TRAITEMENT CHIRURGICAL
Saint-Bartholomevv, a fait trépaner, par M. Harrison Cripps, un malade offrant les principaux symptômes de la paralysie générale avec excitation (embarras de la parole, sentiment de satisfaction, réflexes exagérés, irrégularité de la démarche, rétention d'urine). Le malade, reçu le 14 novembre 1888, a été trépané au côté droit du crâne, à 2 pouces de la suture sagittale; la dure-mère étant incisée, laissa échapper une quantité considérable de liquide cérébro-rachidien. Les résultats de l'opération ont été très favorables, et le malade a cessé d'être aliéné, suivant les expressions de l'auteur.
M. le docteur Batty Tuke {i ) a fait trépaner, par M. Duncan, un paralytique général, à droite et à gauche de la ligne médiane, au niveau des bosses pariétales. La dure-mère ne fut incisée que d'un côté (gauche). Les résultats de l'opération furent parfaitement heureux au point de vue chirurgical.
L'état psychologique du malade fut notablement amélioré pendant cinq jours; mais après cette période, les phénomènes reparurent de nouveau, et la maladie reprit sa marche progressive.
Il est impossible de se prononcer, dans l'état actuel de la question, sur la valeur de la trépanation chez les paralytiques généraux ; mais il est évident que la diminution subite de la pression intra-crânienne peut, chez certains malades, amener une notable amélioration.
Complicatiotis. Nous venons d'étudier les principaux moyens de traitement qui peuvent être rais en usage et nous avons vu que si, d'une manière générale, leur utilité est incontestable, ils ne valent que par leur ensemble.
(1) lirilish Médical Journal, 4 janvier 1890.
932 PARALYSIE GÉiNÉnALE.
Nous allons mainlenant nous occuper du traitement des principales complications de la paralysie générale.
Convulsions épilepti formes. — Les bromures alcalins, associés ou non au chloral, ont été préconisés. On peut aussi faire usage des applications réfrigérantes sur la tête. Mickle recommande d'administrer les médicaments par le rectum, si le malade ne peut pas les avaler. Mendel conseille au contraire de s'abstenir de toute médication pendant la durée des accès.
Accidents apoplecti formes. — Les purgatifs, les applications froides sur la tête, les émissions sanguines, ont été recommandés ; mais leur utilité est au moins douteuse, car rien ne prouve qu'une congestion, qu'une hyperémie soit la cause des troubles observés. Il s'agit souvent d'une ischémie, d'un œdème cérébral, et dans ce cas les moyens destinés à combattre une congestion pourraient avoir des effets nuisibles.
On peut donc, en attendant la fin de l'accès, se contenter de promener des sinapismes sur les membres et d'employer avec discrétion d'autres moyens révulsifs. Il convient aussi de maintenir la tête dans une position élevée.
Décubitus, escarres du sacrum. — Autant que possible, on doit prévenir "ces accidents, chez les sujets alités,- par une grande propreté, par le matelas d'eau et 'par l'usage fréquemment répété de la poudre de talc.
M. le professeur Brow^n-Séquard a conseillé, contre les escarres d'origine spinale, un mode de traitement qui pourrait être applicable à ces mêmes lésions dans la paralysie générale; il s'agit d'applications locales alternativement chaudes et froides : on commence par le sac de glace qu'on laisse pendant huit ou dix minutes, puis on le remplace par un cataplasme très chaud qu'on laisse pendant une