presque toujours héréditaire et toujours spontanée ; en d'autres termes, elle est absolument indépendante des habitudes des individus. Pour les auteurs anglais, il existe plusieurs espèces de dipsomanie, et Hutcheson, l'un des auteurs qui ont le plus approfondi la question, en distmgue trois variétés, .r , . ,
La dipsomanie aiguë succède à des hémorrhagies abondantes, aux excès vénériens, aux fatigues insolites, à la dyspepsie ; on la voit aussi se produire dans la convalescence des fièvres graves. Le sujet est pris alors d un besoin irrésistible qui le pousse îi commettre des excès alcooliques. La crise une fois passée, les accidents peuvent se reproduire ; mais la santé peut aussi se rétablir.
La dipsomanie périodique est caractérisée par des paroxysmes intermittents, séparés par des intervalles plus ou moins longs de sobriété. Elle correspond à la névrose décrite par les auteurs français.
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Enfin, la dipsomanie chronique est un état presque constant, sans intervalles de lucidité : le malade s'abandonne tous les jours à ses penchants vicieux ; tous les matins, quand il s'éveille, il déplore ses excès et se promet d'y renoncer ; mais, h mesure que la journée s'avance, ses résolutions faiblissent, et le soir, il est gris comme de coutume. A ce portrait, nous reconnaîtrons la plupart des anciens ivrognes chez lesquels l'habitude a créé une passion tyrannique qui les tient enchaînés. '*'"'' "
Pour moi, je prendrai volontiers une position intermédiaire entre les observateurs anglais et français, et j'admettrai deux variétés principales de la dipsomanie ; ce sont la forme héréditaire et la forme acquise. Dans la première, le malade, victime d'un penchant congénital, retombe fatalement dans les mêmes excès, par suite d'une impulsion irrésistible. Dans la seconde, un homme primitivement sain, acquiert, pour ainsi dire, un penchant fatal, un vice de conformation morale, par l'effet d'une longue habitude. Voilà pourquoi nombre d'ivrognes sont absolument incurables. Ils se sont créé un besoin factice qui, de temps en temps, se traduit par des impulsions irrésistibles. Les deux malades dont je vais vous parler aujourd'hui, peuvent être pris, chacun dans son genre, pour des types de ces deux variétés. '^^^ ^^ tfiyiJ'ji;.jjp ay neb sejônc
Parlons d'abord de la malade qui présente le type classique de la dipsomanie, celui de la névrose impulsive et spontanément développée. 'L ^^^1*^^11 a^i ^niib ail.
Il s'agit d'une femme de trente-deux ans, née d'une famille distinguée et qui a compté plusieurs membres très inteUigents, mais en même temps des aliénés en assez grand nombre. Son cousin germain est interné à Sainte- Anne depuis quatre ans.
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Sur ce terrain prédisposé, la dipsomanic a éclaté brusquement à l'occasion de sa première grossesse, il y a neuf ans. Elle était enceinte de trois mois, quand les premiers accidents se sont manifestés.
Dos qu'un accès la prend, elle s'échappe de la mai.-on pour se livrer à ses penchants. Toutes les boissons alcooliques paraissent également lui convenir; elle ne manifeste aucune prédilection spéciale. Une fois sortie de la maison, elle erre de cabaret en cabaret, dépensant follement l'argent qu'elle a emporté et donnant en gage les objets qu'elle a pris chez elle. Un jour, au Palais-lloyal, elle a mis la montre de son mari en gage pour deux verres d'absinthe; une autre fois, elle a donné une valeur de 600 francs pour une consommation de 40 centimes. C'est le seul objet qu'on ait jamais pu retrouver. En effet, lorsqu'elle s'échappe de la maison, elle est toujours parfaitement vêtue et elle emporte tout ce qui lui tombe sous la main : de l'argent, des bijoux, du linge et d'autres objets. On la retrouve quelque temps après complètement dépouillée et presque en état de nudité, soit parce qu'elle a follement dépense tout ce qu'elle avait, soit parce qu'ellq s'est laisse voler pendant son ivresse. Jamais elle ne revient spontanémeiit ; eUe est toujours ramenée par les agents de police. Depuis huit ans, elle a été arrêtée dans tous les quartiers de Paris, trois, quatre ou cinq jours après sa disparition. Une fois, les mômes agents l'ont ramenée ivre morte à deux reprises et à trois heures d'intervalle dans la ninine journée. La plupart du temps, elle passe les nuits dehors, môme par le Iroid le plus rigoureux. Elle a perdu trois fois son jeune enfant (]n'elle emmenait avec elle.
