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DIVERSITÉ DES ALCOOLS

mais, pour nous en tenir aux alcools monoatomiques ^ ceux qu'on rencontre le plus souvent dans les boissons fermentées, ceux dont on fait un usage constant, sont les suivants :

L'alcool de vin (alcool éthylique), qui bout à 78°,5 ;

L'alcool de bois (alcool métliylique)-qui bout à 66 degrés ;

L'alcool propylique ;

L'alcool butylique ;

L'alcool amylique.

Or, l'alcool de vin ou alcool éthylique est incontestablement le plus sain de tous. Certains observateurs ont prétendu que, s'il produisait.de l'ivresse, il ne donnait jamais lieu aux lésions de l'alcoolisme qui résulteraient de l'emploi des alcools inférieurs.

L'alcool méthylique, beaucoup plus nuisible que l'alcool de vin, l'est infiniment moins que les alcools propylique, butylique, amylique. Or, les eaux-de-vie de grains, les produits du sorgho et de la canne à sucre, les alcools de pommes de terre et en général les esprits de qualité inférieure contiennent une assez forte proportion de ces alcools nuisibles, dont plusieurs, et surtout les trois derniers que nous avons énumérés, sont de véritables poisons.

D'après une théorie fort ingénieuse, dont M. Rabuteau s'est fait le défenseur, les alcools seraient d'autant plus toxiques que leur point d'ébullition serait plus élevé. Il semble, en effet, que cette condition les rend plus difficiles à éliminer de l'économJe (1).

Mais ceci revient à dire, dans le langage des ouvriers, que le vin naturel ne fait jamais de mal. On connaît toute la

(1) Toutes les boissons fermentées, môme Je vin naturel, contiennent des alcools nuisibles. La difîérence réside dans les proportions ; aussi l'eau-de-viede marc est-elle la plus mauvaise de toutes, parce qu'elle contient jusqu'à 2 et 3 pour 100 d'alcool amylique.

puissance de cet axiome, qui est accepté par les classes inférieures comme une parole d'évangile; or, il est incontestable qu'un grand nombre d'ivrognes, qui n'ont jamais usé que du \in naturel, sont tombés dans tous les désordres de l'alcoolisme.

A cette objection, on oppose une réponse assez plausible ; le vin naturel, dit-on, n'existe plus ; d'ailleurs, quelquesunes des pratiques qui l'altèrent ont été sanctionnées par l'Académie de médecine, qui, consultée sur ce point, a autorisé le vinage. Cette opération consiste, on le sait, à verser dans les vins trop faibles de l'alcool en nature pour mieux les conserver ; mais les industriels qui emploient ces procédés ne vont évidemment pas ajouter à leurs vins de bonne eau-de-vie ; ils achètent à vil prix de l'alcool de betterave ou de pommes de terre, introduisant ainsi dans la boisson qu'ils débitent les éléments toxiques que la nature en avait écartés.

Au reste, ce n'est point seulement aux alcools qu'il faut attribuer l'influence nocive des boissons fermentées. La différence bien connue entre le vin rouge et le vin blanc tient surtout à la présence de certains éléments aromatiques qui donnent au vin blanc des propriétés excitantes et le rendent très nuisible pour le système nerveux.

On ajoute, enfin , que l'alcoolisme estpresque inconnu dans les pays vinicoles, où cependant l'ivrognerie n'est point rare.

Il est cependant incontestable, malgré cette ingénieuse argumentation, que le vin, môme naturel, peut à la longue alcooliser les tissus quand on en use avec excès. Dans le canton de Vaud^ en Suisse, oii l'on consomme presque exclusivement le vin du pays, la cirrhose est fréquente et le délire alcoolique assez commun. Il n'en est pas moins vrai que le vin naturel est infiniment moins dangereux que les

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