PHÉNOMÈNES' PHYSIQUES DE LA STUPEDK
aucun phénomène réflexe; ces organes sont paralysés comme à la suite d'une angine diphthéritique.
Enfin il est un point qui a été surtout mis en lumière par Claude Bernard : je veux parler de l'influence manifeste qu'exercent les sensations douloureuses sur la circulation artérielle. Cette modification se traduit par le spliygttiograplie et par le cardiographe chez tous les animaux mis en expérience. Or. chez certains stupides l'état du pouls n'éprouve plus aucune modification lorsqu'on provoque les sensations qui devraient être les plus intenses.
Il me paraît donc nettement établi que chez beaucoup de stupides la sensibilité est au moins très notablement affaiblie ; mais il est également vrai que chez quelques individus elle est conservée. Certains malades, quand on les excite, expriment par les contractions de leur physionomie une douleur vive et cependant ils ne changent pas d'attitude. Il est donc évident que la sensibilité subsiste, mais que le pouvoir de se déplacer leur manque complètement.
La motilité, la sensibilité sont troublées chez les stupides ; comment pourraient-ils échapper à ces modifications profondes qui dans toutes les affections nerveuses se manifestent du côté des fonctions organiques? Aussi voit-on chez les stupides un état particulier, qui constitue pour ainsi dire un terrain commun sur lequel tous ces malades se donnent rendez-vous.
La peau présenté chez les stupides à un degré plus élevé que chez beaucoup d'autres malades ce hâle, cette teinte bistre qui paraît se rattacher à une pigmentation due à une hématose incomplète ; ils sont, en outre, très sujets à des affections cutanées diverses, et plus spécialement aux accidents gangreneux. Un caractère important qui leur appartient, au moins dans une certaine mesure, c'est l'abaisse-
ment des fonctions de calorifîcation . Il ne s'agit pas de cette cyanose incomplète, de ce refroidissement que nous avons déjà rencontrés chez les mélancoliques; il s'agit d'un véritable abaissement de la température centrale, abaissement qui peut aller jusqu'à 2 degrés au-dessous de la normale ; en effet, un thermomètre placé dans le rectum marque quelquefois 35%5 au lieu de 37°, 5. Cette défervescence est bien plus marquée lorsqu'il existe un abaissement de la température extérieure ; les malades en état de stupeur semblent présenter souvent des variations de température en rapport avec celles du milieu ambiant. Ils perdent en quelque sorte et jusqu'à un certain point la qualité d'animaux à sang chaud pour se rapprocher des animaux à sang froid. Bien entendu, ces variations ne peuvent pas dépasser la limite de quelques degrés.
Le pouls présente des caractères variables ; il est tantôt accéléré, tantôt retardé, mais il est toujours fort et habituellement régulier.
Parmi les fonctions qui subissent des interruptions momentanées, la digestion elle-même paraît suspendue dans beaucoup de cas. On a vu des individus alimentés par la sonde œsophagienne rendre leurs aliments deux jours après sans la moindre modification. Nous savons que dans les laboratoires de physiologie on voit s'arrêter la digestion à la suite de certaines lésions du système nerveux.
Il est probable que chez les aliénés en état de stupeur, il se produit aussi une sorte de paralysie au moins fonctionnelle du pneumogastrique.
Il y a presque toujours chez ces malades une constipation des plus opiniâtres. D'ailleurs d'une manière générale, les sécrétions sont amoindries ; la peau est sèche, rugueuse, il n'y a pas de trace de sueur. Gepen-