En 1874, elle a été [)lacée chez un de ses parents, médecin en province. Elle y est restée quinze mois, pendant
lesquels elle a contiinio .ses excès, malgré la surveillance dont elle était l'objet. ,:,f .j
Elle a été placée deux fois à Sainte-Anne, où elle entre pour la troisième fois. ^^ dernière admission a été motivée par un troisième accès, qui s'est manifesté le 22 janvier der" nier. Elle s'est emparéç d'i^iî^ demi-litre d'esprit de vin acheté pour les nettoyages, puis elle, est partie après avoir enfermé à clef sonrnari.et la p.çr$onn,e qui était chargée de la surveiller. Après avoir,, v^gabo^dé pendant huit jours, elle a été. arrètéç h^^^eif^ l^enres du matin, dans la rue, et conduiteà la Préfect.i,i^{e^,jid'pit,p^^ ôst.arrivée à Sainte-Anne.
Pendant la dii^é^^jditSj ^çc^^^ spUiplutat lorsque l'accès est terminé, elle est atteinte d'une ajamésie. complète, elle ne se souvient de rien,,, aiisj^j la, famillq est-elle nbsoUnnent incapable de, savoir çp,,pi iS'j:;^A,{]4§§4- .Ge .sont les renseignements des agents de police, qui seuls peuvent éclairer la situation.jj^;^^^^.| ,.^^ fj j5tfj3îfi ^pp^q^i pnb g-îcHàb •'■
Dans l'in ter yalle des açcè?5,.QUe e^t,,trè3 douce, très affectueuse et très intelligent,^. î;i!(3,eslf cependant sujette à des crises^e lypppiai?ic^^^,ye^^i^ a réussi
une foisç malgré,,Jc| survp^l|^Açe,dpRt, e^^ ftait entourée, à se jeter f)ar^ la fenêtre, gllç s'^ç^t, frjaqUir^? Je^.deux cuisses et
^'^^V{^#ô^f^N^f ,eJni£ilnoo 9,timi ob Bvlil !nn-
Actuellement, Ia,mçlc^çl^,,^^Inaqe.p;jraiue privation absoïue de boissops ak^^ complètement rai-
sonnable. Jll^ rougit du ^ençl^ant irrésistible qui l'entraîne aux excè?. akooHques, ;Olle, lo ^déplore et voudrait mourir pour s'y soustraire. Toutefois, i.l est certain qu^e, rendue Lia liberté, elle reprendrait iipmédiatemei^tses anciennes habitudes. L'expérience a déjà été tentée à plusieurs reprises. Nous sommes doneiçi en présence d'un véritable cas de dipsomanie, et nous savons de science certaine que la ma-
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ladic est absolument incurable et que la malade est destinée à terminer ses jours dans un asile, bien qu'elle jouisse de l'intégrité complète de ses facultés intellectuelles. Vous voyez ici le type de la première variété.
Le second malade nous présente un type infiniment plus fréquent. Il s'agit d'une dipsomanic acquise chez un homme qui a commis depuis longtemps de graves excès.
Le malade est âgé de cinquante et un ans ; c'est un typographe extrêmement intelligent et qui ne présente point d'antécédents héréditaires. 11 parle plusieurs langues et fait preuve d'une grande habileté dans sa profession. C'est seulement à l'âge de trente-six ans, en 1864, qu'il a commencé à manifester des goûts alcooliques. A'I'époque de son mariage, en 18o6, il était excessivement sobre et ne buvait que de l'eau de houblon. Il commença par boire du vermouth en dehors des repas. Bientôt, il prit l'habitude du vin et parvint rapidentient à en boire un litre à son déjeuner. Il faisait' en riiêmc temps abus de café.
Quelques années plus tard, f imprimerie dans laquelle il était employé ayailt cessé de'lrhvkîller, il partit pour l'Angleterre, où il resta pendant trois' mt)is,'èàiis sa femme; et là, se sentant libre de toute contrainte, il se mit à boire du gin, du whiskey et d'autres Spiritueux, tlevenu plus tard à Paris, il fut garde national pendant le siège, et, comme beaucoup d'autres, il chercha à suppléer ii l'insuffisance de la nourriturepar l'abus de Fàlédol. Le siège terminé, il conserva ses habitudes, et c'est à partir de ce moment que la di[)Sonianie a véritablement commencé.
Pendant une période de deux à trois semaines, il se met à boire; il t'entre chez lui, le soir, dans un état d'excitation extrême et cherche ci battre sa fenmie; fort
heureusement la force physique lui manque. Il a cependant essayé une fois de la frapper avec un couteau. L'excitation calmée, il se met au lit sans manger, l'appétit
;, étant complètement nul.
