‹ Leçons sur les maladies mentales (volume 3)Chapitre 14 sur 275 · PINEL. ESQUIROL · texte numérisé non relu

PINEL. ESQUIROL

ment opposées, j'ai dû laisser un instant dans l'ombre les origines de notre école française; — de cette école qui, pendant si longtemps, a dominé la science, non seulement en France, mais dans le monde entier. 11 est temps maintenant d'y revenir ; il est temps d'analyser les principes qui ont servi de base à notre éducation, de suivre les déviations progressives qui nous en ont insensiblement éloignés, et de constater enfin à quel point nous sommes actuellement arrivés, et c'est par cette étude qu'il convient de terminer cette leçon.

Esquirol et Pinel, ces deux noms à jamais inséparables, représentent pour la postérité les mêmes idées, le même système ; le maître est complété par l'élève, le philosophe par le clinicien ; et malgré quelques différences de détail, l'accord est complet, sur tous les points fondamentaux, entre ces deux esprits, si bien faits pour se comprendre et pour se compléter.

Quand on parcourt pour la première fois le traité de Pinel^ on se demande comment ce petit livre de quelques centaines de pages, et qui n'a eu que deux éditions, — ce n'est pas un succès de librairie, comme vous le voyez, — on se demande comment ce petit livre a pu opérer une révolution si profonde. C'est que, derrière le livre, il y avait un homme; un homme d'un esprit véritablement supérieur et d'un caractère éminemment sympathique ; — un homme, enfin, doué de cette précieuse faculté de former des élèves, qui constitue le moyen le plus sûr et la plus noble manière de parvenir à la postérité.

C'est surtout au point de vue du traitement des aliénés, c'est au point de vue humanitaire et pratique que les efforts de Pinel ont frayé une voie nouvelle. Le moyen âge éprouvait pour les fous une répulsion instinctive; quand il ne les

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