B. BALL
PariSj le 1" août 1880.
PEÉFACE
Ce livre est le résumé des leçons que j'ai professées, en 1875 et 1876, à la Faculté de médecine de Paris. Il est destiné à présenter aux élèves, sous une forme élémentaire, les notions de pathologie mentale les plus indispensables à la pratique de la médecine.
Notre époque semble offrir, à cet égard, une singulière contradiction. Jamais, peut-être, la psychiatrie n'avait été représentée par un aussi grand nombre d'hommes éminents ; jamais, peut-être, l'esprit du siècle et les tendances du mouvement scientifique n'avaient été aussi favorables à ce genre de travaux ; et jamais le public médical n'avait paru, dans son en-
VIII PhÉFACK.
semble, aussi complètement étranger à cette branche de nos. connaissances. 11 est vraiment pénible de constater combien nos élèves, combien les médecins eux-mêmes sont restés indifférents aux progrès de la pathologie mentale, et combien leur éducation demeure incomplète sous ce rapport. On dirait que, loin de suivre à cet égard deux lignes parallèles, les aliénistes et les praticiens se sont engagés dans deux voies diamétralement opposées : tandis que les uns s'enfoncent de plus en plus dans leurs études de prédilection, les autres en détournent absolument leurs regards, et paraissent abandonner le terrain sans réserve aux spécialistes.
11 est cependant peu de questions qui se présentent plus souvent, et sous une forme plus menaçante, aux hommes qui cultivent notre art. A chaque instant, un diagnostic à établir, un pronostic à formuler, un rapport à rédiger, viennent mettre le médecin en face de ces problèmes redoutables qui touchent de si près à l'honneur et au repos des familles, et aux intérêts les plus immédiats de la société. Est-il toujours possible, en pareil cas, d'exciper de son incom-