Dans les derniers jours de la crise alcoolique, il tremble continuellement et finit par ne plus pouvoir travailler ni même sortir. Obligé de se renfermer chez lui, privé de boissons alcooliques, il reste au lit pendant quatre ou cinq jours et finit par se calmer. C'est alors qu'il fait aJï)pl^ provision de bonnes intentions, .r -^q,, .,,-.,1 r.rrrrr.. <r u.n
•. Pendant une période de deux à trois semaines, il reste absolument sobre ; il se désaltère avec une forte infusion de quassia àmara, et ne boit pas une goutte de vin, ni de liqueurs ; mais bientôt un sentiment do faiblesse s'empare de lui et, pour se remonter, il prend un petit verre. A partir de ce moment, il est complètement perdu, il retombe dans ses excès et parcourt toutes les phases d'une crise nouvelle.
Les accès de dipsomanie ont été quelquefois séparés par des intervalles plus longs. Vers la un de son séjour en Angleterre, il s'était fait admettre dans une société de tempérance, et, pendant trois mois, il resta absolument sobre; mais dans ces derniers temps les crises se sont rapprochées, et depuis neuf mois il est resté presque constamment en état d'ivressevoiboJè naid omAm-hil n;
"'J' Depuis quelques mois seulement, il a perdu le sommeil ; il s'agite constamment dans son lit, parle tout haut et paraît éprouver des hallucinations de la vue. Il voit défiler devant lui les sages de la Grèce et les grands hommes de l'antiquité romaine. Il n'a presque jamais vu d'animaux ; quelquefois ses hallucinations sont terrifiantes, il lutte violemment avec les fantômes qui l'entourent.
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En dehors de Taccès, c'est un homnae intelligent et doux ; pendant rattaqne, au contraire, il devient très redoutable. Il est qucrelieur, méchant, il cherche chicane h tout le monde, souvent il essaye de violenter sa femme et de la fra{)per. Enfin, il éprouve de vagues impulsions au suicide^ mais jusqu'ici toute son ardeur s'est évaporée en [)aroles. C'est sur sa propre demande qu'il est entré à Sainte-Anne ; il a parfaitement conscience de son état et veut absolument se guérie: ^i^îl h up 8ioiB '
Cet homme nous présente le type achevé de la seconde variété de dii)Somanie : celle qui n'est point héréditaire, mais qui s'acquiert par les excès. Il ne s'agit pas ici de la tyrannie de l'habitude, si fréquente chez les ivrognes de profession; nous sommes en présence d'un sujet qui éprouve des accès intermittents séparés par des intervalles de sobriété. Ce ri 'est pas u'h ivrogne, c'est, je lo répète, un dipsomane^ du moins au sens des Anglais. Si la névrose dont il est atteint est le résultat de ses habitudes, elle n'en est pas moins une névrose ; mais n'anticipons pa:^ sur la di:?cussion que nous nous proposons d'aborder plus loin.
Messieurs, il peut vous sembler étrange, au premier abord, qu'une affection aussi bien caractérisée ait échappé aussi longtemps à rattentiou des observateurs ; mais l'alcoolisme lui-môme n'a été bien étudié que depuis une vingtaine d'années. Jusqu'à l'époque où Magnus Huss a créé cotte expression immédiat(Mnent acceptée par tous les pathologistes, il existait de nombreux travaux sur les détails de la question, mais point de travail d ensemble. 11 n'est donc pas étonnant que le delirium tremens et la dipsomanie n'aient été connus que dc[)uis le conmiencement du siècle; mais l'historique de la dipsomanie
est assez intéressant pour nous arrêter un instant (1).
C'est en \8\1 que Salvatori, médecin italien, établi à Moscou, communiqua à la Société do médecine de cette ville un mémoire' en latin dans lequel il décrivait assez exactement les sf ni{)lôiîies et la marche de la dipsomanie. A ce travail intéréssaht et parfaitement' original, il joignait quelques erreurs regretràtilës'. '
Deux ans plds tard, en 1»19, un autre membre de la Société de médecine dé^l\îbscou, 'B'rubl-Gramfer, publiait à Berlin', éti langue' allemâride, un excellent travail sur la matière," datis lequel il n'est pas faît'une seule fois mention du mémoire de Salvat'ôHl'Orj if est absolument^ impossible d'admettre cfuè l'auteur allemand^ qui faisait partie de la Société de médecine de Moscou, n'ait point eu connaissance du travail de son prédécesseur, et l'on trouve dans son ouvrage des prèLivés intrinsèques qui' "{Permettent d'afflrmer, sans la moindre hésitation, qu'il le connaissait parfaitement. Il est doncévidentqu'irc-i dh'erché aCs^ttribuer le mérite d'une découVérte qui né lui appartenait pas ; mais si hbùs blâmorls 'énergiquement cette mauvaise action, noUé'dfevori§téïidi:^é7List1dé''a'ùx'qualï^^^^^ de l'ob-
servatètîr,- l:Jùi' 'a 'è^redsé ïa- tjùe^iori' bréiV ^tit^ 'profondément que sOn'ptédécéèséitr'èt'r^ù^e défendre contre les erreurs que celui-ci avait commises. '^^^^^ ^"^
Le travail de Briihl-Cramer a 'eu liti retentissement légitime en Allemaghé ; mais, bien que Stœber'ait publié, en 1824, ùh mémoire surMté question, dans lequel il désigne cette affection sous le nom d'œnomame^ce n'est que depuis letraVàll d'Ésquirol, publié en 1838, que là' dipsomanie est connue e'rl France. MàrcV en ^840, a publie une excel-
(1) Nous empruntons ces détail)-, à l'intéressant travail de M. Foville, Archives générales de méckcinp, octobre 1807.
