‹ Leçons sur les maladies mentales (volume 4)Chapitre 67 sur 278 · RESPIRATION, TEMPÉRATURE. 22S · texte numérisé non relu

RESPIRATION, TEMPÉRATURE. 22S

d'ampleur, ils sont îrréguliers, saccadés. La respiration est donc modifiée chez eux dans son rythme, dans sa fréquence et dans son étendue, et souvent le type respiratoire est constitué par une foule de petites respirations juxtaposées, qui remplacent le mouvement ample et régulier de la poitrine à l'état normal.

Marcé signale également le défaut de proportion entre le nombre des inspirations et celui des battements cardiaques. Ce rapport, vous le savez, est de 1 à 4 dans l'état normal: chez les mélancoliques, il descend bien plus bas, et l'on voit souvent une seule respiration correspondre à cinq ou six pulsations. Aussi, bien que le nombre des respirations ne soit pas toujours diminué d'une manière absolue, les mouvements respiratoires ne sont plus en rapport avec les besoins de la circulation, et par conséquent de l'hématose.

A ces faits se rattache l'abaissement de la température. Peu considérable pour les parties centrales, il est plus nettement accentué à la périphérie du corps, oîi le chiffre peut descendre à 3 ou 4 degrés au-dessous de la normale. D'après Marcé, l'imperfection de l'hématose et les troubles de la respiration suffisent pour expliquer ce refroidissement. Je ne saurais accepter cette manière de voir ; mais, pour la combattre, je me vois obligé de faire une courte excursion dans le domaine de la physiologie.

Depuis les travaux de Claude Bernard, nous savons que la chaleur animale ne dépend nullement des combustions pulmonaires : c'est une fonction de plus haute dignité, qui règne dans toutes les parties de l'organisme et qui préside aux actes les plus intimes de la chimie des êtres vivants. Si donc on abaisse la température d'un animal à sang chaud, on détermine par là une affection bien autrement grave

que ne le serait un simple amoindrissement des actes respiratoires. Il s'agit donc, chez nos malades, d'un trouble profond des fonctions intimes de Téconomie.

D'un autre côté, il est, chez les mélancoliques, un phénomène de la plus haute importance et qui domine la question tout entière ; c'est la diminution évidente du calibre des artères. Le pouls, chez ces malades, est petit, serré, souvent accéléré ; la radiale est peu saillante, peu volumineuse, et à côté de cette contraction des vaisseaux principaux il existe une sténose des capillaires qui dimJnue la turgescence vitale de l'individu. On peut donc admettre, chez les mélancoliques, une sorte de crampe des vaso-moteurs, qui constitue un des éléments les plus remarquables de leur état morbide. Or, si nous voyons directement dans les parties périphériques ce trouble circulatoire, il est logique d'en déduire que la circulation cérébrale se trouve dans des conditions analogues et que l'état mental en subit l'influence.

Mais, dira-t-on, la description qui précède convient surtout à l'état de stupeur, et tous les mélancoliques sont loin d'offrir le même aspect ; certains d'entre eux peuvent même offrir une excitation plus ou moins évidente. Cette objection, dont nous reconnaissons la justesse, pourrait s'appliquer cl toutes les descriptions générales en pathologie, et c'est à l'étude des détails qu'il appartient de corriger ce que les vues synthétiques peuvent offrir de trop absolu. D'ailleurs, la stupeur n'est que le degré le plus élevé de la mélancolie, et tous les phénomènes qui en relèvent peuvent se rencontrer, à un degré moins élevé, dans les formes moins graves de cet état pathologique.

Nous avons longuement insisté sur le côté purement phy-

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