‹ Leçons sur les maladies mentales (volume 4)Chapitre 55 sur 278 · SALIVE, SUC GASTRIQUE · texte numérisé non relu

SALIVE, SUC GASTRIQUE

tinguer deux variétés. Dans ses mémorables expériences sur les glandes salivaires, Cl. Bernard avait démontré l'existence de deux sortes de salives. Tantôt la salivation est provoquée par l'excitation des nerfs moteurs de la glande; si vous électrisez ces nerfs, vous voyez s'écouler une quantité considérable de salive riche en véhicule aqueux. Lorsqu'on agit au contraire sur le grand sympathique, la salive devient filante et visqueuse : c'est une modification complète de la sécrétion qui correspond à un ralentissement de la circulation.

Nous rencontrons ces deux phénomènes chez les maniaques. Tantôt la salive est très-liquide et très-abondante; tantôt, au contraire, on voit apparaître, en quantité également considérable, une salive épaisse, qui semble avoir de la peine à se détacher, c'est la salivation par le grand sympathique.

Ces troubles de la sécrétion salivaire se présentent quelquefois d'une manière périodique ; c'est ce qui se passe chez un des malades que nous avons en ce moment dans le service, et qui se trouve dans la période d'excitation d'une folie circulaire. Chez lui la salivation coïncide avec une sueur profuse; il y a là une excitation spéciale du système nerveux agissant sur certaines glandes.

Quelquefois on rencontre chez les aliénés un véritable ptyalisme, un crachotement perpétuel qui se rattache à un état permanent.

Il me reste à vous dire quelques mots sur d'autres sécrétions. La production du suc gastrique se modifie chez les aliénés; chez les mélancoliques, elle est plus ou moins complètement supprimée, et c'est l'une des causes de cette sitophobie, de cette horreur des ahments, qui se manifeste souvent chez eux dans la période dépressive. Chez d'autres,

188 diî: l'éiai physique des aliénés.

la sécrétion est au contraire exagérée, comme on le voit chez les déments, chez les maniaques.

Ce qui paraît surtout diminuer chez les aliénés, c'est la sécrétion du suc intestinal; cela peut expliquer, dans une certaine mesure, la fréquence de la constipation chez les fous, et plus spécialement chez les mélancoliques.

Il est utile de remarquer que chez beaucoup d'individus, la voracité qui les caractérise coïncide avec une maigreur extrême. Ce sont donc des malades qui ont une exaltation des fonctions de l'estomac, mais chez qui l'assimilation est imparfaite.

D'autres sécrétions peuvent subir des moditîcations. Chez beaucoup de mélancoliques, on voit se tarir complètement la source des larmes. Un malade, cité par Guislain, disait : « Je ne puis plus pleurer, mes yeux sont aussi secs que mon cœur. »

Il est des sécrétions qui se rattachent à des faits d'un ordre spécial : je veux parler de celles de l'appareil génital. La sécrétion du sperme est modifiée chez les aliénés au début de la folie» Chez les maniaques, chez les paralytiques, elle s'exagère ainsi que les désirs génitaux ; à ce moment les malades se livrent à des excès de toute espèce ; mais d'une manière habituelle cette période d'excitation ne dure pas longtemps; chez les vrais aliénés les fonctions génitales semblent abolies, et ils n'éprouvent aucune impulsion de ce genre.

Chez les femmes, la fonction de l'ovulation est également troublée, mais on pourrait dire que les phénomènes éprouvent à cet égard une marche inverse. Au début de la folie, quelle que soit sa forme, la menstruation est supprimée, et je parle ici de la folie proprement dite, de celle qui survient sous l'influence de causes morales ou cérébrales. L'ovulation

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