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lente étude médico-légale sur la question. En Angleterre, la dipsomanie a attiré l'attention d'un grand nombre d'observateurs, parmi lesquels nous citerons surtout Hutcheson, Garpenter, Anstie, Forbes-Winslow, Ghristison, I3ucknill et Tuke. Enfin les travaux de Morel, de Marcé, de Trélat et de M. Foville ontachçvé d'éclairer la question, et l'on peut aujourd'hui considérer la dipsomanie, comme un des points que nous connaissons le miçi^x, en pathologie mentale.
Messieurs, je crains d'avoir fatigué votre, attention par ces détails historiques ; mais il n'ç^t pc^s^sc^s ji^térêt deyoir comment une maladie, qui doitayoir existé depuis, |ps temps antiques, a pu rester latente pc,ndî^f]it,,çJ^^.;Longs,.3iècle^ et n'arriver à la lumière que de^nps jo^yrs,^. car,^^es ^çi^niers travaux qui en ont fi^é les iîontpufs,^Pf,i^t absolument
récents. ^^ ^^f^ ^^ »Tijq9;iei^bM'îrt nn?, sh iiKVBt'
Arrivons maintenant.ciux jcôj^s pratiques et cliniques de
la question. ^ ^ j;.,,^ noitnfrR^ri onhnîorrr bî p.m
La plupart des dipsomane90,r\t,[\m, caractère à pai^f; ,ce sont des excentriques, et la ligne de [çuv, .conduite, ^st loin d'offrir une courbe régulière. IlS|^,9i\t bizarres, emportés, souvent cruels et quelquefois^ Pflmpl(;;tp,^^eqf.,,a^énp^.,'}■Qutefois, il est des malades dont ri^itçUigçncQ paraît absolument normale et ne présente, a.ucunç. irrégularité, daps^'interyalle
des accès. ^o^'rrnrno.'^ tif>vc io-iuh*> f). •
L'approche do la criçe e«t marquée par des prodromes qui ne font guère défaut que dai)s les ças.absoUmient aigus. Le malade éprouve un malaisç,,\agu,e; il est inq\)ic>t,, \l^ des terreurs sans, motif, il se laisse envahir par,l;?,.triàle^se et manifeste souvent des jdées de Siijjçidç. Voilà pourquoi, sans doute, M. Magnan (l), ^^ms un article récent,, consi-
(I) Archives de neurologie , t. h"', p. ri?.
dère la dipsoraanie comme une variété do lypémanie. C'est là,.^ïiessieurs, une erreur radicale; car si l'on devait réunir sous le nom de lypémanie tous les états psychologiques caractérisés par la dépression, il n'y aurait plus lieu d'établir des catégories distinctes en médecine mentale. La dipsomanie est une névrose dont la marche, l'évolution et les symptômes la distinguent nettement de la lypémanie. Elle en diffère également par ses symptômes physiques, et, s'il fallait lui trouver une place dans le cadre des anciennes classifications, nous aimerions mieux, avec Esquirol, l'appeler; wo?2oma^(e c?6 l'ivresse^ et la ranger parmi les délires partiels, i .fîni^s/^r rr ol Jifi^no-^t '
rMais poursuivons notre élude clinique. Aux troubles psychologiques que nous venons de signaler se joint tout un cortège de phénomènes physiques. On constate d'abord un sentiment de faiblesse musculaire qui contribue à produire une incapacité de travail dont l'état moral vient aggraver l'intensité. Le sujet éprouve une tendance aux syncopes; enfin il est tourmenté par des phénomènes dyspeptiques qui vont éveiller bientôt l'impulsion morbide. Le malade songe à boire, soit pour rétablir l'appétit languissant, soit pour reprendre des forces, soit enfin pour échapper à la tristesse ou à des malaises plus pénibles encore, J'ai connu un officiiez, anglais qui avait, été expulsé de l'armée des Indes pour cause de dipsomanie ; interrogé pendant un intervalle de lucidité, il, m'assura (comme le font presque tous les dipsomanes) qu'il n'a\ait aucun goût pour les spiritueux €t même que la saveur de. l'eau-de-vie lui était fort désagréable. 11 buvait, disait-il, pour échapper à un sentiment de terreur accablante et sans motif. Lorsqu'une fois il était en proie à cette angoisse, rien ne pouvait Tempêcher de boire et sa volonté était absolument paralysé^^^ ^,fl,
