‹ Lecons sur les maladies mentalesChapitre 251 sur 283 · PRONOSTIC · texte numérisé non relu

PRONOSTIC

et reprendre ses occupations habituelles, lorsqu'on môme temps la santé physique revient à son niveau primitif, lorsque, enfin, Tamélioration obtenue se maintient pendant plusieurs années, on est autorisé à dire que le malade est guéri.

Une rechute, survenant après une trêve aussi prolongée, pourrait à bon droit être considérée comme une invasion nouvelle.

Je connais personnellement deux hommes fort intelligents, qui, après avoir présenté tous les signes de la paralysie générale confirmée, sont revenus à une santé parfaite en apparence, et ont repris, depuis plusieurs années, leurs travaux ordinaires.

J'ai soigné un malade qui, après avoir ofi'ert tous les symptômes de la paralysie générale, a pu reprendre la direction d'une entreprise industrielle, qu'il gouverne avec succès depuis six ans.

Dans un article fort intéressant sur les différentes espèces de rémissions qui surviennent dans la paralysie générale, M. Doutrebente a réuni plusieurs observations de guérisons ou de rémissions complètes et durables (1).

Enfin, dans un travail plus récent, M. D. Brunet admet la curabilité de la péricérébrite (2).

Je m'arrête ici; car, même en admettant que la guérison soit à la rigueur possible, il faut reconnaître que ce mode de terminaison est extrêmement insolite et que la plupart des malades sont voués à une mort certaine. C'est seulement dans la période prodromique, alors que les symptômes de la maladie ne se sont pas encore nettement déclarés, qu'il peut y avoir quelques chances d'une guéri-

(1) Annales médico-psychologiques, mars 1878, p. 161.

(2) Même recueil, novembre 1882, p. 366.

son complète, sauf dans les cas très exceptionnels dont nous venons de parler. i

D'une manière habituelle, les soins intelligents ont une | influence favorable sur les rémissions et peuvent prolonger | sensiblement la durée de l'existence. î

Parmi les symptômes qui menacent les malades d'une mort rapide, il faut noter surtout l'excitation, lorsqu'elle ; persiste et tend à s'aggraver, au lieu de s'éteindre progressivement (1). Les formes dépressives sont moins graves, d'après M. Luys ; cependant, les formes démentes primitives avec excitation sont fâcheuses à cause des troubles digestifs et de l'affaiblissement qui les accompagne.

M. Luys considère comme une condition favorable l'amnésie qui s'empare souvent d'un paralytique, et qui lui permet de s'acclimater facilement dans un asile, oubliant son existence antérieure et les affections qui s'y rattachent.

Enfin, il est à peine nécessaire de signaler l'extrême gravité de certaines complications, et en particulier des convulsions épileptiformes. Nous avons déjà insisté sur ce point.

Messieurs, il semble au premier abord que le traitement de la paralysie générale soit une entreprise vouée d'avance à un échec certain. On a tant insisté, et avec juste raison, sur l'extrême gravité du pronostic dans cette maladie, que tous les efforts de la médecine semblent frappés d'impuissance; et l'on admettrait volontiers que le seul résultat des moyens les mieux combinés est d'atténuer les progrès du mal et d'en retarder plus ou moins la terminaison nécessairement fatale.

{) Luys, Traité des maladies mentales, 1881, p. 612.

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