‹ Lecons sur les maladies mentalesChapitre 124 sur 283 · DU DÉLIRE AIGU SYMPTOMATIQUE · texte numérisé non relu

DU DÉLIRE AIGU SYMPTOMATIQUE

monie; on voit des phénomènes de ce genre se produire dans la fièvre typhoïde. Vous savez que le délire de la fièvre typhoïde ressemble parfois à la maladie aiguë de la façon la plus complète. C'est en pareil cas que l'on a si souvent commis des erreurs de diagnostic et que l'on a fait transporter dans des asiles des malades à l'autopsie desquels on trouvait bientôt les altérations habituelles des plaques de Peyer.

Ce qui existe pour la fièvre typhoïde s'est montré également pour une maladie presque inconnue dans notre pays, mais fréquente en Angleterre, ainsi que dans le nord de l'Europe et l'Amérique : je veux parler du typhus pétéchial, qui offre des analogies si nombreuses avec la dothiénemérie.

Il est d'autres affections d'un caractère tout différètit qui peuvent donner lieu à la manifestation du délire aigu. On voit se développer dans l'état puerpéral, surtout chez les femmes dont l'accouchement a été laborieux et pénible, une manie suraiguë, qui ne diffère en rien de celle que nous avons observée chez les aliénés.

L'alcool, les diverses substances capables de provoquer des folies toxiques, le rhumatisme, la goutte, peuvent conduire a des manifestations du même genre. Dans l'Extrême- Orient, c'est l'opium qui joue le rôle de l'alcool, et vous savez combien sont fréquents les accidents cérébraux causés par les abus de cette substance.

Enfin il n'est pas douteux que des maladies cérébrales, tfeHes que la méningite et l'encéphalite, ou des maladies spinales, peuvent donner naissance à tous les symptômes •du dehre aigu; et c'est incontestablement à cet "ensemble de laits, qu'ils avaient bien observés, sans pouvoir les in-

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terpr6tcr, que les anciens avaient donné le nom de phréni- . tis ou de phrénésie.

De ces phénomènes, on peut encore rapprocher le délire nerveux des opérés, cette forme de délire particulier que vous connaissez tous, qui survient après de grands traumatismes, et que Dupuytren attribuait à une intoxication particulière. Nous savons aujourd'hui que ce délire nerveux traumatique ne se développe que chez des sujets prédisposés, surtout chez des alcooliques.

Après avoir fait largement la part de ces délires symptomatiques ou sympathiques, nous restons encore en présence d'un résidu considérable. Il est un fait d'une vérité inpontestable, c'est que, en dehors de toute autre maladie, le délire aigu peut éclater, soit chez des aliénés, soit chez des sujets, qui, jusqu'alors avaient joui d'une santé parfaite. C'est à l'étude des faits de ce genre que je désire consacrer cette leçon, me réservant d'étudier plus tard la question avec tous les développements qu'elle comporte.

Il est un premier point qui me paraît offrir une importance exceptionnelle. C'est une notion qui domine l'ensemble du problème et sans laquelle il est impossible d^arriver à une connaissance vraiment systématique du sujet; cette notion, la voici : le délire aigu n'éclate jamais ou presque jamais que chez des individus prédisposés.

D'abord, en ce qui concerne les aliénés eux-mêmes, ce délire se manifeste surtout chez les maniaques et çhez les mélancoliques, et principalement chez ces derniers; on l'observe fréquemment aussi dans les cas de manie aiguë et de folie circulaire ; mais il est plus intéressant de l'étudier chez les individus qui n'ont encore présenté aucun signe d'aliénation mentale.

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