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Cependant, chez la plupart des dipsomane», la résistance est possible au début, mais bientôt la crise s'aggrave, l'impulsion devient irrésistible et le malade entre en fureur'^ quand on s'oppose à ses volontés. Pour satisfaire sa passion, il a recours aux stratagèmes les plus divers. Tel malade que j'ai connu buvait l'eau de Cologne qu'il dérobait à sa mère; tel autre vidait le contenu d'une lampe h alcool. L'officier anglais dont je \'ous ai parlé avait un tel désir de guérir*' pendant ses intervalles lucides, qu'il s'était fait enfermer dans une maison de santé pour triompher de lui-même;'' mais, quand raccès"survenait, il corrompait les domestiques et trouvait le moyen de satisfaire sa passion. L'un des'l exemples les plus curieux de cette tendance à se tromper soi-même est celui d'un homme fort distingué, qui, aprèâ" la mort de sa femme, est tombé dans la dipsomanie. Pour se corriger, il avait fait venir chez lui une de ses cousine^^ et lui avait remis la clef de la cave; mais on s'aperçut bientôt que, malgré la surveillance de cette dame, il continuait à s'enivrer. On cherchait, do tous côtés, à découvrir la ma-»'nièredontil se procurait des boissons spiritiieuses lorsqu'un beau jour on s'aperçut qu'il s'était fait fabriquer une fausse clef, grâce h. laquelle il pouvait déjouer les précautions qu'il avait prises contre lui-même.
Une fois que le dipsomane s'est mis h boire, il est lancé sur une ponte où il ne peut plus s'arrêter (I); non seulement il arrive promptement à l'ivresse, mais souvent il s'abandonne aux débauches les plus cra[)ideuseîi et les plus inscTi* secs. 11 oublie toules les obligations^ tous les devoirs d^r
(I) Je connais iino danm anj^laiaiî qui est priic d'un accôâ prolongô de (lip.^oiiiaiùe luulcs les fois qu'il lui arrive île prendre un verre de vin au de {goûter à une boisson alcooli(|ue ijuelconiiuc. PtMul ml les intervalles lucides, elle ne boit jamais que de l'eau.
67 > ^^^mm^ tox^q^ces.
n'importe quel prix, tq]iiMm\ ^i^iji^.j^tfTQ^p.^o/^^.l^lflf^^.^n .-,^e.T^,utefois., il,.ç^ttj(Jj9^ j(J^i,p^9^^i>jQ5;^uj.,^i[^$^r,y0pl.^pcore jsme certalne.rêt^^ijft„^(il.'qi? i^Mli^qt ^giM'd.l^g.^^vj^qy^en .o^^ux classa :i]ç3.j^»^i^/^./^tif^? mjH^J'i^^^^'<f\pA\ ?:\m\ eb
cafés, donnant partout le spectacle , de,, ^oiii;}i v^^e,§^.^(^t,.. ac-
.ceptant le pçcmier, !^i^(i;iPM^'9Ç.Q/^^pagapn, ^Çi.spi) prgie.
^s AîMiiô rappQiUf)j.};Qbîi^ii]vafefii ,^nV;i?i,;gr(][pa ,Wîii^fec}iArier
?.nAu-.nurf;4G| Fx^ngleMnr^i q^^i^.Sfi^i ..(Aent^ffRÇrr^ ntfs^nps ssiêto^iaqeèâ 4^ .diipsorpaûi^vAUi^itijS'^^^^^^ pubiigueipjBnt no^Vjec.4es .filtea 4Q^;lWu^aj§e^^^ i?fti^.i^uc,i|n.-5QJifpi..dej, sa sihiFjépittatioï), ftV dfl fiS^ . .^ffai pes . i :Iji'aQçè^. . dw'f^ijt, , Qft vÂ,çpii, rsix afnlieiBaiiies. ynqufoi^.te ^r,i$^ t^r,mii,>^,e:,.,ili;V^<^vei]aU un giiiïPiïinievr€spectablqiet.repnenaitJ.a (Ç^MJte^idpM^s^.tvav^ix,
jiB3Qomi«esi:Tiçn n'hait ^rçi^^fji/^h elffr-a ob opîfîfîo onn fîj? onuj(lies sujets, de qette espèce sont é.videmra^nt inconscients ôjîjdsn§nU.Be. P^^talne . jflcs^^i'e, . ^tiiC?' ^s^, s^uiHout ,çlaç:?, ejiii^^ q^'on josûbserVie.; (?eUei| mnnésie , alcpoligue dont .^014$ ,^y,afl&<>(^éjà ojj'pa/rfe y!i^)i^.utçuV;^nwiQvi,iQ, GrojLchett^rlf^n; ^;^pport^,>un i exempile';singu]ien. -Un fermier, dip^Qn3pM.i|evJpaaiahabii^ en
