DIAGNOSTIC. 79S
Ajoutons enfin que les antécédents du malade doivent être interrogés. Souvent les tumeurs cérébrales reconnaissent pour cause un traumatisme, un coup sur la tête. Cette origine est beaucoup moins fréquente dans la paralysie générale. Il faut cependant reconnaître, avec M. Foville, qu'il est des cas oia le diagnostic est absolument impossible.
La syphilis cérébrale peut donner lieu à un complexus symptomatique qui a été désigné sous le nom de pseudoparalysie générale syphilitique.
Comme la plupart des lésions cérébrales organiques, lorsqu'elle emprunte le masque de la paralysie générale, c'est à la forme sans aliénation qu^elle ressemble le plus. Cependant, trois données capitales permettront d'éviter ici une erreur : d'abord les antécédents du sujet; ensuite le strabisme, ou, pour mieux dire, les paralysies des muscles moteurs de l'œil ; enfin, et surtout, l'influence rapide du traitement. Toutes les fois, en effet, que le moindre doute peut exister à cet égard, un traitement antisyphilitique est absolument indiqué, ne fût-ce qu'à titre d'expérience.
On a dit aussi que l'âge du sujet pouvait servir de moyen de diagnostic. La syphilis est une affection de jeunesse, la paralysie générale frappe surtout l'âge mûr ; mais le critérium nous paraît infidèle, car la syphilis cérébrale est une manifestation tardive, et l'on n'est pas toujours puni immédiatement après avoir péché. Aussi, plus d'un homme ne paye-t-il définitivement ses dettes de jeunesse que dix, quinze ou vingt ans après les avoir contractées.
Ainsi donc, si nous voyons chez un homme de vingt ans des symptômes de paralysie générale, nous songerons peut-être à la syphilis ; mais à trente-cinq ans on est exposé
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à l'une et l'autre maladie, et l'âge du sujet n'a plus aucune importance par rapport au diagnostic.
Il nous resterait à parler de l'encéphalopathie saturnine et de l'alcoolisme chronique ; mais ces sujets ont été déjà longuement traités dans mes leçons précédentes.