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IMBÉCILES

Lorsqu'il existe un degré plus élevé d'intelligence, on donne le nom d'imbéciles aux sujets qui, tout en restant infiniment au-dessous de la moyenne, possèdent cependant quelques capacités. Notons d'abord la faculté du langage, qui leur permet d'exprimer leurs idées et d'entrer en relations avec leurs semblables. Notons aussi le développement de la mémoire, qui peut atteindre un degré très élevé chez certains d'entre eux. J'ai vu un imbécile, à l'asile de Blois, qui connaissait par cœur la biographie de tous les évêques et ai;chevêques de France; il suffisait de prononcer devant lui le nom d'un prélat, pour que, immédiatement, il indiquât son âge, son lieu de naissance, les diverses étapes qu'il avait successivement parcourues, enfin la date exacte de sa promotion. C'est ici que se rencontrent surtout des intelligences pourvues d'une seule faculté, dont le relief est d'autant plus grand que les autres paraissent manquer absolument. C'est ici qu'on trouve les musiciens, les mathématiciens et les linguistes qui, en dehors de leurs exercices, ne comprennent absolument rien. C'est à cette catégorie qu'appartenait sans doute ce jeune homme qui lisait Homère en grec et le traduisait fort correctement, mais qui, lorsqu'on lui demandait ce qu'il pensait du caractère d'Andromaque, répondait : a Andromaque, cela signifie un combat d'hommes. »

Parmi les imbéciles, il en est beaucoup qui sont capables d'exercer certains métiers et de remplir des fonctions qui ne comportent pas une grande portée intellectuelle. Mais, on le comprend, il existe à cet égard des degrés encore plus variés que dans l'idiotie.

Un dernier trait achèvera de peindre les imbéciles : ils sont capables de verser dans l'aliénation mentale, et la forme dont ils sont le plus souvent affectés est la lypéma-

1)15 l'idiotie. 943 nie. Ils éprouvent presque toujours alors une rapide déchéance intellectuelle, et lorsqu'ils sortent de leur délire, c'est avec un amoindrissement évident de leurs pauvres facultés.

Si les imbéciles diffèrent des idiots sous le rapport intellectuel, ils en diffèrent encore bien davantage par l'état physique. Ils sont, en général, bien conformés ; leur taille est élevée, leur vigueur considérable et leur physionomie est souvent agréable.

Chez les femmes, on rencontre quelquefois une véritable beauté ; nous avons, en ce moment, à la Clinique, deux jeunes filles imbéciles et qui peuvent passer pour très jolies. C'est ce qui explique pourquoi ces femmes trouvent assez souvent des maris qui se contentent d'un médiocre

développement d'intelligence, pourvu que le physique soit à leur gré.

Les imbéciles jouissent généralement d'une bonne santé et ne sont pas plus exposés à la mortalité que les sujets du même âge.

Passons maintenant à l'étude des lésions anatomiques qui nous donnent la clef de l'idiotie et le point de départ de ces déchéances intellectuelles que nous venons de décrire.

L'idiotie est un arrêt de développement et l'on doit s'attendre, par conséquent, à trouver dans le cerveau des idiots toute une série d'imperfections diverses. Il n'y a pas ici de type absolu, mais -on rencontre une série de lacunes, de points atrophiés, de vices de conformation, dont la gravité peut varier dans des proportions énormes. Quant au rôle qui revient ici aux accidents pathologiques proprement dits, nous en ferons l'objet d'une discussion spéciale.

Forme et volume du crci^e. — Presque toujours, le crâne

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