affaires, s'était aperçu qu'au sortir, 4'M'f'^iPi'i^Til'P.^^'^^^^'^ . jntail :Scm\{enii'i des, naarclîés q.n'^,.a,M5ijt.»çcmQl<iilSi peç^nt la ^.oij^urée d^^^e^icès akoûlique^>»qni.oe l.'jepçipêC|liaipntpqiat de .siltravailler comme deiCout^mie. .Jl.^n étaitiï&ulté.plu^id'iine Gfî'Jaisrî'desk perHeS'. M^iieusef ^r jtt ^^ait< , !dp:,nQ ^r,i^» , ][ haj^jtude, bfidout; ew -bu vant^^ îijJîQter,.sfîf up,uleusi3rnei]t mV\ ^0^] papnet - f; î tout/ ) ctitqui 9^djippp#l'fi^ti;'aiui,r,qjLie3ftiiH)Si iidlange^it}. au ^^)èfiwtâs^MdQ'i4aiiç^rise^J)fî§e^i5ijév^i^ait^i.pQUL\aiQ^^^^
perdu tout souvenir.4^rç;^|q;^{li.yi^'^^\^l)pai3^^P,,^p^j^fç^^^er- 1 notant, mt. hmoi^mg^à .écrit. . qv^i M, .pe^:metuit . 4'en{iîetenir ,9'Kjl'oirdpe*eHa .régulanité: ihj^ ges ,c(>û^pttep».v,t ;îiof9up[9ijp
DK LA rjii'S0MA5:<!i:. 673
La malade que je vous ai présentée est un exenaple remarquable de cette forme d'amnésie. -^^^P '^^
Les dipsomanes mystérietrx' on pudiques s'enveloppent, au contraire, de procautioris et cherchent h garder le secret de leurs habitudes. Plus d'utie existence régulière en apparence est traversée par des crises dont personne n'a jamais soupçonné la gravité. JtMayg« bi Juoj-iijq juiiii.'iîjb ,8oifl:
J'ai connu un homme actif, intelligent et très entendu aux atfaires, qui habitait dans un quartier convenable et bien tenu. Rien ne trahissait la moindre irrégularité dans sa conduite, sauf des absences assez fréquentes, assez faciles à comprendre chez un célibataire, et pendant lesquelles on ne savait jamais où il était allé. Ceux qui auraient cherché à suivre sa piste l'auraient trouvé dans un logement sordide et sans meubles, où il se grisait, solitaire et silencieux, assis sur une chaise de paille devant une table boiteuse. Telle était la liaison mystérieuse qui motivait îjon absence. Aucune femme n'était môlée à l'affaire, ce qui explique sans doute pourquoi le secret a été si bien gardé, jusqu'au moment où une maladie grave et promptement mortelle est venue déranger ses précautions et révéler le' vic^ qu'il avait si longtemps dissimulé;"^'* "^^ up ^JV'tyqfi JiiiJ» « rc^juaii.}
Mais l'accès de dipsoniànie rie'd^i^e 'pas éternellement. Après une période très' variable, quelques joui-s, quelques semaines, quelques mors (Esquirol), le malade s'éveille, l'impulsion est calmée, le i*epenlir arrive. Il est accompagné d'une dyspepsie souvent assez intense et d'un profond dégoût pour les boissons. 'Souvent, comme notre typographe, le malade se prive absolument de liqueurs femientées pendant toute la durée de la période lucide.
Les intervalles de sobriété ont une durée variable, ils sont
quelquefois très prolongés. Pendant mon internat à Bicétre,
(374 I3ES FOLIES TOXlQt'ËS.
W'^6h6Wè^Më-éei établissement était sujet à des accès de dipsomanie qui revenaient périodiquement tous les six mois. Je l'ai vu, pendant huit ou dix jours, dans un état indescriptible ; revenu à la raison, il ne buvait jamais que ie, L'eau jusqu'au retour de l'accès suivant. 'upH .rjr.rjt
Mais, dans la plupart des cas, à mesure que la maladie devient plus ancienne, les périodes lucides deviennent plus courtes, les accès plus fréquents. On arrive alors au type quotidien des auteurs anglais, dans lequel le malade se grise tous les soirs et se repent tous les matins, formant alors des résolutions de sobriété qui durent jusqu'aux premières heures de l'après-midi. -f^ lï
Le choix des boissons varie suivant les individus. Le dipsomane, en plein accès, s'empare de tout liquide alcoolique qui lui tombe sous la main ; mais, quand il est libre, il accorde généralement la préférence aune boisson particulière.
