‹ Leçons sur les maladies mentales (volume 4)Chapitre 226 sur 278 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

mesure ce qu'ils voient faire autour d'eux. Mais le grand principe dans l'éducation de ces enfants est de chercher les aptitudes qui peuvent subsister au milieu de cet affaiblissement général, et de cultiver chez eux le talent du dessin, -l'aptitude au calcul, le goût de la musique et les autres capacités qui persistent chez bon nombre d'entre eux. L'intelligence générale profite à son tour de cette gymnastique cérébrale, et lorsqu'il ne s'agit point d'idiots dé la dernière espèce, on parvient souvent à réaliser des progrès vraiment remarquables chez des intelligences qui semblaient absolument déshéritées.

Tout en applaudissant aux efforts intelligents et à la persévérance philanthropique de Seguin, de Belhomme, de Voisin, de Delasiauve, dlreland et des autres éducateurs de la jeunesse idiote, on ne peut se défendre d'un scrupule de conscience en voyant dépenser tant d'intelligence et tant d'activité pour une culture essentiellement stérile et qui ne donnera jamais qu'une très pauvre et misérable récolte. Lorsque tous les enfants normalementconstitués de l'Europe recevront cette instruction élémentaire qui, dans bien des cas, leur fait absolument défaut, il sera temps, semble-t-il, de s'occuper de l'instruction des idiots. Jusque-là c'est un singulier paradoxe, en apparence du moins, que de prodiguer tous les bienfaits de la culture intellectuelle à des enfants qui n'ont point d'intelligence à cultiver. Mais, pour apprécier à leur juste valeur les efforts tentés dans cette direction, il faut les considérer comme une belle et vaste expérience destinée à nous montrer quels sont les moyens les meilleurs pour lutter contre des intelligences rebelles et triompher de leur inertie. La grande cause de l'éducation, envisagée dans son vaste ensemble, est destinée sans nul doute à en profiter un jour.

OUARANTE-QUATRIÈME LEÇON

Sommaire. — Définition du crétinisme; opinions diverses.— Arrêt de développement. — Côté physique et côté moral. — Crétins, demi-crétins et crétineux.

Description physique des crétins complets. — Crâne. — Face. — Dentition.— Marche. — Taille. — Organes génitau.x. — Goitre. — Conformation générale. — Défaut de proportion entre le tronc et les membres.

— Enveloppe cutanée. — Système pileux. — Rachitisme. — OEdème. — Fonctions respiratoires. — Pouls. — Voracité. — Fonctions digestives.

— Faiblesse musculaire. — Torpeur. — Sensibilité. — Ouïe. — Parole.

— Maladies intercurrentes.

Demi-crétins. — Goitre. — Organes génitaux. — Crétineux. — Type moins accentué.

Etat intellectuel des crétins. — Ils sont susceptibles d'un certain degré d'éducation. — Mémoire souvent développée. — Caractèi-e moral. — Crétins physiques.

Anatomie pathologique. — Forme du crâne. — Capacité crânienne. — Epaisseur des os. — Ossification tardive des sutures. — Cerveau. — Cervelet. — Isthme de l'encéphale. — Lésions accessoires. — Rachitisme.

Etiologie. — Rapport entre le goître et le crétinisme. — Endémicité. — Hygiène. — Hérédité. — Eaux potables. — Discussion. — Crétinisme sporadique. — Myxredème. — Distribution géographique du crétinisme. Pronostic. — Traitement. — Prophylaxie. — Moyens curatifs.

Messieurs,

Il est une dégénérescence particulière de l'espèce humaine, qui se localise de préférence dans certaines vallées situées dans les hautes montagnes, bien qu'elle puisse exister à Tctat sporadique, chez les individus isolés. Cet arrêt de développement, si voisin de l'idiotie par certains

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