‹ Leçons sur les maladies mentales (volume 3)Chapitre 13 sur 275 · ÉCOLE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

ÉCOLE FRANÇAISE

breux élèves, dont le plus célèbre fut Beneke, qui, tout en modifiant quelque peu les idées du maître, les défendit avec résolution.

On comprend plus facilement l'opposition vigoureuse que de telles doctrines devaient soulever. L'école somatique allemande, qui s'efforce de prouver que toute folie tient à des lésions physiques, eut pour chef Nasse, le célèbre professeur de psychiatrie de Bonn. Il fut suivi par Friedreich, Vering, Amelung et plusieurs autres psychiatres dont je ne veux point énumérer les noms. Mais le plus vigoureux partisan des doctrines somatiques est Jacobi, qui, dans son ardeur à chercher des lésions chez les aliénés, devint, on peut le dire, le fondateur de la folie sympathique. Il cherche, en effet, des lésions extra-céphaliques pour justifier l'explosion de la folie, qui devient alors une simple manifestation des maladies organiques.

Il fut suivi dans celte voie par l'illustre et vénérable Schrœder van der Kolk, qui, dans son ouvrage sur l'aliénation mentale, établit deux divisions : la folie cérébrale et la folie sympathique, et la part qu'il attribue à cette dernière est de beaucoup la plus importante.

Sans aller aussi loin, nous pouvons dire que l'école somatique a remporté aujourd'hui une victoire complète, et que ses doctrines, représentées par le traité classique de Griesinger, sont universellement adoptées en Allemagne. En un mot, la psychiatrie, comme l'a dit Krafft-Ebing dans un ouvrage récent, a conquis enfin sa place parmi les sciences naturelles.

Mais il nous faut revenir en arrière. Historien des idées, je n'ai point cherché à suivre l'ordre chronologique, et pour mettre face à face les deux doctrines les plus diamétrale-

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