‹ Leçons sur les maladies mentales (volume 4)Chapitre 65 sur 278 · DES FORMES DU DÉLIRE. — DE LA MÉLANCOLIE · texte numérisé non relu

DES FORMES DU DÉLIRE. — DE LA MÉLANCOLIE

Sommaire. — Les formes du délire ne constituent pas des maladies ù

part. — Manie^ mélancolie, démence. — Lypéraanie. Etat physique des mélancoliques. — Leur physionomie. — Leur attitude.

— La voix. — Troubles de la motilité. — Paralysie des sphincters. — Etat de la sensibilité. — Céphalalgie. — Insomnie. — Sitophobie. — Amaigrissement. — Constipation. — Troubles digestifs. — Sécrétions,

— Urines. — Transpiration cutanée. — Fonctions génitales. — Circulation. — Respiration. — Température.

Etat psychologique des mélancoliques. — Mélancolie avec conscience. — Tendance au suicide. — Mélancolie dépressive. — Mélancolie anxieuse,

— Lésions anatomiques. — Traitement de la ijiélancolie.

Les formes du délire, qui doivent nous occuper maintenant, ne sont pas, à nos yeux, des affections distinctes, des entités morbides occupant une place à part dans le cadre nosologique. Manie, mélancolie, démence, ce sont là, pour nous, des termes de pathologie générale ; ils correspondent à des conditions morbides de l'intelligence, qui peuvent reconnaître les origines les plus diverses et qui participent à l'expression symptomatique d'an grand nombre de maladies différentes. C'est ainsi que les mots aclynamie et ataxie, dont l'usage nous est si familier, nous rappellent un ensemble de phénomènes qui peuvent se rencontrer dans la plupart des maladies fébriles, mais qui n'appartiennent en propre à aucune d'elles en particulier.

Mais, si le mot adynamie n'est pas l'équivalent de fièvre typhoïde^ il se rapporte du moins à un état pathologique des plus nettement caractérisés, ayant ses symptômes propres et jusqu'à un certain point ses lésions.

Il en est de même de cesgrandes perturbations qui peuvent affecter l'intelligence dans son ensemble et sur lesquelles nous allons maintenant appeler toute votre attention.

Messieurs, le mot mélancolie est aussi ancien que la médecine, et cependant il est loin d'offrir un sens net, précis et toujours identique à lui-même. Inspiré au début par les idées humorales, il a descendu le cours des siècles pour nous parvenir, non sans avoir subi de nombreuses transformations dans ce vaste espace de temps.

Pour faire cesser toute équivoque à cet égard, Esquii'ol propose de lui substituer le mot de lypémanie, qui semble offrir un sens plus précis. Rien de mieux jusqu'alors. Malheureusement Esquirol fait entrer la lypémanie dans le cadre des monomanies, qui constitue la partie la plus artificielle et la plus contestable de sa classification. Sans vouloir aborder pour le moment une discussion qu'il convient de réserver pour une époque ultérieure, je crois qu'on ne saurait admettre au nombre des délires partiels une perturbation aussi générale de Tintelligence. Je voudrais donc, bien qu'il ne m'appartienne pas de créer des néologismes, conserver le mot de lypémanie pour exprimer cet état psychologique de tristesse et de dépression morale qui peut se rencontrer dans un grand nombre d'affections diverses, et réserver le nom de mélancolie à cette perturbation remarquable de l'intelligence qui s'accompagne d'un état physique tellement caractérisé, qu'il suffirait à lui seul pour constituer un type à part.

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