FOLIE CIRCULAIRE
D'après Bebries, dont les conclusions reposent sur une statistique qui embrasse 17 000 observations, sur iOO aliénés, il en est 12 qui meurent dans le premier mois, 7 dans le second, G dans le troisième. Plus tard, la mortalité est beaucoup moins accentuée, mais, d'après Hagen, elle serait encore cinq fois plus forte que chez les gens sains- d'esprit.
Nous avons ici une réserve importante à faire : on doit d'abord éliminer du cadre trois maladies éminemment graves qui faussent les résultats : ce sont la paralysie générale, le délire aigu et l'alcoolisme doublé du delirium iremens. Ces trois affections, en effet, sortent des rangs de l'aliénation mentale proprement dite, pour venir se ranger naturellement parmi les affections organiques de l'encéphale. Cette radiation une fois opérée, "on constate que, pour les vrais maniaques, la mortalité, quoique toujours notable, est beaucoup moins considérable. Il est important de noter que les aliénés proprement dits meurent surtout par les maladies de l'appareil respiratoire, la pneumonie, la phthisie, la gangrène pulmonaire; ils semblent plus spécialement disposés à contracter ces affections et mal préparés à leur visite.
11 est une dernière considération dont nous devons néanmoins tenir compte. L'âge des malades influe d'une manière sensible sur la terminaison de la folie. Quand elle éclate po^ir la première fois chez les vieillards, elle est souvent mortelle, et cela sans l'intervention d'aucune maladie intercurrente.
Nous avons largement fait la part des chances défavorables qui menacent la vie chez les fous ; il convient maintenant d'insister sur les circonstances qui plaident en sens inverse et de remarquer que les vieux aliénés paraissent admirable-
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ment supporter la folie, au point de vue de la santé générale de l'économie. Plus d'un vieux meuble, oublié dans quelque coin d'un asile ou d'une maison de santé, semble faire partie intégrante de l'établissement ; il en est qui comptent cinquante ans de folie sur soixante-dix ans d'existence.
Cette question préalable une fois discutée, nous arrivons aux véritables problèmes qu'il s'agit de résoudre. On peut les réduire à deux chapitres principaux :
1° La folie est-elle curable ?
2° Quels sont les cas favorisés?
A la première de ces deux questions, je réponds : Oui, la folie est curable et bien plus souvent qu'on ne le croit parmi les gens du monde, surtout si l'on élimine la paralysie générale qui se présente dans des conditions exceptionnellement graves.
Quant à la proportion des guérisons, elle est extrêmement difdcile à établir ; chaque observateur a ses poids et mesures, et, pour parler en toute sincérité, rien n'est fait encore, tout est à refaire sur ce point. On peut cependant admettre que, dans les cas de vésanies simples, on obtient la guérison dans près de la m.oitié des cas.
Mais il faut serrer la question de plus près et entrer dans quelques détails.
1°^^^. — Plus un aliéné est jeune, plus il a de chances de guérir. Sans doute la guérison s'observe même chez les vieillards, mais elle est plus difficile et moins complète, et, passé une certaine époque de la vie, l'intelligence une fois fois ébranlée ne regagne jamais le terrain perdu dans toute son étendue. D'ailleurs , un grand nombre de vieillards, aux époques avancées de l'existence, sont bizarres, intrai-