‹ Lecons sur les maladies mentalesChapitre 93 sur 283 · SEPTIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

SEPTIÈME LEÇON

Sommaire. — La folio est-elle accompagnée par des lésions an^tomiques î

— Objections adressées ïi cette rpî^nifire de yçiïr. ^ Jilttit q.cli)fil nos connaissances. — Les altérations grossières de l'encéphale ne produisent guère la folie. — Il faut chercher des lésions plus délicates. — Polie aiguë, -n Le cepyefiu paraît sfiin dans t)ejmpqv!P de cas, r-i Légions pqsitivesj hyperéraie^ anén^ie, épanchements séreux, ramollissements, hémorragies. — Polie chronique : elle offre des lésions plus caractérisées, — Atrophie apparente de l'encéphale, — Altérations vascu-r jairgs, —. Observatipns. Athérorne artériel. — Lésions diverges cje^ vaisseaux capillaires. — Hypertrophie, atrophie. — Sclérose cérébrale. ^ Cellules idiotes. — Œdème cérébral, -r Altérations de la pie-mève, de l'arachnoïde et de la dure-i^ère, — Vicgs de conformation du pr4pe.

— Résultats de l'analyse chimique. — Discussion des objections précédemment énumérées. — Conclusions.

Messieurs,

Lorsque, dans mes leçons précédentes, ja vous traçais le tableau de l'état physique des aliénés, j'avais surtout pour but de vous prouver que, semblable aux autres maladies, l'aliénation mentale repose, elle aussi, sur une base fraH' chement et nettement matérielle ; et que, loin de constituer un trouble purement psychologique, elle est l'expression directe d'une profonde altération des fonctions de l'orga^ nisme.

Il nous faut maintenant aller jusqu'au bout ; il faut résolument nous placer en face du grand problème et nous poser la question qui domine tout l'avenir de la psychiatrie.

La folie est-elle accompagnée, je ne dirai point caractérisée, par des lésions anatomiques ? Est-il permis d'entre-

.\oir, dans un avenir plus ou moins éloigné, l'époque où l'on pourra rattacher les oscillations morbides de la pensée à certaines modifications spéciales des centres nerveux? Ou bien, renonçant pour toujours à cet espoir, faut-il nous résigner à considérer la folie comme une simple névrose et éliminer du cadre des maladies mentales toutes les affections dans lesquelles le délire semble reconnaître comme point de dépert une cause purement matérielle?

A cette question, nos grands prédécesseurs de l'école française avaient répondu catégoriquement par la négative. Il y a quarante ans, en effet, on admettait presque invariablement, en France et à l'étranger, que la folie proprement dite était une maladie sans lésions, et que les altérations parfois rencontrées dans le cerveau des aliénés, lorsqu'elles se rattachaient à une maladie mentale, en étaient non la cause, mais la conséquence. Le retentissement de ces opinions se faisait naturellement sentir chez les hommes étrangers à l'étude des sciences médicales, et nous voyons, en 1838, lors de la célèbre discussion de la loi sur les aliénés, un pair de France, le vicomte du Bouchage, déclarer que les progrès de la folie sont un effet du scepticisme moderne et de l'affaiblissement des croyances religieuses. Heinrolh lui-même, le grand orthodoxe, n'aurait pas mieux dit.

Une tendance tout opposée prédomine aujourd'hui, et l'on met un tel empressement à découvrir des lésions, que parfois on en crée pour les besoins de la cause.

On pourrait, sous ce rapport, diviser' en trois grandes classes les observateurs les plus éminents qui se sont occupés de pathologie mentale.

Nous rangerons dans la première ceux qui ne désirent point trouver de lésions et qui sont presque gênés quand ils en trouvent.

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Dans la seconde, nous placerons la plupart des modernes, qui désirent vivement trouver des lésions et sont gênés quand ils n'en rencontrent pas.

Dans la troisième enfin, il faut ranger ceux qui, sans tenir compte de leurs prédilections, se laissent guider parles faits.

Or, les faits; il faut bien le dire, semblent ici donner raison à tout le monde, aussi bien à ceux qui affirment qu'à ceux qui nient l'existence de lésions matérielles dans la folie. Sans doute, il faut bien tenir compte de l'imperfection des méthodes et de l'insuffisance de nos moyens d'examen. Mais ce qui est encore plus important que les faits euxmêmes, c'est la manière de les interpréter, qui diffère absolument selon l'école à laquelle appartiennent les observateurs.

Entrons donc dans cette discussion et voyons quels sont les principaux arguments invoqués par ceux qui veulent conserver à la folie le caractère d'une névrose pure. On peut les réduire à quatre objections fondamentales :

I. Les lésions anatomiques observées chez certains aliénés se rencontrent aussi, nous dit-on, chez les gens sains d'esprit.

II. Tous les auteurs ont rapporté des cas de folie confirmée où point de lésions n'ont été rencontrées à l'autopsie (1).

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