MORTALITÉ
Mais il faut à certains égards établir des catégories. Si l'on en croyait certains auteurs, la différence serait formidable, et si vous consultez d'autres statistiques, les résultats sont complètement opposés. C'est que l'on a \oulu réunir des choses qui ne se ressemblent en rien. Il faut d'abord éliminer les paralytiques généraux; en effet, ce sont des sujets atteints d'une maladie organique de l'encéphale qui aboutit presque fatalement à la mort dans un temps déterminé. Il faut également éliminer les déments atteints d'une altération de l'encéphale, le ramollissement par exemple. On comprend que dans de telles conditions les murs lézardés peuvent céder au moindre choc, et entraîner l'effondrement de l'édifice.
Après avoir écarté tous les individus atteints d'une affection matérielle, il nous reste les véritables vésaniques, et ces derniers ont des chances de vivre presque égales à celles des autres hommes, lorsque le suicide n'intervient pas.
Il est enfin une distinction très importante à établir. La mortalité est plus grande dans la période active de la folie ; elle diminue dans la période d'état.
Mais si les aliénés meurent par l'effet de leurs maladies, quelles sont les causes occasionnelles de la mort? Ils peuvent succomber à toute espèce de maladie intercurrente. Il semble naturel de supposer qu'ils doivent mourir surtout par le cerveau; cependant ce n'est point par là qu'ils périssent le plus souvent; on voit beaucoup de ces sujets succomber à des trouble strophicjues, lorsque des phénomènes de gangrène partielle viennent les atteindre ; mais il est un appareil qui a surtout le privilège de causer plus spécialement la mort chez les aliénés, c'est l'appareil de la respiration.
L'une des causes les plus fréquentes de la mort, c'est la
196 DE l'état physique des aliénés.
pneumonie à forme congestive. A côté de la pneumonie il faut citer la gangrène pulmonaire, dont M. Foville a signalé la grande fréquence chez les aliénés.
Enfin, la phthisie pulmonaire vient souvent terminer la scène, comme elle le fait si volontiers dans toutes les maladies des centres nerveux.
Messieurs, dans cette description générale, j'ai forcément laissé de nombreuses lacunes ; je tenterai de les combler lorsque plus tard nous étudierons en détail les principales formes des maladies mentales.