‹ Leçons sur les maladies mentales (volume 3)Chapitre 189 sur 275 · TROUBLES UE LA MOTILITÉ DANS LES MEMBRES · texte numérisé non relu

TROUBLES UE LA MOTILITÉ DANS LES MEMBRES

du système des muscles de l'œil ; ils peuvent quelquefois reconnaître la paralysie générale pour cause.

Nous arrivons maintenant aux troubles de la motilité dans les membres supérieurs, qui, d'après M. Lasègue, seraient les premiers à ouvrir la scène. Gomme le fait justement observer l'éminent professeur, c'est la perte des mouvements délicats qui vient la première. Un artisan ne sait plus travailler, un peintre ne sait plus dessiner, un musicien ne sait plus jouer de son instrument; enfin, pour citer un symptôme trivial, mais caractéristique, le sujet ne peut plus se boutonner ni remonter sa montre. Ces détails, bien que vulgaires en apparence, ne sont point sans intérêt au point de vue clinique. C'est souvent par là que le malade reçoit son premier avertissement.

Cependant, au début, la force des mains paraît conservée. La pression du dynamomètre accuse un degré élevé, et le même individu qui ne peut plus continuer son métier, portera de lourds fardeaux et pourra serrer vigoureusement la main de l'observateur. Plus tard, la faiblesse arrive et l'époque de transition est marquée par une détérioration très remarquable de l'écriture qui saute aux yeux les moins exercés. Ces notions sont résumées par Westphal dans une formule générale. Ce sont surtout, dit-il, les mouvements intelligents, ceux dont la finesse est acquise par l'éducation, qui sont troublés ou perdus les premiers.

L'affaiblissement de la force musculaire, à une période plus avancée de la maladie, est souvent accompagné d'un tremblement des mains que l'on constate, comme chez les alcooliques, en plaçant les doigts dans l'extension.

J'arrive aux troubles de la locomotion dans les membres

inférieurs. Ils présentent une évolution analogue à celle que nous venons de décrire.

Au début, les malades paraissent robustes ; ils présentent même une certaine exagération du mouvement.- Ils font de longues courses, ils semblent infatigables; mais, à les regarder de près, on constate certaines irrégularités. Ils ont de la lourdeur dans la marche ; ils avancent la taille cambrée, les jambes écartées, et tombent lourdement d'un pied sur l'autre. Si, au milieu de leur course, on les appelle brusquement, ils éprouvent une certaine difficulté à changer de direction. Ils ne peuvent plus pivoter sur leur axe; ils oscillent quelques secondes avant de partir. Les militaires ne peuvent plus marquer le pas, les danseurs perdent leur souplesse : ce sont les qualités professionnelles qui disparaissent, comme nous l'avons déjà vu pour les membres supérieurs.

Ce sont là des phénomènes du début ; mais à une époque plus avancée, quand les accidents sont plus manifestes, on peut diviser en deux grandes classes, d'après Westphal, les troubles de la motilité des membres inférieurs. Chez les uns, c'est le type de l'ataxie qui domine ; ils se font remarquer par l'incoordination de leurs mouvements et lancent leurs jambes en marchant comme les ataxiques. Chez les autres, c'est la paralysie, ou plutôt la parésie qui domine. Ils fléchissent sur leurs jambes et certains d'entre eux sont complètement paralysés. Mais ce qu'il importe avant tout de remarquer, c'est que ces accidents peuvent se rencontrer chez des sujets dont la moelle épinière ne présente aucune lésion et chez lesquels le cerveau seul peut être incriminé.

Viennent enfin les troubles du côté des sphincters, qui sont tantôt resserrés, tantôt, au contraire, absolument

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