OBJECTIONS
point trouver de -lésions et qui sont presque gênés quand ils en rencontrent.
Dans la seconde, nous placerons la plupart des modernes, qui désirent vivement trouver des lésions et sont gênés quand ils n'en rencontrent pas.
Dans la troisième enfin, il faut ranger ceux qui, sans tenir compte de leur prédilections, se laissent guider par les faits.
Or, les faits, il faut bien le dire, semblent ici donner raison à tout le monde, aussi bien à ceux qui aflirment qu'à ceux qui nient l'existence de lésions matérielles dans la folie. Sans doute, il faut bien tenir compte de l'imperfection des méthodes et de l'insuffisance de nos moyens d'examen. Mai;s ce qui est encore plus important que les faits euxmêmes, c'est la manière de les interpréter, qui diffère absolument selon l'école à laquelle appartiennent les observateurs.
Entrons donc dans cette discussion et voyons quels sont les principaux arguments invoqués par ceux qui veulent conserver à la folie le caractère d'une névrose pure. On peut les réduire à quatre objections fondamentales.
I. Les lésions anatomiques observées chez certains aliénés se rencontrent aussi, nous dit-on, chez les gens sains d'esprit.
IL Tous les auteurs ont rapporté des cas de folie confirmée oii point de lésions n'ont été rencontrées à l'autopsie (1).
(1) L'un des faits qui ont exercé sous ce rapport la plus grande influence sur l'esprit des contemporains, est celui que rapporte Esquirol : une maniaque, en pleine crise d'agitation, est tuée par une de ses compagnes. L'autopsie, pratiquée dans des conditions où l'on semblait devoir surprendre la nature sur le fait, ne révéla dans l'encéphale aucune lésion appréciable.
III. Il existe des lésions vraiment caraciéristiques, mais seulement dans les cas où la folie est compliquée de paralysie ou d'autres troubles du mouvement.
IV. Les lésions anatomiques, lorsqu'elles existent, doivent être considérées, non comme les causes, mais comme les conséquences de la maladie.
Avant de discuter ces arguments, dont je ne saurais méconnaître la valeur, je veux dresser le catalogue de nos connaissances et préciser la somme des données positives que nous possédons à cet égard ; et peut-être reconnaîtronsnous que nous n'étions pas aussi pauvres que nous l'avions pensé. C'est ainsi qu'un grand seigneur ruiné, qui fait l'inventaire de ses biens, se trouve quelquefois plus riche qu'il ne l'avait supposé.
Il est bien entendu que la paralysie générale, l'idiotie et les déformations congénitales du cerveau doivent être absolument laissées de côté. C'est à la vésanie pure que nous avons exclusivement affaire.
Constatons, avant tout, que les lésions grossières de l'encéphale ne produisent que bien rarement la folie. Les tumeurs, les hydatides, les abcès, les anévrysmes de calibre, les fortes hémorrhagies, les ramollissements étendus produisent quelquefois des troubles intellectuels, mais ne deviennent guère la cause d'une véritable aberration mentale.
Dans un travail que j'ai publié il y a quelques années, avec M. Krishaber, sur la symptomatologie des tumeurs cérébrales (1), j'avais réuni deux cent soixante-quatorze cas de tumeurs et abcès des hémisphères, et, dans ce nom-
(1) Bail et Krishaber, Cerveau (Tumeurs du), in Dict, encycl. des se. médicales^