DÉMENCE SÉNILE
Il est des vieillards chez qui le délire de la démence se caractérise par une sorte de panopliobie. Poursuivis par de folles terreurs, ils craignent les assassins, les voleurs, se barricadent dans leur domicile et prennent des précautions tellement exagérées, qu'elles attirent le danger qu'ils croyaient pouvoir éviter.
Enfin, la criminalité est incontestablement l'une des formes les plus fréquentes de la démence sénile. Elle se manifeste très souvent sous forme d'érotisme. On voit les sujets s'abandonner à des impulsions lubriques, se livrer à des exhibitions obscènes et poursuivre de leurs obsessions de jeunes enfants. Le viol exercé dans ces conditions amène souvent ces malades devant les tribunaux. D'autres fois, c'est le vol, l'incendie et le meurtre qui leur sont reprochés. De plus, il existe, chez certains vieillards, une tendance extrêmement prononcée au suicide. Gomme chez les enfants, la cause la plus futile, la moindre contrariété suffit pour leur faire désirer la mort, et quelquefois pour aller volontairement au-devant d'elle.
Notons, comme transition entre la démence sénile à forme délirante et la démence simple de la sénilité, ces cas SI fréquents où le sujet, calme pendant la journée, éprouve une agitation nocturne des plus manifestes, quitte son lit et ne sait pas tenir en place.
Mais il est une autre forme de démence sénile, de beaucoup la plus fréquente, et dans laquelle le délire ne joue qu un rôle accessoire : c'est la démence simple, qui peut débuter d emblée ou succéder à l'une des formes délirantes que nous venons de signaler. On voit alors les facultés intellectuelles subir un affaissement rapide et de plus en plus Proiond. La mémoire est généralement atteinte la première. Une amnésie progressive est souvent un symptôme
prémonitoire de la démence. C'est aux souvenirs les plus récents et, suivant l'expression de Kussmaul, les moins adhérents, que s'adresse tout d'abord ce travail de régression Tout en conservant un souvenir exact des événements antérieurs de sa vie, le dément oublie souvent ce qu'il a tait, dit ou pensé le jour même. Les impressions nouvelles «lissent sur son cerveau sans y pénétrer, ou plutôt sans y être retenues. C'est ce qui explique le radotage qu on reproche si souvent aux vieillards affaiblis ; n'ayant aucun souvenir de ce qu'ils ont dit quelques instants auparavant, les malades racontent, pour la centième fois, des h>sto,res qu'ils tiennent pour nouvelles. J'ai connu un vieux gentilhomme qui, lorsqu'il taisait une visite, saluait poliment toutes les personnes présentes; puis, après ï«elî"es intants, il recommençait ses salutations comme s 1 ena d'arriver, et ce manège se reproduisait plusieurs tois de
^L'amnésie tait des progrès incessants; le dément oublie successivement ses connaissances scientifiques etlittérair puis ses notionsprotessionnelles,puisenfln leslangu s ,
connaît, en commençant par les langues «"^"S^^ les sujets qui n'ont jamais parlé que leur langue maternelle on remarque d'abord l'oubli des noms propres un " plus tard, ils oublient certains substantifs et certains b! s et sont atteints d'une véritable aphasie. A un deg« Xs avancé, ils oublient leur adresse, leur nom, leur âge, C lZor^. Ils perdent leur chemin dans la rue et ne peuv Cplus le l'etrouver. Il leur arrive souv^t de perdre feurs affaires et de prétendre qu'on les a voles. Enfin, au . l ies autres facultés intellectuelles participent à Tdllt ^é'^l >ei"Sem^ s'éteint, les sentiments tombent dans l'incohérence laplus absolue