TIUITEMEIVI' DE LA MÉLANCOLIE
l'aliénation mentale. En eEFet, la dépression qui semble caractériser la lypémanie, n'est bien souvent qu'une excitation retournée; voilà pourquoi, sans doute, la sédation du système nerveux est l'une des indications les plus importantes à remplir.
Parmi les médicaments qui nous permettent d'atteindre çe but, j'accorde le premier rang aux bromures alcalins ; il faut les prescrire à dose assez élevée pour obtenir des effets sensibles (de 6 à 8 grammes par jour). L'extrait aqueux d'opium, à la dose de 5 à 10 centigrammes, est utile dans l'insomnie; on peut y associer le chloral. Par une contradiction bizarre, sauf le cas d'insomnie, les préparations opiacées et les sels de morphine paraissent devoir être écartés du traitement de la mélancolie : loin de calmer la perturbation morale, ils paraissent avoir une tendance à l'aggraver. — Enfin, l'alcool en petite quantité peut rendre de grands services, comme sédatif et comme tonique, surtout chez les malades qui en ont abusé dans le cours de leur existence.
On prescrit avec raison les amers, les toniques, les reconstituants ; mais il ne faut point oublier que, sous ce rapport, aucun médicament ne saurait égaler une bonne nourriture, riche en principes azotés et d'une digestion facile.
La galvanisation cérébrale, employée avec précaution, peut rendre de grands services, mais doit être toujours employée à faible dose.
Enfin, l'exercice physique, chez les sujets dont l'état général le permet, peut rendre de véritables services. Cependant les médecins allemands recommandent, dans les cas îJgus de tenir les malades au lit ; c'est là une pratique sur laquelle je ne saurais me prononcer. Mais, ce qui me pa-
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raît hors de toute contestation, c'est que les distractions de toute espèce, et surtout le travail intellectuel, dans une saine et juste mesure, sont au nombre des meilleurs remèdes contre la mélancolie, chez les sujets dont les tacultes n'ont pas subi une déchéance trop profonde.