‹ Lecons sur les maladies mentalesChapitre 132 sur 283 · ÉTAT INTELLECTUEL DES VIEILLARDS · texte numérisé non relu

ÉTAT INTELLECTUEL DES VIEILLARDS

pantsde longévité intellecttielle (1 ). Mais dans la très grande majorité des cas, un temps d'arrêt se manifeste à partir de l'âge de cinquante ans, au point de vue de l'évolution psychique. Le caractère le plus saillant de la sénilité de l'esprit à son premier degré, c'est l'impossibilité d'acquérir des idées nouvelles et de comprendre ce qui sort des habitudes routinières de l'existence. Bientôt la mémoire et l'imagination s'affaiblissent, et lorsqu'on arrive à un grand âge, les sentiments affectifs s'émoiiSsent à leur tour. Le jugement subsiste pendant longtemps au milieu de toutes ces ruines; quand il s'affaisse, on arrive à la véritable démence. Mais longtemps avant de parvenir à ce degré suprême, l'affaiblissement intellectuel se traduit par de l'irritabilité de caractère, signe évident d'une faiblesse morale; par la difficulté de plus en plus manifeste de tout travail intellectuel, enfin par la fatigue qui survient promptement 8t paralyse l'action des facultés mentales. Nous avons connu des hommes éminents, vieillards pleins de finesse et d'esprit, mais qui ne pouvaient supporter une conversation prolongée sans baisser visiblement et donner des marques de faiblesse. Une heure de travail suffisait pour épuiser les forces agissantes de leur intelligence.

A côté de ces phénomènes vient se placer la perte du sommeil. Le vieillard dort peu et mal, et l'on doit voir dans ce sommeil imparfait une faculté qui s'amoindrit et une fonction qui tend à disparaître.

Tous ces symptômes peuvent se manifester d'une manière précoce et longtemps avant le terme fixé par la nature. La misère, l'alcoolisme, une nourriture imparfaite, enfin de mauvaises conditions hygiéniques sont incontesta-

(1) Proust, rm7^ dViyflri^ne, 2a édition, 1881, p. 32S.

bleraent au nombre des causes qui peuvent amener ce pré- , coce affaiblissement intellectuel. Au reste, les intelhgences peu développées résistent beaucoup moins aux progrès de l'âge que les esprits qui ont reçu un certain degré de

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Ce sont là des phénomènes pour ainsi dire physiologiques; c'est l'état normal de l'intelligence dans un âge avancé. Entrons maintenant dans le domaine de la patho-

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La démence sénile est rare avant soixante ans. Elle débute de deux façons différentes : tantôt par une excitation morbide, tantôt par un affaissement insidieux.

Certains vieillards présentent, à un moment donne, une activité insolite; ils se livrent à des exercices depms longtemps abandonnés, font de longues courses, reprennent leurs anciennes études et se lancent souvent dans des entreprises hasardeuses.Une excitation morbide des fonctions génitales caractérise souvent cette période de la maladie. A cette excitation succède souvent un véritable déhre.

La forme la plus commune de cette déviation intellectuelle est une défiance exagérée qui, s'étendant surtout aux proches, aux voisins, mieux encore, aux enfants et aux petits-enfants, finit par dégénérer en un véritable délire de persécutions,qui, dans la plupart des cas, n'est point accom-

pagné d'hallucinations de l'ouïe. Cette règle n est point cependant sans exception, et parmi les persécutés séniles, il

en est d'hallucinés. , „,

Une autre forme des plus communes, cest 1 hypocondrie. De plus en plus préoccupé de sa santé, le vieillard finit par se créer des maux imaginaires, dont il parle san. cesse et qui finissent par effacer toutes les autres idées dont sa cervelle affaiblie conservait encore l'empreinte.

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