‹ Lecons sur les maladies mentalesChapitre 56 sur 283 · ARÉTÉE · texte numérisé non relu

ARÉTÉE

direct avec le développement de la surface du cerveau — avec la profondeur des sillons et le relief des circonvolutions.

Aussi les conséquences, au point de vue médical, d'une semblable manière de voir, ne se font pas attendre.

L'auteur alexandrin du livre sur la maladie sacrée, c'està-dire l'épilepsie, s'exprime en ces termes que contresigneraient bien volontiers la plupart des aliénistes modernes :

« Les hommes n'ont de joie, de plaisir, de gaieté, de prudence, que par le cerveau ; par lui nous viennent aussi les peines, les tristesses, les chagrins, la perte de la raison. C'est par le cerveau que nous tombons dans le délire, dans la manie, car ces divers états se produisent quand le cerveau est malade. »

Ainsi, messieurs, pour les Alexandrins, l'encéphale est incontestablement le siège de la folie aussi bien que de l'intelligence ; et rien n'est plus frappant, dans l'histoire des sciences, que de constater que ce sont les spiritualistes anciens qui les premiers ont rendu justice au cerveau. Malheureusement, ces disciples de Platon ont développé et transformé la doctrine du maître sur le délire par inspiration céleste ; et subissant peut-être à leur insu l'influence de l'Orient, ils ont admis l'intervention des démons dans les maladies de l'esprit. Pour les anciens, cette expression ne comportait point le caractère sinistre que plus tard les premiers chrétiens et les Pères de l'Église y ont attaché. Nous verrons bientôt quels ont été les fruits de celte erreur déplorable.

Mais, dira-t-on, la science antique est-elle comprise tout entière dans de vaines spéculations, et la clinique et la pratique n'y ont-elles aucune part?

A cette question, le nom seul d'Arétée serait une réponse.

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