‹ Leçons sur les maladies mentales (volume 3)Chapitre 200 sur 275 · ADHÉRENCES · texte numérisé non relu

ADHÉRENCES

mère. C'est alors qu'apparaît une lésion des plus caractéristiques ; ce sont les adhérences de cette membrane à la surface des circonvolutions. Les couches superficielles de substance corticale sont en effet arrachées avec la pie-mère, et leurs débris se retrouvent à sa face profonde ; mais ces adhérences n'existent qu'au sommet des circonvolutions, et jamais elles ne se rencontrent au fond des sillons intermédiaires. Les pertes de substance ainsi produites ont une forme très accidentée, et le cerveau, dépouillé de ses membranes, ressemble à la figure d'un sujet gravé de petite vérole. La surface des circonvolutions saines est lisse et parfaitement régulière.

Ces lésions peuvent occuper la base aussi bien que la surface convexe du cerveau. D'une manière habituelle, comme l'a fait observer M. Luys, elles sont discrètes et non confluentes : cependant cette dernière disposition s'observe quelquefois.

Notons ici que les adhérences correspondent à une perte de substance, à une atrophie réelle. On aurait tort de supposer que les ulcérations qui succèdent à l'enlèvement de la pie-mère sont le résultat d'un simple arrachement mécanique. En effets si nous faisons macérer dans une solution d'acide nitrique au dixième la cerveau encore revêtu de ses membranes, on voit, après la disparition ou l'enlèvement de celles-ci, des dépressions irrégulières plus ou moins profondément gravées à la surface des circonvolutions, et dont la présence montre bien qu'il existait en ces points malades une véritable atrophie ou perte de substance (Grichton- Browne).

La localisation de ces adhérences est exactement la même que celle des lésions méningées. Un seul et môme procesfus pathologique donne lieu h l'opalescence de Tarach-

noïde, à l'épaississement delà pie-mère et à ses adhérences avec le cerveau.

Ces lésions sont donc localisées de préférence aux lobes fronto-pariétaux, et d'après Grichton-Browne, elles ne se rencontreraienty«w«25 aux lobes occipitaux. Cette assertion est trop absolue, et nous avons eu l'occasion, dans le courant de l'année, de vous montrer deux autopsies dans lesquelles des adhérences manifestes existaient à la partie postérieure des hémisphères. Mais il est parfaitement exact de dire que dans l'immense majorité des cas il n'en est pas ainsi ; et l'on doit tenir le plus grand compte de cette loi de fréquence relative, qui localise aux régions antérieures les lésions de la paralysie générale.

Il est extrêmement important de remarquer qu'au milieu de tous ces troubles qui indiquent l'existence d'un processus morbide très actif, jamais ou presque jamais on ne trouve de pus dans les méninges (1). On ne saurait exagérer la portée de ce caractère négatif, qui sépare nettement la paralysie générale de certaines affections plus ou moins voisines.

Mais, ce qui est plus grave encore, les adhérences, ces lésions caractéristiques de la maladie, peuvent manquer complètement, et cela, d'après les auteurs anglais^ dans un cinquième des cas. Il en serait surtout ainsi dans les cas chroniques, dans les formes frustes ou sans aliénation. Quelquefois ces lésions sont remplacées par une sorte de relief irrégulier: « On croirait, dit Wilks (2), à une urticaire du cerveau. »

Pour éviter toute erreur dans la recherche des adhéren-

(1) Mendel a cependant trouvé deux fois du pus dans les méninges. Ov. cit., p. 42.

(2) WestRiding Asyhm Reports f]S16, p. 193.

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