‹ Lecons sur les maladies mentalesChapitre 246 sur 283 · MOELLE ÉPINIÈRE. <J · texte numérisé non relu

MOELLE ÉPINIÈRE. <J

l'atrophie sénile, dans l'alcoolisme chronique, dans l'opilepsie et dans l'idiotie.

Il s'agit donc d'une lésion fort importante à la vérité, mais d'une lésion banale qui se rencontre dans un grand nombre d'états pathologiques; elle ne présente, d'ailleurs, aucune importance sérieuse lorsqu'elle n'est pas considérablement étendue, car, à un faible degré, elle n'est pas incompatible avec l'état normal (Fisch) (1).

En résumé, les altérations que nous venons de décrire semblent converger vers un seul et même terme, une seule et même donnée générale : c'est la destruction, l'atrophie progressive des éléments nobles, étouffés par l'envahissement incessant d'un tissu d'ordre inférieur ; mais il n'existe aucun caractère spécifique de la paralysie générale, et les altérations dont nous venons de parler ne valent que par leur «nsemble.

IV. Lésions diverses. — Occupons-nous maintenant des lésions accessoires de la paralysie générale.

Moelle épinière, — Presque toujours altérée, à des degrés divers, comme l'a démontré Westphal, la moelle épinière présente chez les paralytiques généraux une altération granuleuse, dont la signification a été très diversement interprétée. Signalée pour la première fois, dans la maladie qui nous occupe, par Tûrck et Joffé, cette lésion a été rencontrée par Westphal chez tous les paralytiques dont il a examiné l'axe médullaire; il en déduit la conclusion que cette altération est constante, et qu'il faut lui attribuer la

(1) M. Klippol fait rumarquer l'analogie qui existe entre la lésion (les tubes à myéline de l'écorce, celle qu'on observe dans la moelle épinière et celle que le môme a rencontrée dans les éléments des nerfs périphériques ; en effet, la paralysie générale touche de la même manière les tubes nerveux.

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plupart des troubles de la raotilité que l'on observe chez ces malades. Cette opinion, confirmée depuis parles recherches de Weiss et de Sander, a été combattue par Simon, qui fait observer que ces granulations se rencontrent dans la moelle épinière de presque tous les sujets, et notamment chez les phtisiques. Il ajoute que, chez bon nombre de paralytiques généraux, la proportion de ces éléments ne dépasse pas ce qu'on pourrait appeler l'état normal.

Après avoir fait la part de l'exagération, il faut reconnaître que la moelle épinière est bien réellement atteinte, sinon chez tous les paralytiques, du moins chez un grand nombre d'entre eux. D'ailleurs, les altérations qu'elle présente diffèrent de l'état granuleux. On y rencontre souvent la dégénération grise des cordons postérieurs ou latéraux. La première de ces lésions correspond toujours, d'après Westphal, aux symptômes de l'ataxie; la seconde, à'ceux de la paraplégie.

On trouve quelquefois des plaques disséminées de sclérose sur le trajet de l'axe spinal. Quelquefois, au contraire, il existe du ramollissement, sur certains points.

Enfin, la substance grise, presque toujours hyperémiée, est quelquefois le siège d'extravasations et même d'hémorragies assez abondantes (hématomyélie).

Les méninges spinales peuvent également se trouver lésées; on signale surtout la pachyméningite interne, avec ou sans hémorragie, et les indurations de l'arachnoïde.

Le cervelet, qui, d'après Bayle, ne serait jamais malade, offre, au contraire, des lésions multiples ; on constate souvent à sa surface des adhérences avec la pie-mère ; on y trouve presque toujours une congestion manifeste, et un certain degré de ramollissement. Ces lésions prédominent dans l'écorce (Luys).

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