Pour les uns, c'est l'alcool sous ses formes diverses: le kirsch, la chartreuse, l'eau-de-vie et surtout l'absinthe ; pour les autres, c'est le vin tantôt rouge, tantôt blanc. J'ai connu un journaliste qui, dans ses accès, s'enivrait avec d'énormes quantités de vin rouge ; je laime à la folie ^ disait-il, et il prétendait en avoir bu jusqu'à 24 litres en un seul jour. On voit aussi certains dipsomanes se griser avec de la bière ; enfin, il faut réserver une place d'honneur aux buveurs d'éther sulfurique, qui sont incontestablement de vrais dipsomanes, et aux sujets qui s'enivrent avec le chloroforme, soit par voie d'inhalation, soit môme par ingestion directe. Il est bon de savoir que ces derniers ont souvent payé de leur vie leur imprudence. hbJsho'j
Signalons rapidement les complications qui peuvent accompagner la dipsomanie. On voit cet état s'unir souvent à une vivo excitation génitale, surtout chez les femmes, qui
CAUSES DE LA J>11'S0]\IAME. C7o
'sant quelquefois atteintes d'une vérital^le fureur utérine pendant leur accès de dipsomanie.
-111 On voit d'autres sujets présenter dans ces circonstances un penchant irrésistible au vol, au meurtre, ù l'antluopopliagie. Esquirol cite le cas d'une idiote qui, après des excès alcooliques, était atteinte de pyronianie. Mais ce qu'on observe le plus souvent, en pareil cas, c'est Tinripulsion au
'.suicide.
' " (Voyons maintenant quelles sont les causes qui déterminent cette forme singulière de délire impulsif. 11 faut, en pi'emier lieu, signaler l'hérédité comprise dans le sens le plus large. Il ne s'agit point seulement, en effet, de l'hérédité directe et similaire ; mais on peut rencontrer chez les ascendants d'un dipsomane toutes les variétés d'aliénation mentale et toutes les perturbations que peut nousoQVir le vaste domaine des névropathies . La dipsomanie se présente alors sous la forme d'une névrose héréditaire, obéissant à la loi de transformation qui régit un si grand nombre de cas semblables, et qui modifie, chez les enfants, le type morbide dont leurs parents ont oifert l'exemple. nurm
Viennent ensuite l'alcoolisme et les abus habituels. Il s'agit ici de la dipsomanie acquise, forme acceptée par les auteurs anglais, et qui n'est point généralennnt admise par les observateurs français. Nous nous sommes expliqué déjà sur ce point. Nous croyons qu'il est, parmi les ivrognes de profession, des sujets qui conservent encore un certain degré de liberté et qui peuvent, par un elFort de volonté, se soustraire à leurs habitudes, pourvu toutefois que les circonstances les favorisent. Il est éviden t qu'on ne doit point les confondre avec ceux qui subissent dans toute son étendue la tyrannie de l'habitude, et qui, sans ôtre des dipsomanes spontanés, ont Uni par perdre leur liberté morale et par
?9fî3rnonèr{q 8.9b ,ènaol.' î!]rou.,jt iitf >i ,>:ioJfi 97i8£ffo np, é^roiiy^rd^ te^i^ps en jtemp^ des besoins aDsolLinientirresis-
qf)|^sj}Ufjei|dent leur guérison impossible.;^ l^^^[
Nous signalerons ensuite toutes les ca-^ses d aïïaiïïîisse-
m^l^vjti'ét^t puerpéral, les hemorrhagies abondante^^ les
grands traumatismes, i;insolation (Browne), enfin les excès
d^,,toyai}^;)e& chagrins, les .a^nxi êtes poignantes peu-
yeiît éy^UÎe^ cette disposition morbidexhez leSjSuje^^^^^^^
r^mmm^^^ et bien ponants. ^.J „,i^;^/'';,^j'4
oGhez le? femmes, il f^ut tenir compte de toi^s les antece-
dents de h vie i^énitale; la menstruation est souvent Foc-
c^iond|Ç, pareils désordres ; la ménopause, à son^touF;, peut marquerle début ,d,e la dipsomani^ : qn la voit se produire che? les nouvelles accouchées, chez les femmes en état de grossesse, enfin pendant la lactation. Le goût très prononce dp la plupart des nourrices pour les boissons alcooliques n'est peut-êtrepas toujours une simple questioh de gourmandise. Enfin, chez les deux sexes, les débuts de l'aliénation mentale sont souvent marqués par une crise de dipsomanîe. Esquirol a rapporté l'histoire d^une dame atteinte de folie
intermittente,. et dont les accès étaient toujours précèdes
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dune période pendant laquelle elle manifestait un penchant
ii:resistible a 1 lyrognerie. On sait que les débuts de la para^
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lysi.e geoerale sont très souvent marques par une tendance
analogue. ,, .,. . ^
Est-il difLlcile d'établir le diagnostic de la dipsomanieT II, semble, au premier abord, que rien n'est plus facile que dç, ^econixaitre lin penchant morbide qui vient, pour amsî dire, se dénoncer lui-même; et pourtant, n^sVencontroi),^ ici co^nme ailleurs des difficultés très^réçlles.^^ ^ c^n^oi/i 1 ,,Sachons d'abord le, reconnaître, il eU' des dipsoiianes ayv W^WtAV:bl^n eur penchant qu'ils pjtrvienaent' a endormir tous les soupçons.
