TRAITEMENT PHARMACEUTIQUE
dans les cas où il existe un certaine agitation. Nous avons souvent obtenu une véritable amélioration parce traitement.
Les sédatifs, l'opium et ses dérivés, la vératrine, l'hyoscyaraine et le chloral ont souvent joué un rôle important dans le traitement de la paralysie générale.
L'opium a presque entièrement cédé la place à la morphine, qui s'emploie le plus souvent sous la forme d'injections hypodermiques. Si ce moyen donne quelquefois de bons résultats chez les paralytiques agités, il ne saurait être recommandé comme remède habituel.
On associe quelquefois (Beigel et Claus) l'atropine à la morphine, pour combattre l'action nauséeuse du second de ces deux alcaloïdes.
Le chloral, à la dose de 2 à 6 grammes, est souvent utile dans le cas d'agitation violente. 11 est quelquefois administré en injections sous-cutanées, mais ce moyen de traitement est extrêmement douloureux et peut donner lieu à des ulcérations de la peau. Par contre, les lavements de chloral sont très bien supportés.
On sait que l'action hypnotique et sédative du chloral devient excessivement énergique, quand il est associé aux injections hypodermiques de morphine. C'est seulement dans le cas d'agitation très intense que ce double traitement peut être employé.
C'est également chez les paralytiques agités que la digitale a été préconisée par Bigot et par Mickle.
Chez les sujets dont la maladie suit paisiblement son •cours, on a recommandé la vératrine (Mickle), la fève de Calabar (Thompson, Browne) et l'ergotine (Mann, Toselli). L'efficacité de ces remèdes est au moins douteuse.
Chez les sujets anémiques ou débilités, les toniques amers, la gentiane et les ferrugineux sont nettement indi-
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qués. D'après Mickle, le perchlorure de fer serait, chez les paralytiques généraux, la meilleure de toutes les préparations ferrugineuses.
Enfin, les évacuants sont très souvent indiqués dans le traitement de la paralysie générale.
11 faut absolument proscrire les doses élevées de tartre stibié, autrefois recommandées par certains auteurs. Mais, quand il existe un état saburral des premières voies, un vomitif administré par la bouche peut quelquefois faire cesser l'agitation et ramener le sommeil.
Chez les sujets indociles, une injection d'apomorphine peut remplir les mêmes indications.
Quant aux purgatifs, leur utilité est manifeste. Ils servent d'abord à combattre la constipation, car, dans la paralysie générale, il est d'une haute importance de maintenir la régularité des fonctions alvines ; ils servent ensuite à entretenir une révulsion modérée du côté du tube intestinal, et à contrebalancer ainsi la tendance aux congestions qui se rencontre chez la plupart des paralytiques généraux.
Mais il ne faut point abuser des purgations, car la diarrhée, lorsqu'elle s'établit, est une des complications les plus fâcheuses de la maladie.
Traitement chirurgical. — On s'étonnera, sans doute, de voir intervenir la chirurgie dans le traitement de la paralysie générale, mais certains de nos confrères anglais ayant prétendu que la guérison de cette maladie avait été obtenue par cette opération, dans certains cas favorables, il me paraît impossible de passer sous silence les observalions qu'ils ont rapportées.
M. le docteur Glaye Shaw (1), médecin de l'hôpital
{\) Gluyu Shaw, Bvilish Médical Journal, Iti iiovoiiibre 1889.