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sion, à la Société médico-psychologique, cette société qui, sous des apparences modestes, a rendu de si grands services, et qui compte parmi ses membres quelques-uns des esprits les plus distingués de notre époque.
Qu'on adopte ou non la doctrine de l'unité, il est certain que si, dès le début, l'on n'avait pas affirmé ce principe, jamais on n'aurait fait pénétrer dans les esprits la notion de l'existence d'une affection nouvelle. Pour créer, dans l'ordre scientifique, il faut tout d'abord des afflrmations hardies, reposant sur des idées simples, nettes et faciles à comprendre. Le rôle de la critique vient plus tard, quand les assises de l'édifice sont fermement établies.
Ainsi, dans cette première période de l'histoire de la paralysie générale, deux noms se détachent: Bayle et Galmeil. Quelles que soient les imperfections de leur œuvre, on doit reconnaître qu'ils ont donné une description exacte des symptômes de la maladie et de ses lésions principales. Ils ont surtout insisté sur l'importance capitale des adhérences qui s'établissent entre la pie-mère et les couches périphériques de l'encéphale, et sur la fréquence plus grande de ces adhérences au niveau des régions fronto-pariétales ; mais ils leur ont attribué une valeur exagérée, car ces adhérences peuvent également se rencontrer dans d'autres maladies, et en particulier dans le délire aigu (1).
De nombreuses recherches dans le sens clinique et anatomo-pathologique se succèdent à partir de cette époque.
En 1829, Foville, puis Parchappe étudient les altérations de la paralysie générale, qui devient avec eux une espèce de folie particulière, la folie paralytique.
Un peu plus tard, Requin, dans un travail important,
(i) Notons ici, en passant, que d'après Herbert Major ces adhérences se rencontrent à l'état normal chez plusieurs espèces de singes.
montre qu'il existe deux sortes de paralysie générale , l'une avec aliénation mentale, et l'autre sans aliénation. Cette dernière variété, tour à tour étudiée et décrite par Sandras, Baillarger, Lunier, Linas, est aujourd'hui connue sous les noms de démence paralytique ou paralysie générale sans aliénation. Il est certain, en effet, qu'au point de vue clinique elle diffère de la paralysie générale habituelle, de celle qui s'accompagne de délire, bien qu'il soit inexact de la considérer comme une paralysie sans aliénation.
Parmi les travaux plus récents, nous devons signaler la thèse de l'un des plus éminents aliénistes de notre époque, M. J. Falret, qui a appliqué son tact clinique à cette étude et a montré d'une manière évidente l'importance qu'il peut y avoir à distinguer la folie paralytique, véritable entité morbide, d'autres maladies qui affectent avec elle certaine ressemblance et qui a signalé les difficultés du problème. Rappelons enfin la thèse d'agrégation si justement célèbre de M. le professeur Lasègue sur les formes de la paralysie générale.
Cette seconde période de l'évolution scientifique de la question est surtout remplie parles travaux de M. Baillarger, qui s'est attaché avec une admirable persévérance à en poursuivre l'étude. C'est à lui qu'on doit la connaissance des troubles oculo-pupillaires, qui ont servi de base à la théorie d'après laquelle la paralysie générale serait le résultat d'une altération du grand sympathique. C'est également à lui qu'on doit la connaissance de ce délire hypochondriaque, pour ainsi dire spécial, qui accompagne et précède parfois la paralysie générale; do la folie congestive, ce groupe d'états maniaques particuliers, dont les caractères se rapprochent tellement de la paralysie générale, qu'il est des cas oîi ils se confondent avec elle ; de ces rémissions si
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proches de la guérison, qui se montrent chez un certain nombre de paralytiques. Ce n'est pas enfin son moindre titre de gloire que d'avoir mis au rang des lésions de la maladie la sclérose des parties blanches, alors que tous les observateurs ne pensaient qu'aux lésions des couches corticales du cerveau.
Il est une troisième période de l'histoire de la paralysie générale qu'on pourrait appeler \a période contemporaine : elle est surtout caractérisée par l'intervention du microscope. Sans doute M. Calmeil, dans ses premiers travaux, avait étudié très attentivement, au point de vue de l'histologie, les lésions anatomiques de la paralysie générale, mais les micrographes d'aujourd'hui ne peuvent attacher qu'un médiocre intérêt aux travaux qui se faisaient il y a cinquante ans. D'ailleurs, l'importance attribuée à ces recherches ne date guère que d'une trentaine d'années, et, malgré les résultats fournis par ce mode d'investigation, la question de l'anatomie pathologique de la paralysie générale est encore loin d'être résolue.
Si nous jetons un regard sur l'ensemble des faits publiés, nous voyons que toutes les régions du cerveau ont été tour à tour investies du rôle principal : les méninges, les couches corticales du cerveau, les parties blanches, la moelle épinière, les ventricules, la névroglie, les filets nerveux, les vaisseaux, et tour à tour chacune de ces parties a été remplacée par d'autres qui n'ont pas régné beaucoup plus longtemps. Mais, s'il n'est pas une partie du cerveau qui n'ait été considérée comme le siège d'altérations constantes, on peut aussi dire qu'il n'y a pas un seul type de lésion qui n'ait été décrit et donné comme des plus iraportants. Je n'en finirais pas, si je voulais vous énumérer les nombreuses lésions indiquées par les raicrographes.
Jetons un coup d'oeil rapide sur les principales théories admises au sujet de la nature de la paralysie générale des aliénés; c'est un complément indispensable à la courte étude historique que nous venons d'entreprendre, d'autant plus que nous verrons se dessiner, dans les principales doctrines dont nous allons dérouler la série, le reflet des préoccupations du jour. En effet, les idées dominantes à chaque époque ont laissé leur empreinte visible sur chaque étape de la question,
A l'époque oii furent jetés les premiers fondements de nos connaissances en matière de paralysie générale, les doctrines de Broussais exerçaient sur les idées du jour une influence despotique. L'inflammation régnait en maîtresse absolue, et l'on ne songeait guère à contester l'origine inflammatoire de la maladie nouvellement décrite. Méningite pour les uns, méningo-encéphalite pour les autres, elle représentait toujours une inflammation chronique localisée surtout à la surface de l'encéphale, et caractérisée essentiellement par les adhérences de la pie-mère à la substance corticale.
Mais bientôt, sous l'influence de doctrines opposées, l'inflammation commença à perdre du terrain. On fit observer que dans cette encéphalite d'une nature spéciale, on ne trouvait jamais de pus : quant aux corpuscules de Gliige, dont la présence suffisait à M. Galmeil pour affirmer la nature phlegraasique de la maladie, leur signification est aujourd'hui profondément modifiée, et on ne les regarde plus comme l'un des éléments caractéristiques des processus inflammatoires.
A partir de ce moment, un double travail s'opère. D'une part, l'importance de la congestion devient plus évidente et l'attention des observateurs est appelée plus