D1AG>0STIC DL LA UU'SOaiANIE. 677
.On observe alors, à un moment donné, des phénomènes étranges, bizarres, et lorsqu eniîn on es! 'èur ni piété' tte ralcQolisme. c'esVen^survèilïa'nt âè^ti^ès'Vï^è'^^^ys'kd^^ l'on parvient Quelquefois à surpr*ëncfi^fe*léli^^'sèWeti' '"*'
.Mais, dans les cas'oû'la (Imsomanlé' ''^*àfè'(iuyè!'*o^véW¥ment, il faut, avant tout, savoir la distinguer des excCî^'qiir marj^uent souvent leaebiîi de la folie'et sdrfoht cib Î.1 ]iarH^-* lysie générale. G*est*la'niarche"utt^rïéiir'e de Ici rtinladiè qVri' pourra^ surtout ici, noiis écïàitef. Oi'aWt 'iii d'i'agrtosfFc' immédiat,' iC sera forlcJe* siir'ïes 'ï<ntécéden((s''dti*'niàîade, sur rinterniitténcé nettement accentilée des'Icfrisbs'àWô'o'-^' ligues^ enuh, sur les troubles physiques èfp^pl'ii^t'àésqm se manifesteront de bonne heure chez ivn'Vêrirabld àTîéhé;^ Le dipsomajie, en efiet, ne présente aucun aéiiré en dehors^ de 1 ivresse, qui resuite directement de ses excès, et unifflois défrise, il est pariaitement raisonnable, et bien portant en général, sauf la dyspepsié'qui esl la côi^âeqûôiWirnnié'i
gênerai, saut la dyspepsie'
diate de ses habitudes.
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^.rt^nlp, il ne faut pomt confondre les aipsomanes avec les ivrognes dé profession. 6éux-ci'se livrent a l'a bôiâsdri Voiit'es les lois du ils en trouvent l occasion ; mais ils n éprouvent poiut cet irrésistible besoin, fruit, le plus souvent, d une predisposition héréditaire nui tyrannise le sîiiet au point de lui faire perdre toute liberté morale, sans cependant agir siit les facultés du raisonnement et de rintelligence. "'"'' ^''^^ Touteljpis, nous admettons avec Tes Anglais que 1 ivrognèrie finit par créer ce beèoin impulsif, ùv nous diridns
f^-y? .ii'Hj nru/ tiin 'phi.h.i'i I"!,i;'.'um' Mil j^i,^,' -■ .i.
volontiers que 1 un des plus grands dangers qui menacent 1 ivrogne, c est de devenir dinsomane.
Le pronostic de la dfpsomanie est'a1)sôrumeh'tdl^àeip6rÉJ' surtout Idrsqu il s agit du vice héréditaire ex î^pontane, et non a une lialVituile âcqû^^so/ïaliiiVis'ceémala'desWïë g^^
sent, et cependant les moyens de traitement sont aussi variés que nombreux.
Il faut d'abord s'attaquer à la dyspepsie, conséquence habituelle des excès alcooliques, d'autant plus que, selon les Anglais, certaines formes de dyspepsie sont une prédisposition des plus puissantes à la dipsomanie. On prescrira le nitrate d'argent, les révulsifs, les toniques„|iy^er?>, enfln un régime approprié.
Les amers ont été préconisés aussi comme agissant directement contre la névrose. On prétend avoir obtenu de bons résultats de l'emploi delà strychnine et de la noix vomique. Quelquefois l'opium a déterminé une amélioration momentanée. Enfin, l'hydrothérapie, nettement indiquée dans toutes les affections nerveuses, semble destinée à rendre ici des services réels.
Mais, de tous les moyens mis en usage, il n'en est qu'un seul dont l'efficacité soit absolument certaine, c'est l'isolement, c'est la séquestration. Privé de sa liberté, sevré des stimulants alcooliques dont il ne sait se passer, le malade revient à une raison parfaite et tourmente le médecin pour obtenir sa sortie. C'est alors qu'il faut s'armer de fermeté ; car, s'il est une chance de salut pour de tels malades, elle se trouve exclusivement dans une séquestration longtemps, je dirais presque indéfiniment prolongée.
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