‹ Leçons sur les maladies mentales (volume 4)Chapitre 7 sur 278 · LE MOYEN AGE · texte numérisé non relu

LE MOYEN AGE

classification des maladies mentales, qui subsiste encore aujourd'hui.

Reste, enfin, Cœlius Aurélianus, le dernier et le plus complet des psychiatres antiques. Sans parler de ses idées au point de vue de la pathologie mentale, c'est surtout par rapport au traitement qu'il s'est créé une place à part. Affranchi des traditions humorales, il ne reconnaît d'autres causes à la folie que les affections morales on matérielles du cerveau. Mais c'est au point de vue du traitement qu'il semble avoir dépassé tous ses prédécesseurs. Il parle de l'isolement comme pourrait le faire Esquirol ; il prescrit la plus grande douceur envers les aliénés, et préconise la non-contrainte, comme le font aujourd'hui nos confrères en Angleterre. Enfin, sous le rapport de la thérapeutique, il sait allier de la manière la plus heureuse les moyens médicaux à la gymnastique intellectuelle et morale.

Ainsi, la psychiatrie antique, au moment oîi nous allons la perdre de vue, nous apparaît dans un état de haute perfection. Elle possède des notions aussi abondantes que précises sur les symptômes, le diagnostic et le pronostic de la folie ; elle formule, à l'égard du traitement, des principes qui ont fait l'honneur et la gloire des modernes qui les ont ressuscites, et sous le rapport des doctrines et des théories, elle n'a que l'embarras du choix (d).

Mais les jours de la civilisation ancienne étaient comptés. Une croyance nouvelle en sapait les bases ; et tandis que les assises de la société païenne s'écroulaient, des envahisseurs sauvages se précipitaient violemment sur la scène. A une religion nouvelle, il fallait un monde nouveau.

{{) On reconnaîtra facilement les emprunts que nous avons faits aux travaux de MM. Michéa, Sémelaigne et Trélat.

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