‹ Lecons sur les maladies mentalesChapitre 128 sur 283 · PRONOSTIC ET TRAITEMENT DU DÉLIRE AIGU · texte numérisé non relu

PRONOSTIC ET TRAITEMENT DU DÉLIRE AIGU

conséquence de l'état mental. Vous voyez qu'il y a là matière à discussion.

Le pronostic du délire aigu est nécessairement grave; c'est, dans l'ordre des maladies mentales, l'une des affections les plus formidables qu'il nous soit donné d'observer. Cependant la guérison n'est point impossible et elle se rencontre, dit-on, dans certains cas. Cette proportion, pour être considérée comme l'exacte expression de la vérité, devrait être établie sur un ensemble de faits parfaitement authentiques et dégagés de tout élément étranger.

Le rôle de la thérapeutique n'est donc pas absolument nul, et nous allons essayer d'en formuler les bases.

Comme dans la manie aiguë, les calmants et les antiphlogistiques réussissent assez mal. Cette observation s'applique surtout à la saignée, l'un des traitements les plus dangereux et dont on a le plus abusé, comme le fait justement observer M. Thulié.

Cependant Krafft-Ebing rapporte un cas dans lequel quelques sangsues appliquées derrière les oreilles auraient calmé les manifestations délirantes; mais il ne faut pas jouer avec des instruments aussi dangereux.

Nous en dirons autant de l'opium et de ses dérivés; on a certainement abusé de ces narcotiques dans toutes les formes de vésanie et spécialement dans le délire aigu. Sans doute, les injections hypodermiques et leur emploi plus facile que celui des autres médicaments peuvent amener une sédation momentanée et donner quelque répit aux personnes qui entourent le malade de leurs soins; mais il ne faut point fonder de trop grandes espérances sur ce calme souvent trompeur, et l'on doit surtout éviter de frapper sur le malade en voulant frapper sur la maladie

j38 DRS FOUMES DU DÉLinK.

La révulsion nous paraît beaucoup mieux indiquée : on la pratique sur la peau, à l'aide de frictions stimulantes et de sinapismes, et mieux encore sur la muqueuse mtestinale à l'aide de purgatifs et de lavements excitants; à ces moyens, on peut joindre un sédatif des plus puissants, les bains prolongés, qui n'offrent point les inconvénients des autres calmants dont nous avons écarté 1 usage. Enfin le repos au lit, une obscurité profonde, un silence absolu sont nécessaires pour supprimer toutes les causes d excitation qui pourraient alimenter le délire du malade et souf-

fier pour ainsi dire le feu. -,r r a

Quant à Valimenmlion, elle doit être très modérée Sans prescrire la di«e absolue, on doit se montrer très réserve sur la quantité et la qualité des aliments ; es œu6, le la t ,e bouUlon, formeront la base de la nournture On ut y ioindre, dans les cas d'adynamie, le vm, et surtout le m demne. C'estainsi, dansles cas de - gen^, q> on a recommandé remploi des sels deqmmue; ma,s ,1 a t bien le dire, cette thérapeutique est mcerta.ne e^ I rs- „ue le malade guérit, c'est presque toujours aux efforts la nature qu'il faut attribuer cet lieureux résultat.

Page 1