EXCITATION FONCTIONNELLE. CONTRACTURES
relâchés. Le malade devient alors gâteux, il n'a plus qu'un pas à faire pour arriver à la vraie paralysie gênérale^ dans laquelle les forces motrices sont tellement affaiblies, qu'il ne peut plus quitter le lit ; c'est un grabataire.
Non seulement il existe chez nos sujets des accidents qui semblent relever de la paralysie, mais on trouve aussi chez eux des phénomènes d'excitation. Souvent, dans les premiers temps de la maladie, ils éprouvent cette dynamie ou excitation fonctionnelle dont a parlé M. Régis ; ils ont un besoin perpétuel de mouvement, ils vont et viennent sans cesse, ils déploient une activité tracassière. On a cru quelquefois devoir leur mettre la camisole pour les empêcher de se fatiguer inutilement ; ainsi maintenus, ils remuent sur place, leur tronc s'agite, les pieds tourmentent le sol. Chez certains sujets les bras sont animés d'un mouvement de va-et-vient perpétuel, comme pour scier du bois.
Tous ces mouvements s'arrêtent pendant le sommeil, pour reparaître au moment oii le sujet se réveille.
Certains paralytiques généraux semblent atteints d'une véritable chorée ; ils se livrent à des mouvements désordonnés et involontaires et sont absolument incapables, comme les vrais choréiques, de boire dans un verre.
Les contractures sont fréquentes dans la paralysie générale; elles affectent plus spécialement les fléchisseurs de la tête et surtout le sterno-mastoïdien. Il est une attitude singulière que prennent volontiers les paralytiques lorsqu'ils sont dans la position horizontale -, couchés sur le dos, ils maintiennent la tête soulevée au-dessus des oreillers et demi-fléchie sur la poitrine. Ils se maintiennent pendant des journées entières dans cette situation incommode, sans paraître éprouver aucune fatigue. Cependant
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il ne s'agit point toujours d'une contracture, comme j'ai pu m'en assurer plus d'une fois. II semblerait y avoir à cet égard un acte volontaire, malgré son absurdité.
On constate aussi quelquefois une contracture des masséters qui amène le trismus. Quant au grincement des dents, dont nous avons déjà parlé, il semble être placé sous la dépendance des ptérygoïdiens internes.
Signalons enfin la paralysie de la vessie et celle de l'intestin, qu'on observe souvent à une période avancée de la paralysie générale.
Nous avons étudié dans cette rapide esquisse la plupart des troubles de la motilité qui surviennent chez nos malades ; occupons-nous maintenant des troubles sensitifs et trophiques auxquels ils sont exposés.
Examinons d'abord les altérations de la sensibilité tactile. L'une des difficultés auxquelles on se heurte au seuil même de la question, c'est que les troubles sensoriels étant des phénomènes éminemment subjectifs, c'est en grande partie aux renseignements fournis par le malade que nous en devons la connaissance; mais au début, dans la période prodromique, l'intelligence est encore à peu près intacte, les sujets rendent assez bien compte de leurs sensations et le problème est plus facile à élucider.
Le premier phénomène qui sollicite notre attention, c'est l'inégalité, c'est l'irrégularité de la distribution delà sensibilité tactile à la surface du corps. Il existe incontestablement chez les paralytiques généraux des zones d'hyperesthésie et d'anesthésie. Certains d'entre eux présentent une anesthésie généralisée (de Crozant). D'autres accusent une sensation de brûlure, de fourmillement, de pression. Enfin, on trouve chez eux des névralgies viscérales, comme l'a